‹ Dollard des Ormeaux et ses compagnons;Chapitre 9 sur 12 · RÉCAPITULATION · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION

La seule liste des noms de ceux qui ont pris part à cet événement prodigieux se trouve dans l’acte de l’abbé Souart à qui le pays, de ce chef, doit une reconnaissance spéciale.

Cette page du modeste registre de l’état civil de Ville- Marie,a une si grande valeur qu’on nous permettra de la reproduire encore une fois en lui adjoignant une transcription fidèle.

En disséquant les renseignements que cet acte contient, ainsi que ceux que nous avons puisés ailleurs nous obtenons les tableaux suivants :

Âge 21 ans : Martin ; | 26 ans : Augier et Le- 23 ans : Boisseau ; | compte ; 24 ans : Crusson et Jurie ; | 27 ans : Hébert, Robin 25 ans : Brassier, Grenet, | et Valets ; Josselin, Dollard | 28 ans : Tavernier ; et Tiblemont ; | 30 ans : Doussin ;

| 31 ans : Delestres ;

Âge inconnu : Duval, Juillet et Soulard.

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Signature d'Adam Dollard Sr Des Ormeaux. Il ne signe ainsi qu’une fois. D'ordinaire il signe Dollard, simplement.

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Signature de René Doussin.

Signature de Jean Tavernier.

Sur les cinq héros du Long-Sault qui savaient signer, on ne trouve les signatures que des trois ci-dessus.

[Instruction

Savent signer : Dollard, Delestres, Doussin, Josselin et Tavernier.

Ne savent point signer : Grenet, Juillet, Jurie, Lecompte, Martin et Valets.

Sur les neuf autres nous ne connaissons rien à se sujet, sauf qué six d’entre eux ne semblent pas avoir signé leurs contrats d'engagement, en 1653.

Dates de leur arrivée à Montréal

1647 ou plus tôt : Blaise Juillet.

1653 : Brassier, Crusson, Doussin, Duval, Josselin, Lecompte, Robin, Tavernier et Valets.

1658 ou plus tôt : Augier, Boisseau, Delestres, Dollard, Grenet, Hébert, Jurie, Martin, Soulard et Tiblemont.

Nous mettons : 1658 ou plus tôt, parce que dans la liste manuscrite de la recrue de 1659, conservée au Séminaire de Montréal, aucun de ces noms ne figure.

Enfin, un seul était marié : Blaise Juillet.

NOTES BIOGRAPHIQUES Augier dit Desjardins

Prénom : Christophe ; âge : 26 ans.

Nul autre renseignement. Tanguay, Dictionnaire généalogique I, 18, le nomme Augé, et à la page 197, Augier. Il n’y à aucune raison de modifier l’orthographe de l’acte de décès.

le Boisseau dit Cognac

Prénom : Jacques ; âge : 23 ans.

Basset fait l’inventaire de ses biens le 25 mai 1660. Cet acte débute ainsi : ‘ Inventaire des biëéns meubles appartenant à deffunt Jacques Boisseau dit Cognac, trouvez en la maison et possession de Fiacre Ducharne dit la Fontaine (1)

.. en la présence de Lambert Closse ”... Il n’y a que trois items : ‘ Un meschant matelas estimé 50 sols ; deux chapeaux estimés 30 sols et une paire de mitaine de castor ??, non estimée.

Au chapitre des dettes, on constate qu’il doit 15 livres à Louis Chartier, chirurgien ; 7 livres, 18 sols à l’abbé D. Galinier et 30 sols à Jean Milot.

La vente eut lieu, un an plus tard, le 19 avril 1661.

Une ‘très meschante paire de raquettes ”” qui ne figure pas dans l’inventaire est vendue 46 sols à Simon Le Roy et le matelas offert à 40 sols ne trouve pas acheteur.

Brassier

Prénom : Jacques ; âge : 25 ans.

Le seul renseignement qu’on possède sur son compte est la note suivante : ‘Etant à la rade de Saint-Nazaire, pour mettre à la voile avec M. de Maisonneuve, il déclare, le 20 juin 1653, en présence du notaire Belliotte, avoir reçu de la Compagnie de Montréal, 27 livres en avancement de ses gages”... Il avait environ 18 ans lorsqu'il partit de France avec la recrue de 1653 (Faillon, Hist. de la Col. franc. Il, 536).

(1) Basset écrit touiours Ducharne, jamais Ducharme.

D 0 Crusson dit Pilote

Prénom : François ; âge : 24 ans.

Voici tout ce que l’on sait de lui :

“ On ignore le nom de son pays... Avant de quitter la rade de Saint. Nazaire, il déclara le 20 juin 1653, en présence du notaire Belliotte, avoir reçu sur ses gages, 60 livres de la Compagnie de Montréal.” Il avait 17 ans lors de son engagement. (Faillon, 5b., 588).

