‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 2)Chapitre 19 sur 40 · Keter. — La Couronne, le pouvoir équilibrant · texte numérisé non relu

Keter. — La Couronne, le pouvoir équilibrant

2. Chocmah. — La Sagesse, équilibrée dans son ordre immuable par l’initiative de l’intelligence.

3. Binah. — L’Intelligence active, équilibrée par la Sagesse.

à. Chesed. — La Miséricorde, seconde conception de la Sagesse, toujours bienveillante, parce qu’elle est forte.

DOGMIî Uli LA HAUTE MAGIE.

5. Gebunih. — La Uigiieur néœssitéc par la Sagesse même et par la bonté. Souffrir le mal, c’est empêcher le bien. ‘

G. Tiphereth. — La Beauté, conception lumineuse de l’équilibre dans les formes, l’intermédiaire entre la couronne et le royaume, le principe médiateur entre le créateur et la création. (Quelle sublime idée ne trouvons-nous pas ici de la poésie et de son souverain sacerdoce !)

7. Netsah. — La Victoire, c’est-à-dire le triomphe éternel de l’intelligence et de- la justice.

8. Hod. — L’Éternité des victoires ^^e l’esprit sur la matière, de l’actif sur le passif, de la vie sur la mort.

9. lesod.' — Le Fondement, c’est-à-dire la base de toute croyance et de toute vérité, c’est ce que nous appelons en philosophie I’absolu.

tO. MalcJmt ou Malkout. — Le Royaume, c’est l’univers, c’est la création tout entière, l’œuvre et le miroir de Dieu, la preuve de la raison suprême

LS. KABALE

la conséquence formelle qui nous force de remonter aux prémisses virtuelles, Fénigme dont le mot est Dieu, c’est-à-dire: raison suprême et absolue.

Ces dix notions premières attachées aux dix premiers caractères de l’alphabet primitif, signifiant à la fois des principes et des nombres^^^sont ce que les maîtres de la Cabale appellent les dix Séphiroth.

Le tétragramme sacré, tracé de cetle manière,

indique le nombre, la source et le rapport des noms divins. C’est au nom de lotchavah, écrit avec ces vingt-quatre signes couronnés d’un triple fleuron de lumière, qu’il faut rapporter les vingt-quatre trônes du ciel et les vingt-quatre vieillards couronnés de V Apocalypse. En Cabale, le principe occulte se nomme le vieillard, et ce principe multiplié et comme reflété dans les causes secondes crée ses images, c’est-à-dire autant de vieillards qu’il y a de

conceptions diverses de son unique essence. Ces images, moins parfaites en s’éloignant de leur source, jettent dans les ténèbres un dernier reflet ou une dernière lueur qui représente un vieillard horrible et défiguré: c’est ce qu’on appelle vulgairement le'diable. Aussi un initié a-t-il osé dire:

« Le diable, c’est'Dieu compris par les méchants » ; et un autre , en termes plus étranges, mais non moins énergiques, a ajouté: «Le diable est formé de déchirures de Dieu. » Nous pourrions résumer et expliquer ces assertions si nouvelles en faisant remarquer que, dans le symbolisme même, le démon est un ange tombé du ciel pour avoir voulu usurper la divinité. Ceci appart’ent au langage allégorique des prophètes et des légendaires. Philosophiquement parlant, le diable est une idée humaine de la divinité surpassée et dépossédée du , ciel par le progrès de la science et de la raison. j

Moloch, Adramelek, Baal, ont été, chez les Orien- j

taux primitifs, les personnifications du dieu unique, .) déshonorées par des attributs barbares. Le dieu j

des jansénistes, créant pour l’enfer la majorité des J humains et se complaisant aux tortures éternelles \ de ceux qu’il n’a pas voulu sauver, est une con- ^ ception encore plus barbare que celle de Moloch :

L\ K AB ALE

aussi le dieu des jansénistes est-il déjcà, pour les chrétiens sages et éclairés, un véritable Satan tombé du ciel.

