Cf. 8umm. Th., P. III
ad 1". — S. Thomas accorde L . angëliques et scripturairea, ( mentomm non luffîcerenl ac resurrectionem, tamen omnie returreotionem trtanifeilanl.
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QU'EST-CE qu'un *DOGME? 2Jl
«n thèse formelle un simple « rapport », comme aussi <de ne pas le confondre avec une « somme » qui prétendrait épuiser son objet.
Je vais résumer d'abord en quelques traits sommaires l'argumentation de ceux qui contestent l'historicité des récits relatifs à la découverte du tombeau ^ide. N'oublions pas à ce propos que la disparition -du cadavre ne paraît être, je le répète encore une iois, ni une preuve décisive ni un élément essentiel par rapport au fait de la résurrection. Cela peut contribuer ^ nous faire l'esprit libre, exempt de toute préoccupation -et de toute inquiétude étrangères à l'histoire.
Il faut noter en premier lieu l'invraisemblance qu'il y aurait à admettre que Pilate et les chefs religieux -du peuple juif ont pu se désintéresser si facilement •du corps d'un supplicié. Le Deutéronome (XXI, 23) réglait la procédure à suivre; le sanhédrin avait dû ■s'en préoccuper, surtout à la veille d'un sabbat; et il -est peu croyable que des adversaires si furieux aient accepté pour le cadavre de Jésus une sépulture honorable au lieu du sort légal commun. On peut même se -demander si la démarche de Joseph d'Arimathée correspond bien au régime qui existait à Jérusalem avant la révolte, alors que la législation mosaïque fonctionnait sous le simple protectorat de Rome.
Quoi qu'il en soit, venons-en aux textes précis. J'ai déjà cité S. Paul et les Actes (pp. 181-182). Le témoignage de •celui-là \a une valeur historique de premier ordre parce que les Épîtres sont les plus anciens documents que nous puissions invoquer et parce que d'autre part elles n'accusent pas le même travail rédactionnel que les Évangiles. Quant aux Actes, leur silence peut être jugé significatif: on n'y voit point que la question du tombeau vide ait été primitivement soulevée, rien n'y montre les autorités juives s'efforçant de répandre le bruit mensonger dont la finale de Matthieu contient l'écho.
Pour ce qui est des Évangriles eux-mêmes, les récits concernant le tombeau vide présentent de telles diver-
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gences que rhistorien ne sait trop quel fond faire sur eux. Le merveilleux qui s'y mêle ne saurait au premier abord lui inspirer confiance et l'inclinerait plutôt à. soupçonner un embellissement légendaire. Sans compter que bien des indices lui suggèrent l'idée d'une fuite éperdue des apôtres jusqu'en Galilée, ce qui couperait court à toute possibilité de constatations touchant la: disparition du corps.
Mais ceci demande que nous entrions davantage dans les problèmes de critique textuelle et que nous rappelions sur ce point les principaux résultats obtenus.
Je n'insisterai pas sur le quatrième évangile. Prisdans son ensemble et à quelques menus détails près, si l'on en retire comme il convient deux interpolations, notoires (l'anecdote de la femme adultère et la notice concernant la descente de l'ange dans la piscine de Béthesda), ainsi que le chapitre final (XXI) qui n'est qu'un appendice rédactionnel, im supplément ajoutéaprès coup, le texte qui nous est parvenu sous le nom de S. Jean possède une parfaite unité littéraire et ne paraît aucunement dû à des procédés de composition, semblables à ceux qui ont produit les Synoptiques. Mais en revanche on sait que la critique est portée à y voir un chef-d'œuvre de théologie mystique plutôt qu'une narration de pure histoire (^). Il est certain que l'allégorisme y est très sensible, et les Pères l'avaient bien vu. D'ailleurs il ne faut pas s'étonner de cela, ni. en juger d'après nos propres habitudes d'esprit; l'emplor de récits d'allure historique à titre de symboles pour communiquer un enseignement doctrinal était chose familière à l'époque et dans les milieux où naquit « l'évangile spirituel »; du reste nous en avons d'autres exemples jusque parmi les livres c'anoniques, sanscompter nombre d'apocryphes et d'ouvrages divers plus ou moins bizarres qui ont été reçus tout d'abord, au moins dans certaines- églises, comme des écrits inspirés ;
1. Cf. LoiSY, Le quatrième évangile. — On trouvera uoi résumé de la thèse par l'auteur lui-même dans Autour d'un^ petit livre, pp. 85-103.
