PRÉSENCE EUCHARISTIQUE
Les mêmes explications seraient toujours de mise. Je ne m'y arrêterai pas. Ici encore le dogme en tant que dogme nous dit simplement : « la réalité est telle en soi que vous devez avoir en face de Thostie consacrée la même attitude que vous auriez devant Jésus devenu visible. » Ou si vous préférez : « cette attitude -^ caractérisée analogiquement par le mot présence — est la seule qui convienne dans le cas actuel à la nature de la réalité en cause p). » Quant à cette réalité elle-même, le dogme comme tel ne nous en définit pas les déterminations intrinsèques, il ne nous en donne pas une idée propre et distincte, il se contente de nous la révéler à titre de fait par ce qu'elle exige de nous. Chercher ensuite une représentation théorique de cette présence, tâcher de découvrir ce qu'elle doit être en soi pour entraîner légitimement en nous un tel devoir d'attitude
1. Je ne détaillerai pas ici le contenu de la notion que représente le mot attitude. Je veux seulement noter que ce mot désigne, suivant l'expression de M. Sertillanges, « des attitudes d'esprit autant que des attitudes extérieures ». Mais requérir une attitude d'esprit n'est pas la même chose qu'in^ pos?r dos concep'.ions toutes faites.
qu'bst-ce qu'un dogme?
et de conduite, c'est affaire de spéculation libre dogme n'intervient que sous la forme négative de thème fulminé contre telles et telles théories (')■
Mais je ne veux pas insister. Je répondrai seul à la note singulière dans laquelle M. Portalié (^) me convaincre d'une « illusion surprenante ». Il de la définition du mot présence (ci-dessus, pp. 18-19] contradicteur semble confondre perceptUle et j et c'est à mon tour d'êtr« étonné. J'admets que, pt une syncope, l'âme ne se manifeste plus par auc ses effets ordinairement perçus: est-ce à dire qu effet perceptible ait disparu du même coup? Il y quelque hardiesse à le prétendre, et je crois pi affirmer que la présence de l'âme se traduirait ( par des signes constatables, pour peu que l'on p. à l'intérieur de l'organisme : je vais même jusqu'à i que c'est pour cela que l'on distingue la syncope mort. De même, je ne m'estime pas téméraire ei tenant qu'un corps, si éloigné soit-il, accuse enc( présence par des effets perceptibles, bien qu'habi ment non perçus : si aucun effet perceptible ne subi je dirais sans hésiter que le corps n'existe plus, matière n'est pas en «oi. Quanta la présence deD: toute chose, je redis avec S. Pau! (Rom., i, 20) et a\ Pères du Vatican {Const. Dei Films, Cap. II): « biiia ipsiuB, a ereatura mundi, per ea quae faeta intellecta, compiciuntur » ; et j'ajoute qu'au surp. plénitude de cette présence ne peut être définie termes d'action {au même sens que la persor divine) si l'on veut éviter l'erreur du panthéisn
1. Mgr Turinaz écrit (page 47 de sa première br< note 1): a M. Le Roy prétend que la formule du dog l'Eucharistie ne dit pas si l'hostie consacrée ne doit poi tenue seulement pour un symbole ou une figure de J C'est la contradictoire exacte, mot pour mot, de ce que affirmé (Cf. p, 20 du présent volume). On voit par li quel sérieux «t quelle attention Mgr Turinaz lit ce qu'il