Les cabalistes, en multipliant les noms divins, les ont tous rattachés ou à l’ unité du tétragramme, ou à la figure du ternaire, ou à l’échelle séphirique de la décade: ils tracent ainsi l’échelle des noms

et des nombres divins :

mp

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triangle qu’on peut traduire ainsi en lettres romaines :

JA SDI JEHV ELOIM SABAOT ABARITA ELVEDAAT EL IM GIBOR E L T M S A B A O T

L’ensemble de tous ces noms divins formés de

ns

runiquc télragranime, mais en deliors du tétragrammemôiue, est une desl)asesdu UiUiel hébreu, et compose la force occulte ([uc les l’abbius cahalistes invoquent sous le nom de Semhamphoras.

Nous avons à parler ici des Tarots au ]>oint de vue cabalistique. Nous avons déjà indiqué la source occulte de leur nom. Ce livre hiéroglyphique se compose d’un alphabet cabalistique et d’une roue ou cercle de quatre décades, spécifiées par quatre figures symboliques et typiques, ayant chacune pour rayon une échelle de quatre figures progressives représentant l’Iiu inanité : homme, femme, jeune homme et enfant ; maît»’e, maîtresse, combattant et valet. Les vingt-deux figures de l’alphabet représentent d’abord les treize dogmes, puis les neuf croyances autorisées de la religion hébraïque, religion forte et fondée sur la plus haute raison.

Voici la clef religieuse et cabalistique du Tarot, exprimée en vers techniques à la manière des anciens législateurs :

4 N Tout annonce une cause active, intelligente.

2 3 Le nombre sert de preuve à l’unité vivante.

3 a Rien ne peut limiter celui qui contient tout.

4 T Seul, avant tout principe, il est présent partout.

5 n Comme il est le seul mailre, il est seul adorable.

LA K AB ALE

6 1 II révèle aux cœurs purs son dogme véritable.

7 T Mais il faut un seul chef aux œuvres de la foi,

8 n C’est pourquoi nous n’avons qu’un autel, qu’une loi ;

9 D Et jamais l’Éternel n’en changera la base.

1 0 » Des cieux et de nos jours il règle chaque phase.

1 1 D Riche en miséricorde et puissant pour punir,

12 h 11 promet à son peuple un roi dans l’avenir.

13 O La tombe est le passage à la terre nouvelle,

La mort seule finit, la vie est immortelle.

Tels sont les dogmes purs, immuables sacrés; Complétons maintenant les nombres révérés,

1 4 Û Le bon angle est celui qui calme et qui tempère.

1 5 D Le mauvais est l’esprit d’orgueil et de colère.

16 V Dieu commande à la foudre et gouverne le feu.

17 3 Vesper et sa rosée obéissent à Dieu.

1 8 y 11 place sur nos tours la lune en sentinelle.

1 9 P Son soleil est la source où tout se renouvelle.

20 "1 Son souffle fait germer la poudre des tombeaux

ou '' V Où les mortels sans frein descendent par troupeaux.

ou [fl Sa couronne a couvert le propitiatoire,

Et sur les chérubins il fait planer sa gloire.

A l’aide de cette explication, purement dogmatique, on peut déjà comprendre les figures de

DOGMIi DE LA HAUTE MAGIE.

raljihabet cabalistique du Tarot. Ainsi la figure n“ 1 , appelée le Bateleur., représente le principe actif dans Tunité de l’autotélie divine et humaine ; le n“ 2, appelé vulgairement la Papesse, figure l’unité dogmatique fondée sur les nombres, c’e.st la Cabale ou la Gnose per.sonnifiée; le ir 3 représente la Spiritualité divine sous l’emblème d’une femme ailée qui tient d’une main l’aigle apocalyptique, et, de l’autre, le monde suspendu au bout de son sceptre. Les autres figures sont aussi claires et aussi facilement explicables que ces premières.

Venons maintenant aux quatre signes, c’est-àdire aux Bâtons, aux Coupes, aux Épées et aux Cercles ou Pantac les, vulgairement appelés Deniers. Ces figures sont les hiéroglyphes du tétragramme : ainsi, le Bâton, c’est le phallus des Égyptiens ou le jod des Hébreux; la Coupe, c’est le cteïs ou le hé primitif; l’Épée, c’est la conjonction des deux ou le lingam, figuré dans l’hébreu antérieur à la captivité par le vau , et le Cercle ou Pantacle, image du monde, est le hé final du nom divin.

