Quinzaine du 16 juin
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ni un Traité de la foi: simplement sa modeste contribution à l'étude i. Depuis quand un auteur est-il ') ovo la totalité des questions qui lient avant celle qu'il traite? A ce ticle de philosophie religieuse ou ; commencer au moins par une istence de Dieu. «Admettez-vous, [. Portalié {'), que Dieu ait parlé i répondez par un non, c'est sur r la discussion; il test bien superflu ut être un dogme, si vous en niez révélation.» Singulière objection I e mon travail une déclaration ex- ;, il me semble que cela pouvait crois que Dieu a parlé : que signi- >us prie, ma profession de foi care de là C^): « alors la discussion renferme évidemment des vérités le logique un peu simple. Le mot I, la question étant justement de tre ajouté, et comment, cette question a été bien ou mal enir ou non la première, c'est ce :ider que plus tard, quand on sera îtionnaire complet^ que le champ uffisamment remué et que l'heure laiions méthodiques et des exposés
viens aux « arguments ». Suivant landerais à l'Église une « abdicaque cela « une déloyauté », « un El se lèveraient indignés tous ceux lire et comprendre les textes »; proclamer elle-même son « égareice » et sa a folie », e de jouer
misérablement sur les mots et d'essayer de sauver son empire sur les âmes au prix d'une équivoque déshonorante » (^), La doctrine que je défends serait ainsi « la fin de tout dogme chrétien », si bien que « répudier cette théorie moraliste du dogme » serait pour le catholicisme « un devoir élémentaire de sincérité »(^).
Voilà bien des gros mots. Évidemment M. Portalié a dû garder in petto les raisons qui les justifient à ses yeux. Car, dans celles qu'il produit, je ne trouve que des erreurs reposant sur des contre-sens (3J.
Plus justement que lui, je pourrais parler ici avec quelque sévérité. Mais je veux apporter dans la discussion tout le calme qu'il a oublié d'y mettre pour sa part. Je vais seulement, à titre d'exemples, examiner quelques-unes de ses assertions: quelques-unes, car les reprendre toutes serait vraiment abuser du lecteur ("*).
1. Mgrr Turinaz emploie des expressions plus violentes encore; dans sa seconde brochure, p. 13, il qualifie de « blasphèmes » certaines de mes propositions. — Plusieurs autres ont déclaré Tattitude que j'adopte « une attitude malhonnête». — J'ai reçu aussi quelques lettres d*in jures, notamment une qui me voue à Tenfer.
2. On n'imaginerait pas toutes les conséquences que Mgr Turinaz tire de mon article. Pour s'en rendre compte, il faut lire la quatrième partie de sa première brochure. A l'en croire, mes idées seraient la ruine et la négation de tout, autant dire la fin du monde. Elles détruiraient la foi, le dogme, la vie chrétienne, les vertus surnaturelles, la possibilité du salut, l'Église, la divinité de Jésus-Christ, le Christianisme tout entier, plus la raison et le bon-sens. Le crescendo est très amusant. Cela ressemble à une5cène célèbre du Malade imaginaires Mgr Turinaz va si loin dans cette voie qu'il finit par conclure de la négation de la divinité de Jésus-Christ à la négation de l'existence de Dieu, sans prendre garde qu'il se met ainsi en contradiction avec le Concile du Vatican, pour autant que ce Concile a déclaré l'existence de Dieu une vérité accessible aux seules forces naturelles ''de la raison, indépendante par conséquent de toute foi en la divinité de Jésus-Christ.
3. J'en dirais autant des brochures de Mgr Turinaz. Les mêmes formules y sont répétées indéfiniment: C*est faux! C'est absurde! Je nie! Je nie encore! Je vais démontrer gue... J*ai démontré que... Mais la démonstration ne vient jamais.
