La Vérité jtVaftçaite. n* du 20 décembre
PRÉFACE yfÛ
P&ur mohrelisant ce qui fut écrit et me sentant prêt ^ Vécripe encore, je déclare avec M, Fansegrive C) ^ ^Atmns-nous eu tort de dire cela tout haut et, eathO' Hques, d'avoir eu assez de confiance dans natte foi, dans ha puissance de la vérité^ pour avoir osé parler franc, parier net, même parler fort ? Aurions-nous montré plus de respect pour nos croyances enpar^ tant timidement et tout bas comme on parle au chevet des moribonds ?* Ilfçtudra bien qu'on en prenne soh parti. Nous ne sommes ni des protestants dissimulés ni des rationalistes honteux. Nous ne cherchons que la plus grande foi toujours, sans concessions ni marchandages. Nous ne vouloffs être à aucun degré des rebelles ou même des excentriques. Mais nous croyons assez fer^nement pour ne pas craindre de regarder les faits en face et de dire clairement ce quHls nousmontrent ; et nous attachons é^ià parole divine assez de prix pour vouloir la penser avec toutes les puissances de notre âme, assurés d^ avance que nous y trouverons sans autres limites que nos propres limites la vie et la lumière. Nous nous sentons d^ ailleurs assez protégés pa-r te magistère vivant de V Église pour garder la paix intérieure la plus complète à travers nospius hardies enquêtas. N^us sommes enfin assez sûrs de notre obéissance à, V autorité légitime pour ne pas redouter de courir les risques méritoires quHl y a toujours à vivre. Mais V^éissance que nous entendons donner n^ est pas une simple obéissance de formules et de gestes; c^est une obéissance profonde, qui nous prenne totU entiers, cœur, volonté, intelligence; en
\. Quvnaaine du l**" janTier 1906, p. 30.
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PKtFACE
un mot^une obéissance d^ hommes raisonnables et d' hommes iibresj non d* esclaves ou de muets.
Cependant, aussitôt paru Varticle Qu'est-ce qm'ua dogiBe? une vaste controverse commença, qui se poursuivit de plus en plus violente pendatU une longue année C). Non seulement les revues sVft niêhèrent comme ç^était leur rôle naturel, mais les journaux quotidiens. Car, après m'avoir reproché d'ouvrir une discussion sur un tel sujet devant un public instruit, mais non spécialiste^ on n^eut rien *de plus pressé que d^en mettre les débats sous les yeux d'une foule qui n'avait plus cette fois tti compétence ni culture. L'organisation du scandale fut parfaite, et V affaire copieusement exploitée par ceux qui se font de P orthodoxie un monopole ou une enseignée^ que Von retrouve toujours les mêmes aux trousses de quiconque se permet de penser.
Aux polémiques ainsi conduites je ne répù9%drai pas. Leurs auteurs^ en dépit des prétentions qu'ils affichent, ne représentent rien dans l'Église ; ei comme diantre part ils ne discutent pas^ mais coudamnent et anathématiseni, quHls remplacent le raisonnement par l'injure, la calomnie ou la dénonciation, ils ne représentent rien non plus au point de vue intellectueL Ce qui nous sépare éPeux, beau* coup plus qu^une question de critique, c'est urne question de moralité.
Heureusement d'autres ikterlocuteurs ont fait entendre leur voix: des interlocuteurs loyaux, désinr téressés, esprits larges et cœurs droits, faisant effort pour comprendre ei necherchant que le royaume de