Maintenant, prenons un Tarot et réunissons quatre par quatre toutes les pages formant la Boue ou ROTA de Guillaume Postel ; mettons ensemble

LA KABALE

les quatre as, les quatre deux, etc., et nous aurons dix paq\iets de cartes donnant rcxplication hiéroglyphique du triangle des noms divins sur l’échelle du dénaire que nous avons donné plus haut. On pourra donc les lire ainsi, en ra])portant chaque nombre au Sephirot correspondant:

mn’

Quatre signes du nom qui contient tous les noms.

i Keter.

Les quatre as.

La couronne de Dieu porte quatre fleurons.

2 Chocmah.

Los quatre deux.

Sa sagesse s’épanche et forme quatre fleuves.

3 Binah.

Les quatre trois.

De son intelligence il donne quatre preuves,

4 Chesed.

Les quatre quatre

De la miséricorde il est quatre bienfaits.

nor.MR DE LA HAUTE MAGIE.

5 Geburah.

Les quatre cinq.

Sa rigueur quatre fois punit quatre forfaits,

6 Tiphrrrtu.

Les quatre six.

Par quatre rayons purs sa beauté se révèle.

7 Netsah.

Les quatre sept.

Célébrons quatre fois sa victoire éternelle.

' Hod.

Les quatre huit.

Quatre fois il triomphe en son éternité.

9 Iesod.

Les quatre neuf.

Sur quatre fondements son trône est supporté.

1 0 Malchot.

Les quatre dix.

Son unique royaume est quatre fois le même Et conforme aux fleurons du divin diadème.

On voit par cet arrangement si simple le sens cabalisticpie de chaque lame. Ainsi, par e.xemple,

LA KABA LE

le cinq de bâton signifie rigoureiiseineiit gebiirah de Jod, c’est-à-dire justice du Créateur ou colère de l’homme; le sept de coupe signifie victoire de la miséricorde ou triomphe de la femme ; le huit d’épée signifie conflit ou équilibre éternel ; et ainsi des autres. On peut comprendre ainsi comment s’y prenaient les anciens pontifes pour faire parler cet oracle : les lames jetées au sort donnaient toujours un sens cabalistique nouveau, mais rigoureusement vrai dans sa combinaison, qui seule était fortuite; et, comme la foi des anciens n’accordait

rien au hasard, ils lisaient les réponses de la Providence dans les oracles du Tarot, qu’on appelait chez les Hébreux Théraph ou Théraphims, comme l’a pressenti le premier le savant cabaliste Gaffarel, l’un des magiciens attitrés du cardinal de Richelieu.

Quant aux figures, voici un dernier distique pour les expliquer :

Roi, Dame, Cavalier, Valet.

Époux, jeune homme, enfant, toute l’humanité, Par ces quatre échelons, remonte à l’unité.

Nous donnerons à la fin du Rituel d’autres détails et des documents complets sur le merveilleux

iHXjiMK Dli LA IIAUTK MACilK.

livre du Tarot, et uous démoiilreroiis ([u’il est le livre primitif, la clef de toutes les prophéties et de tous les dogmes, eu im mot le livre ins[)irateur de livres inspirés, ce que n’ont pressenti ni Court de Gebeliii dans sa science, ni x\lliette ou Kteilla dans ses singulières intuitions.

Les dix séphirots et les vingt-deux tarots Forment ce que les cabalistes appellent les trente-deux voies de la science absolue. Quant aux sciences particulières, ils les divisent en cinquante chapitres, qu’ils nomment les cinquante portes (on sait que porte signifie gouvernement ou autorité chez les Orien- ; taux). Les rabbins divisent aussi la cabale en Bere- j

schit, ou Genèse universelle, et Mercavah, ou ^

chariot d’Ezéchiel ; puis, de deux manières d’in- i terpréter les alphabets cabalistiques ils forment deux sciences, nommées la Gématrie et la Temu- ,, rah, et en composent fart notoire, qui n’est autre chose au fond que la science complète des signes o du Tarot et leur application complexe et variée à la divination de tous les secrets, soit de la philosophie, soit de la nature, soit même ^de l’avenir, ’j Nous en reparlerons au vingtième chapitre de cet ouvrage.

LA CllAlNL MAGIQUE.

LA CHAINE MAGIQUE

MÀNU3.

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