Delestres

Prénom : Alonié ; âge : 31 ans ; profession : chaufournier. s

Il est présent au contrat de mariage de Marin Heurtebise et d’Estiennette Alton (Basset, 9 décembre 1659), et il devait signer, mais l’acte est détérioré ; quelques signatures sont À peine visibles et une autre, probablement la sienne, a été découpée. .

Dans cet acte Basset le nomme Allonée Delaistre.

Doussin

Prénom : René ; 30 ans ; profession : meunier et soldat.

Voici ce qu’on lit au sujet de son arrivée : “ On ne connaît... pas le nom de son pays... Il faisait, néanmoins . partie de la recrue de 1653 et, étant sur le navire, il déclara, devant le notaire Belliotte, avoir reçu 119 livres de la Compagnie de Montréal, en avancement de ses gages... Il avait alors 23 ans. (Faillon, 2b., 541)

A la page 416, du même volume, l’abbé Faïillon le nomme Doussin, sieur de Sainte Cécile.

Dans le ‘Registre des Minutes du tabellionnage de Montréal, ”, à l'intitulé de l'inventaire des biens meubles de def-

funt Louis Biteaux dit Saint-Amant, (Basset, 19 février 1658), il apparaît qu’il avait existé autrefois, outre ce document, une pièce qui n’a pas été retrouvée et qui est décrite ainsi : ‘ Ensemble, un acte de société fait entre led. Biteaux et René Doussin, le 25 septembre 1656.’

À partir de 1658, il est déclaré présent plusieurs fois dans les actes de Basset. |

Le 10 janvier 1658 (Basset), il cesse de faire partie d’une société pour opérer les moulins de l’île et dont les autres membres étaient Michel Louvard et Louis Biteaux, meuniers.

. Le 19 février 1658, à l’inventaire des biens de Biteaux, on voit que le défunt devait 10 livres à Doussin. Celui-ci est présent et signe Doussein. C’est la seule fois qu’il orthographie son nom de cette manière.

Le 13 novembre 1658 (Basset), Bertrand de Rennes lui cède les droits et-actions qu’il a sur trois arpents de terre acquis d’'Honoré Langlois. Le cédant s’oblige d’en ‘rendre deux arpents labourables à la charrue aux semences prochaines. Dollard est présent.

Le 20 novembre, Doussin paye 106 livres 15 sols à de Rennes qui lui en donne quittance en présence de Dollard.

Le même jour, Doussin cède la moitié de son acquisition à François Piron dit la Vallée.

Le 18 mars 1659 (Basset), Doussin et Piron vendent les trois arpents de terre sus mentionnés au caporal Pierre Raguideau, sieur de Saint-Germain. C’est dans cet acte, qu’en qualité de témoin, Dollard signe : des Ormeaux Dollard.

Le 23 octobre 1659 (Basset), Doussin est présent et signe au contrat de mariage de Daniel Panier avec Marie Polo, puis il assiste à la cérémonie du mariage, au mois de novembre suivant.

Le 15 novembre 1659 (Basset), il est présent et signe au contrat de mariage de Pierre Raguideau avec Marguerite Rebours.

Les deux derniers actes dans lesquels figure le nom de ce vaillant soldat sont l'inventaire de ses biens, en date du 26 mai 1660 et la vente d’iceux, un an plus tard, soit le 17 avril 1661.

Le premier de ces documents débute ainsi :

‘“ Inventaire des hardes trouvées en la maison de deffunt Jean de Saint-Père, à la pointe Saint-Charles et en la possession de Jacques Morin... Lambert Closse est présent. La valeur des biens, selon Basset, est de 25 livres, 15 sols.

Il est dû au défunt 257 livres, 10 sols et il doit environ 415 livres.

Après Blaise Juillet, c’est le plus riche compagnon de Dollard.

Au chapitre de ses dettes, on remarque un article indiquant qu’il était en excellents termes avec son chef : “ Déclaré par moy commis (Basset), La somme de neuf Livres pour reste de plus grande somme par Luy respondue pour deffunt Le $r Dollard...cy IX Livres.”

Duval

Prénom : Nicolas ; profession : serviteur au fort.

Il vint en ce pays en 1653 et voici ce que nous en dit l'historien de la colonie française :

‘Nicolas Duval, de Forge , en Brie, aujourd’hui département de Seine-et-Marne, arrondissement de Fontainebleau, canton de Montereau, fut engagé par M. de la Dauversière le premier mai 1653 (1), et déclara, le 20 juin suivant, avoir reçu,en avancement de ses gages, 75 livres de la Compagnie de Montréal.” (Faillon 2b.,542.)

à (1) Dans le texte, une erreur typographique fait dire, à l’auteur, 663. |

En 1655, il reçut 500 livres pour s’établir à Ville-Marie, en prenant l’engagement ordinaire de rendre cette somme s’il quittait un jour l’île de Montréal. (Faillon £b., 188).