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les Synoptiques en montrent eux-mêmes des traces déjà notables, et la littérature gnostique nous présente Texcès hétérodoxe de la même tendance. Ainsi l'Évangile selon S. Jean n'est pas une exception isolée dans 5on genre. Seulement son caractère, joint à ses difficultés intrinsèques et à ses divergences d'avec les Synoptiques ou S. Paul, ne permet pas à l'historien de se baser sur lui pour définir historiquement la résurrection.
J'insisterai moins encore sur le premier évajigile, en ayant déjà parlé sommairement (p. 189, n. 1). A propos des apparitions, l'auteur ne s'exprime pas comme un témoin oculaire; il semble même n'avoir que des renseignements généraux et assez vagues; sa mise en scène paraît moins la relation d'un fait particulier qu'un écho synthétique et global de la tradition tout entière. 'Nous avons déjà vu que l'histoire des gardes et du sceau a tous les caractères d'un développement apologétique. Les versets (XXVIII, 9, 10) qui racontent la rencontre de Jésus et des femmes ne seraient-ils pas interpolés? Le verset 11 fait une suite naturelle au verset 8, tandis que les versets intercalés contredisent d'une part, quant aux femmes, la prédiction de l'ange et d'autre part en constituent, quant aux apôtres, une répétition inutile. Tout cela marque suffisamment que la finale de Matthieu n'est pas im texte primitif, un témoignage direct. Elle a dû subir des remaniements. On ne peut guère l'utiliser en histoire qu'à titre d'indication générale. Et ce qu'elle nous suggère alors, c'est la Galilée comme théâtre des faits d'où naquit la foi à la résurrection.
Luc oppose, lui, très nettement une tradition hiérosolymitaine à la tradition galiléenne représentée par Marc et Matthieu. Ces deux traditions sont incompatibles. En effet les récits du troisième Évangile complétés par ceux des Actes qui leur font suite (Luc, xxiv, 12, 33, 49, 51, 52; ACT., i, 4, 12, 14) ne laissent place à aucune possibilité de voyage en Galilée : les Apôtres ne quittent pas Jérusalem. Il faut donc choisir entre les
deux traditions. Or celle de Luc ne paraît pas la mieux, garantie. En effet, au moins quant aux manifestationsdu Christ ressuscité, le troisième Évangile est parmi les Synoptiques le plus avancé dans la voie qui mène au symbolisme johannique. Les deux apparitions qu'il rapporte accusent une élaboration déjà notable de lafoi : ne parlent-elles pas longuement des Écritures, ainsi que de TEucharistie ? Il faut ajouter que le texte, lui-même porte la trace d'un travail rédactionnel assez: complexe. La tenue littéraire du récit révèle un art qui ne saurait aller sans arrangement. Cela est composé. Il y a même des marques d'artifice. Les deux Angesrappellent explicitement les paroles de Jésus; les femmes s'en souviennent alors et les redisent aux. Apôtres ; comment cela ne réveille-t-il point la mémoire de ceux-ci (xxiv, 4-11)? D'autre part le verset 34, où est mentionné une apparition non décrite à. Pierre, ne serait-il pas une interpolation? La suite est parfaitement naturelle du verset 33 au verset 35^ tandis que le verset 34 rend inexplicable l'attitude des Apôtres pendant l'apparition suivante (^), Il semble que, par ce verset 34 comme peut-être aussi par le verset 12 (importé de Jean, comme on sait), on ait voulu faire droit à la tradition très ancienne (I COR., XV, 5) (2) qui attribuait à Pierre la première apparition, mais sans la raconter parce que c'était une apparition galiléenne QOAN,, XXI) qui ne pouvait trouver place dans le cadre de notre évangile. Ces diverses raisons- — et d'autres analogues, sur lesquelles je ne puis insister, — nous détournent encore une fois de nous adresser principalement à Luc pour établir l'histoire de la résurrection.
Nous voici donc en face de Marc. C'est sur lui que nous devons nous appuyer de préférence. Aussi bien, si — comme on ne peut guère en douter — il est source par rapport aux deux autres Synoptiques, il n'y