‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 65 sur 113 · Id · texte numérisé non relu

Id

leur pression, la foi antérieure se détermina. Peu à peu il apparut qu'une telle détermination, nouvelle en un sens, était cependant exigée par la foi déjà acquise, contenue virtuellement en elle. C'était la réaction par laquelle elle répondait au choc du dehors, dans laquelle elle s'affirmait contre ce choc. Puis, pour se vérifier, la détermination naissante alla chercher ses racines traditionnelles dans l'Écriture, elle se mit en rapport de continuité et de solidarité avec ce qui la précédait. En même temps, elle s'appuyait sur une expérience actuelle, présente: les apparitions. Expérience qu'elle instituait elle-même dans la pénombre de la subconscience, mais par où elle entrait en relation véritable avec une mystérieuse réalité vivante, qui lui répondait à son tour et même, allant en quelque manière secrètement au devant d'elle, orientait sa recherche. Nous avons là, dans l'ordre religieux, exactement l'homologue de ce qu'est, dans l'ordre scientifique, la genèse d'un fait 0). C'est, à la lettre, un acte de foi. Produit de la foi antérieure, il réagit sur cette foi, la consolide, la féconde, la développe. Et quelque chose lui répond à l'extérieur, dans l'absolu de la réalité, dans le mystère de l'être en soi, quelque chose que l'histoire seule ne saurait définir.

Telle apparaît aux yeux de l'historien l'œuvre accomplie par la genèse de la foi à la résurrection. Œuvre capitale entre toutes les similaires, car c'était vraiment la fondation même du Christianisme (^), elle est par rapport à lui moins une preuve qu'un signe (% moins une authentification extrinsèque et un étai extérieur qu'une manifestation de vie et un critère interne. A cet égard, on ne peut en percevoir la pleine valeur et la portée totale que du dedans, on ne peut en saisir la réalité ineffable qu'en y participant en effet, par une

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