4. Si l'on veut apprécier le sérieux avec lequel ont été faites les brochures de Mgr Turinaz, qu'on se reporte aux Réponses du R. P.Nouvelle et du R. P. Laberthonnière publiées par Jes Annales de Philosophie chrétienne (décembre 1905 et janvier
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Je n'ai jamais dit de TÉglise « qu'elle n'a point en dépôt des vérités immuables reçues du ciel, et que l'idée antique d'une révélation par laquelle Dieu aurait parlé à l'homme est un anthropomorphisme grossier, inacceptable à notre philosophie moderne ». Je n'ai jamais dit non plus que l'Église ne prétend imposer à ses fidèles « ni affirmation ni notion quelconque », ni même « qu'elle n'a aucune autorité pour régenter l'intelligence » ou pour « donner des lois à l'esprit humain ». Enfin je n'ai pas dit davantage « qu'admettre un seul dogme comme assertion doctrinale, c'est se condamner à ne plus penser » (^). — Sur tous ces points, j'oppose à M. Portalié un démenti formel. A mon tour de demander: « est-ce vraiment sérieux »? Il est très beau de défendre l'orthodoxie: encore faudrait-il respecter cette règle élémentaire de critique qui ordonne de lire les textes avant de les juger. Un incrédule qui résumerait la doctrine catholique avec cette légèreté et qui commettrait d'aussi monumentales erreurs serait immédiatement taxé de mauvaise foi. Certes je ne porte pas une semblable accusation contre M. Portalié. Je suis convaincu qu'il a sincèrement cru voir tout cela dans mon article. Mais en vérité, quand on se mêle de donner des leçons aux autres, surtout en pareille matière, il ne serait pas exagéré de faire im peu plus attention.
M. Portalié ne semble pas avoir le moindre soupçon d'une différence entre connaissance de fait et représentation théorique^ entre pensée pratique et pensée spéculative; il ne semble pas davantage se douter qu'on puisse concevoir plusieurs modalités d'affirmation. — Tout cela est d'une philosophie un peu bien grosse.
Incontestablement la doctrine révélée doit être maintenue toujours et admise par tous in eodem sensu eademque sententia. Mais que cela soit possible, malgré l'évidente inégalité des intelligences au point de vue spéculatif et malgré le perpétuel changement des théories jphi-
1906). Mais rien ne vaut à oe point de vue les brochures ellesmêmes et la Lettre insérée dans les Annales de janvier 1906, 1. Etudes du 20 juillet 1905, pages 160 et 161, passim.
losophiques au cours de Thistoire, n'est-ce pas la preuve la plus nette que ce sens qui doit être et rester commun appartient en effet à Tordre pratique et vital? Un philosophe ne se représente pas la personnalité divine de la même façon qu'un homme sans culture: mais l'homme sans culture et le philosophe peuvent aussi bien Tun que l'autre prendre vis-à-vis de Dieu l'attitude de l'adoration, de l'ampur, de la prière, et leurs actes ont alors dans l'ordre vital et pratique exactement la même valeur et la mêiiie signification. — On aboutirait à une conclusion analogue en comparant par exemple la notion du Yerhe aujourd'hui et dans l'antiquité alexandrine.
Enfin M. Portalié m'accuse (^) de proclamer « sans aucune restriction le principe du rationalisme le plus radical » (2), parce que j'ai dit que l'autorité peut bien m'imposer d'assentir à telle ou telle conclusion, mais non pas d'être satisfait de telle ou telle preuve ni de trouver clairer telle ou telle notion {^), Est-ce là vraiment du rationalisme? Alors je prétends que tous les catholiques que n'aveugle pas l'esprit d'école sont rationalistes. Qu'on y songe un instant! Qui admettra que l'autorité puisse me dire : « Vous devez être satisfait de tel raisonnement, de telle démonstration; il vous est interdit de n'y point trouver la lumière de l'évidence ; vous êtes tenu de la trouver là et non ailleurs »; ou encore : « Voici ime notion, non pas de l'ordre commun et pratique, mais de l'ordre théorique et spéculatif: eh bien! il faut que vous l'entendiez, vous n'avez pas le droit de n'y pas réussir »; encore un coup, qui admettra cela? Si je vous déclare: « Je crois en Dieu, mais ce n'est pas telle ou telle preuve qui m'y fait croire, j'aime mieux telle autre »; ou bien: « Je sais qu'il est raisonnable, salutaire et obligatoire de l'aimer,
1. Etudes du 20 juillet 1905, pages 153-154. — La citation faite à cet endroit est d'ailleurs tronquée, sans que rien y indique l'existence d'une lacune.
2. Je me trouve ainsi accusé à la fois de rationalisme et ô^ agnosticisme: peut-être faudrait-il choisir?