‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 53 sur 113 · De même pour le passage similaire de Marc, x · texte numérisé non relu

De même pour le passage similaire de Marc, x

3. Je n'ai pas ici à entreprendre cette analyse en détail. Je n^e borne à une indication et je renvoie pour le reste aux ouvrages spéciaux.

^i qu'il formulera jamais un tel jugement. Ne lui deman-

^: dons pas à la fois de s'en tenir aux seules lumières

^- de l'histoire et néanmoins de partir de principes ou

iv d.*arriver à des conclusions qui dépassent Thistoire.

}T En résumé, les prophéties évangéliques de la résur-

ti. rection ne paraissent pas historiquement vérifiables

U:- comme telles. En tout cas ne peuvent-elles être saisies

et discernées qu'à la lumière de leur accomplissement : TÉvangrile même en fait foi (')• H «st donc illusoire de chercher en elles à un degré quelconque l'attestation historique d'une réalité dont la certitude est requise au contraire pour qu'on les entende. Au surplus, en toute hypothèse, l'argument tiré des prophéties ne peut fonc- * tionner qu'après constatation directe de l'accomplis-

[. sèment. Nous sommes ainsi ramenés à notre point de

li départ.

Notre question était: la résurrection du Christ se présente-t-elle comme im fait d'ordre proprement historique? et peut-elle être démontrée rigoureusement r. ^n cette qualité?

Nous venons de reconnaître déjà qu'en l'espèce toute

f^ ^ considération tirée des prophéties doit être écartée

' de l'histoire (^). Il s'agit maintenant de chercher si les

> narrations évangéliques nous font saisir l'événenient

avec la même certitude positive que d'autre part nous

saisissons « l'existence d'Alexandre et de César », ainsi

qu'on se plaît souvent à dire.

Mais alors reparaît la difficulté initiale. Nous n'avons r pas affaire ici à une réalité de l'ordre phénoménal.

:?: L'analogie qu'on invoque ne tient gfuère devant une

? réflexion tant soit peu attentive. Rappelons-nous en effet

1. Les récits de la résurrection sont très nets à cet égard. t- ^ 2. Je ne veux pas dire que les textes actuels relatifs aux

:t prophéà s de la résurrection n'aient aucune racine historique:

mais cette racine est aujourd'hui indéterminable.

qu'est-ce qu'un dogme? 179

les exigences de la foi, La résurrection de Jésus est un article du Credo; c'est im dogme que nous devons croire sur la parole de Dieu qui Ta révélé, et non pas à cause de son évidence historique; c'est un mystère au sens complet du mot; c'est un fait transcendant inséparable de l'attestation du grand témoin qu'on nomme Église. Une telle donnée surpasse la raison et ne peut être saisie que par la foi. Rien d'étonnant à cela si la résurrection appartient à Tordre surnaturel et si elle a une telle importance dans cet ordre que S. Augustin a pu dire (IN Ps. 101, s. 2, n. 5) : « Bemrrectionem aufer, illico christianismum evertes » et S. Paul (I Cor., xv, 13) : « Si Christus non resurrexit, inanis est ergû praedicatio nostra, inanis est fides vestra. y> Mais comment l'histoire serait-elle une base suffisante pour supporter un tel principe?

Le savant seul peut saisir, percevoir et vérifier les faits scientifiques en tant que scientifiques, c'est-à-dire en tant que significatifs. De même il faut se poser intérieurement le problème religieux comme un problème vital et il faut vivre par l'action effective la recherche de la vérité religieuse pour que les faits religieux puissent être saisis, perçus et vérifiés en tant que réels et authentiques. De même enfin les objets de la foi échappent aux enquêtes purement rationnelles comme aux constatations purement positives. Jésus luimême semble insinuer (Luc, xvi, 31) que la révélation ne comporte pas de preuves plus efficaces que le mouvement même par lequel elle soulève graduellement l'humanité : « Si Moysen et Frophetas non audiunt, neque si quis ex mortuis resurrexerit credent (^). »

D'aillemrs, que le fait de la résurrection ne puisse

1. Le discours adressé aux disciples d'Emmaiis contient le même enseignement. Là aussi Jésus, comme en toute circonstance d'ailleurs, « ouvre les Écritures » et à titre de preuve nécessaire invoque la tradition, c'est-à-dire l'expérience religieuse durable, continue, progressive. Jamais il ne donne pour suffisante ime simple constatation sensible. Une fois même (JOAN., XX, 29), il dit: « Quia vidisti me, Thoma, credidisti: heati qui n<fn viderunt et crediderunt, » — Certains apologistes

pas être saisi en dehors de toute foi, qu'il ne comporte point de preuve péremptoire proprement historique, en un mot qu'il soit révélé plutôt que constaté, ce n'esf pas une opinion si nouvelle qu'il semble à quelques-uns. Ceux qui la jugent subversive et scandaleuse reliraient avec avantage la Question LV dans la troisième partie de la Somme. S. Thomas, cherchant à expliquer comment la foi à la résurrection peut être méritoire, y déclare ceci (art. 5, ad 2°*): « lUa sola ratio meritum excluait qu^e facit videri per scientiam id quod credendum proponitur : et taîis est ratio démons trativa. Hujusmodi autem rationem Christu^ non induxit ad resurrectionem suam declarandam. » Au même endroit, un peu plus haut, dans le corps de l'article, il avait insisté davantage: « Christus non probavit disdpulis stuim resur- ^ rectionem per argumenta, quia talis prohatio argumenta-

[ tiva processisset ex aliquibus principiis, quae si non

; essent nota discipulis, nihiî per ea eîs manifestaretur,

quia ex ignotis non potest aiiquid fieri notum ; si autem t eis essent nota, non transcendèrent rationem humanam, et

ita non essent efficacia ad fidem resurrectionis adstruen-

dam, quae rationem humanam excedit Probavit autem

eis resurrectionem su^m per auctoritatem sacrae Scriptu- ^ raCj quae est fidei fundamentum, cum dixit: Oportet

l IMPLERI OMNIA QUAÊ SCRIPTA SUNT IN LEGE, ET

^. PSALMis, ET PROPHETIS, DE me(i). > Enfin, tout à fait

V explicitement, le Docteur angélique nous dit (art. 4, in

I corp.): «Besurrectio Christi manifestandafuithominîbus

r per modum quo eis divina revélantur, Innotescunt autem

I divina hominibus diversimode, secundum quod diversimode

sunt affecti. Nam illi qui hâtent mentem bene dispositam, secundum veritatem divina percipiunt ; iUi autem qui non I habent mentem bene dispositam, divina percipiunt cum

^ ^uadam confusione dubietatis vel erroris : animalis enim

d'aujourd'hui semblent au contraire vouloir vérifier le fait de la résurrection par les mêmes procédés que si ce n'é:ait pas un fait religieux surnaturel.

1. S. Thomas parle aussi de signes sensibles « capables de prouver avec évidence »: nous y reviendrons plus loin.

Qa*EST-CE QU'Uir D06HB ? 181

HOMO NON PERCli>IT EA QUAE SUNT SpIRITUS DEI, Ut

dieitur I ad Corinth. //, 14. Et ideo Chrisius qutbuadam ad eredendum dispositis post resurreetionem apparuit in *Wô effigie ; illis autem in alia effigie apparuit, qui jam videbantur circa fidem tepeacere; unde dicébant, Lticae

Ult.y 21: Nos AUTEM SPERABAMUS QUIA IPSE ESSET

REDEMPTURUS ISRAËL. Unde CrregoTtiM dieit in homil.23 in Evang.j ante med,, quod TALEM SE exhibuit eis

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