‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 77 sur 113 · Quinzaine du l^r. août 1905, p · texte numérisé non relu

Quinzaine du l^r. août 1905, p

chose la donnée de foi elle-même en tant qu'obligatoire. Les Pères et les Conciles ont assurément dogmatisé en fonction de la philosophie alors régnante: le dogme n*est point lié pour cela à telles ou telles formes de représentation théorique. Je vais plus loin. Tous et chacun des Êvêques siégeant en assemblée- conciliaire peuvent croire à titre individuel qu'une certaine philosophie est la me,illeure ou même la seule possible: il n'y a pas d'exemple que jamais, parlant comme juges de la foi, ils aient officiellement déclaré pareille chose (^). Au contraire, l'histoire montre que le souci du magistère ecclésiastique fut toujours et uniquement d'écarter et d'exclure les systèmes ou théories qui altéraient d'une manière quelconque, directe ou indirecte, la pratique de la vie chrétienne (2).

Encore moins ai-je à m'appesantir maintenant sur le dogme du péché originel. Quelles difficultés ne soulève-t-il pas, exégétiques, historiques, scientifiques, philosophiques, lorsqu'on veut en définir le contenu objectif par ses déterminations intrinsèques? Rien de plus net, par contre, au point de vue pratique et moral. Voilà, ou jamais, le cas de dire qu'une réalité mystérieuse nous est notifiée par les conséquences qu'elle a en nous et par les devoirs qu'elle nous impose.

Je pourrais continuer longtemps. En vain chercberaiton des circonstance.s où l'Église aurait prescrit l'adhésion de foi pour des théories proprement dites. M.Dubois écrit P) : « Les principes généraux du spiritualisme : la théodicée, la liberté et l'immortalité de Tâme, ne sont-ils pas intlus dans le dogme? Ce sont bien cependant des systèmes, puisqu'on leur oppose d'autres sys-

1. De nos jours, au Concile du Vatican, le premier soin des Pères fut de demander « qu'on débarrassât la rédaction prosynodale des expressions trop scolastiques qui rappelaient un cours fait à des élèves et qu'on prît un ton mieux en rapport avec la dignité de l'Église qui doit parler en mère désolée des erreurs de ses enfants ». (Cf. Rapport présenté par Mgr Simor, archevêque de Cran, a la 30® congrégation générale, 18 mars 1870, page 615 dans Vacant, .Zoc. cit., t. I.)

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