‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 44 sur 113 · Au sens pascalien du m · texte numérisé non relu

Au sens pascalien du m

QU'EST-CE qu'un DOGME? 143

ppser ainsi serait encore le soumettre à des conditions Qui, à un certain point de vue, le placeraient sur le même plan, l'inséreraient dans le même ordre que les êtres créés. Or Dieu ne peut pas même être conçu comme rentrant dans l'ordre logriQue, comme appartenant au plan du possible. Il est au-dessus de tout genre, au-dessus de toute catégorie, essentiellement et radicalement incommensurable avec toute créature ; pas de dénominateur commun, pas de concept qui sous son accolade réunisse Dieu à ce qui n'est pas lui. On aime à dresser des listes ascendantes telles que celle-ci: vie de la plante, vie de l'animal, vie de Thomm^, vie de l'ange, vie de Dieu; et Ton étiquette Tensemblc avec un seul mot, le mot vie, entendu comme désignant une sorte de fond commun. Eh bieni il faut savoir qu'une pareille liste implique entre ses deux derniers termes un hiatus infini et qu'elle est donc de ce chef irréparablement incohérente (^) : il n'y a aucune partie commune aux définitions des différents termes et à la définition du terme final, et cela parce que celle-ci n'existe pas, parce que Di^ — en sa qualité de premier principe ineffable, antérieur et*supérieur à toutes les déterminations discursives — est absolument indéfinis sable,^

Par une autre voie, nous allons parvenir eji.^v..^: à la même conclusion. On dit souvent : « Si nos concepts ne conviennent pas à Dieu, c'est qu'ils expriment des perfections limitées; nions-en les limites: la perfection signifiée subsiste seule et ainsi convient à Dieu. » Eh bien ! c'est là encore une erreur, ou plutôt une illusion. D'abord il faut remarquer que, dans nos concepts, les limites sont essentielles : car ce sont elles qui permettent de définir, si bien qu'à les supprimer de la manière qui vient d'être dite on tombe fatalement dans je ne sais quel vague indéterminable qui équivaut à l'agnosticisme (^). Je voudrais bien voir quelqu'un me donner

1. Cf. PSEUDO-DENYS, Coelest Hier., cap II, (cité par S.. Thomas, Summ. Th., P. i, Q. XIV, art. 12): Negaliones de Deo 8uni verae^ affirmationes attiem incompacfa"

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