TRADITION
Dans la question du dogme, M. Portalié adopte une attitude intellectualiste, au sens le plus rigoureux du mot; pour lui, un dogme est bien Ténoncé d'un théorème, une prpposition théorique et spéculative se rapportant avant tout à la connaissance considérée conime fonction séparée de la vie; et il insiste si bien là-dessus que je pourrais le citer en exemple à ceux qui m'ont accusé de combattre sous le nom d'intellectualisme un fantôme purement imaginaire. La grande * raison qu'il avance est qu'une telle manière de voir* appartiendrait à îa tradition chrétienne la plus authentique et la plus universelle. Il croit même à cet égard révidence des faits si éclatante qu'aucun doute sincère ne serait possible, et il me range sur ce point à son opinion. Sur quoi je suis obligé de l'avertir qu'il se trompe et qu'il a mal interprété mes déclarations. Du reste il n'est pas le seul (}) à m'avoir reproché de soutenir une doctrine toute nouvelle, inconnue jusqu'à ce jour, sans racines dans le passé chrétien, en oppo-
1. Mgr Turinaz, après le P. Fontaine, va même jusqu'à parler de mon « complet mépris » pour « tous les Pères, tous les Docteurs, tout l'enseigrueraent de rÉglise.»
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Si la tradition vérit< l'intellectualisme, je r tranchée d'avance : à v pas. Mais il n'en va poi est fréquente aujourd'ti celle également de tr je ne crois pas qu'on traditionnelle. J'y vois reuse, une infiltration, de la science est deven du jour où le concord commencé le petit jeu couvrir successivement Genèse les différents alla successivement h répandue surtout sous cernes contre les ratio ftiter au lieu de dêpass à se placer sur le ter battu, à partir des mêr des mêmes conception; déviation serait intéref prendre ici; mais, san plète, je voudrais rap textes qui marquent le
Assurément le Chri révélée de Dieu et rem de l'Église. Nul cathol Mais je répète cepend que le Christianisme et une règle de vie, i religisuse, bref un ens obtenir le salut ('), i
1. Ne pas traduire ma l'a fait (et. Franon, But 1905. p. 166), mais je i déformation de ma penst
spéculative (^) A ceux qui me contredisent, je demande s'ils soutiennent catégoriquement des propositions comme celles-ci : la religion chrétienne est moinà une participation vécue à de mystérieuses réalités qu'une adhésion intellectuelle à un système de propositions spéculatives ; ou bien : le Christianisme est d'abord une science, non une vie, d'abord une théorie, une spéculation philosophique, non une sagesse pratique informant l'action et menant au salut.J'estime qu'ils y auraient quelque peine. En tout cas n'est-ce point la tradition qui leur fournirait des arguments. Sans doute la question qui nous occupe n'était pas posée autrefois d'une façon aussi nette, explicite et distincte qu'elle peut l'être aujourd'hui. Sans doute encore on peut découvrir, dans le passé, des germes de ce qui est devenu l'intellectualisme contemporain. Je ne songe point à contester par exemple, bien qu'on l'ait exagérée parfois, la tendance intellectualiste de S. Thomas. Cependant l'intellectualisme n'est pas la tradition tout entière, loin de là.
Commençons par l'Ancien Testament. Son caractère essentiellement moral et religieux, y on spéculatif et théorique, saute aux yeux à la moindre lecture. Il ne ressemble g^uère à une Somme de thèses théologiques abstraites, à un recueil de propositions dialectiqucment ordonnées. C'est moins une construction logique réfléchie qu'im poème débordant de lyrisme, et l'on y trouve plus de métaphores que de théorèmes. En un mot, les écrits bibliques, spécialement les livres des prophètes, n'ont visiblement rien d'une œuvre intellectualiste. Ils ne renferment ni argumentations méthodiques, ni analyses conceptuelles, ni théories explicatives. Ils s'adressent à l'honmie concret, à l'homme agent moral et personne vivante, non pas à l'intelligence conçue comme faculté séparée. « L'Ancien Testament, observe Newman (^J,
1. Il y a une philosophie du Christianisme; mais c'est une philosophie à faire, non une philosophie que la révélation nous fournirait toute faite; et à cette philosophie n'est pas due une adhésion de foi proprement dite. ,