Dans son ordonnance du 18 janvier 1659, défendant la vente des boissons enivrantes en gros et en détail, sans un ordre par écrit, M. de Maisonneuve dit qu’il en est venu à ce remède extrême parce que certains habitants se livrent à des excès de boissons et au jeu, qu’ainsi ils s’endettent considérablement, si bien que désespérant de s’acquitter, il y en a trois ‘“ qui n’ont vue d’autre voye que de se dérober... par une fuite dangereuse.” Finalement, il mentionne à l’appui.. l’évasion de Ville-Marie, de Sébastien Dupuy, Nicolas Duval et Pierre Papin qui furent repris à quatre lieues de l'habitation.

Sa mort, au champ d’honneur, rachète pleinement cette faute d’un moment.

Grenet .

RON one âge : 25 ans.

Le 5 octobre 1659 (Basset), Jacques Morin lui ae donne trois arpents de terre de bois abattu, à la pointe Saint- Charles qu’il a loués de Jean Pichard.

Le 19 octobre suivant, Grenet cède lui-même ses droits

à Jacques Beauchamp.

Mgr Tanguay dans les Mémoires de la Société royale, le série, Vol. I, l’a nommé Guenet.

Trois ans après son décès, on trouve dans la Le de la Sainte-Famille un nommé Guillaume Grenet. On ne sait s'ils étaient parents.

Hébert dit Larivière

Prénom : Laurent ; âge : 27 ans.

Aucun autre renseignement.

AE Josselin

Prénom : Nicolas ; Âge : 25 ans.

“ Nicolas Jousselin ou Josselin, de Solesmes, aujourd’hui arrondissement de la Flèche, canton de Sablé, s’engagea par contrat signé de sa main et promit à M. de la Dauversière, le premier mai 1653, devant le notaire Lafousse, à la Flèche, de faire partie Le la recrue pour Ville-Marie. ‘Arrivé sur le bâtiment qui devait le porter, il reconnut avoir reçu de la Compagnie de Montréal 75 livres, en avancement de ses gages, et signa l’acte de cette reconnaissance, dressé par le notaire Belliotte. Il était alors âgé de 18 ans.” (Faillon 2b. 548.)

Juillet dit Avignon

Prénom : Blaise ; âge : environ 32 ans ; profession: charpentier et cultivateur.

Juillet vint en ce pays en 1647 ou plus tôt, car dans un des plus anciens actes connus à Montréal et qui est considéré comme le troisième contrat de concession, Juillet est dit avoir une terre voisine de celle qui est accordée à Simon Richomme. (Maisonneuve, 13 janvier 1648.)

Cette mention n'implique pas, cependant, qu’il eut, dans le moment, autre chose qu’une simple promesse, car M. de Maisonneuve n’en fait l’acte par écrit que le 30 octobre 1650 (LL)

Quelques mois plus tard, lé 10 février 1651, le notaire Ameau des Trois-Rivières rédigeait son contrat de mariage avec Antoinette de Liercourt, et il y a toute apparence que la cérémonie se fit au même endroit.

Le 5 et le 12 février 1651 : Inventaire des biens de Michel Chauvin (greffe de Saint-Père), il apparait en qualité de créancier et de débiteur. :

(1) Ceci se produit assez souvent sous M. de Maisonneuve.

ET

Dans le greffe de Lambert Closse (18 septembre 1651), il est présent au contrat de mariage de Jean de Saint-Père et de Mathurine Godé.

Le 20 juillet précédent (1651), il est parrain d’un sau- -vage. | | À l’inventaire des biens de défunt Augustin Hébert dit Jolicœur, 2 juin 1654 (greffe Closse), il est porté sur la liste des créanciers. Cette même année, il reçoit du gouverneur une gratification de 400 livres en s’engageant à demeurer dans l'île de Montréal. (Archives du Séminaire)

En 1655 (30 mars et 4 avril) (1), il est un des habitants de Ville-Marie, qui consentent à payer cent sous par an pour les services du chirurgien Bouchard.

On voit, au registre des minutes du tabellionnage, que le 18 juin 1655, Juillet fait une transaction avec Catherine Lorrion, veuve de Pierre Vilain. Cette pièce est disparue.

Le 3 octobre 1658, au baptême de son fils Louis, c’est l’ex-gouverneur de la Nouvelle-France, Louis d’Ailleboust qui est parrain et Jeanne Mance qui est marraine.

Juillet est lui-même parrain d’un enfant de Pierre Richomme le 22 juin 1659.

C’est la dernière fois que son nom est mentionné dans un acte public, de son vivant.

On sait qu’il trouva la mort au cours de l’engagement du 19 avril. L'abbé Faillon (II, 399), nous l’avons déjà dit, attribue sa noyade au fait qu’il n’était pas habitué à la navigation en canot.

Cela nous paraît difficile à admettre. A l’époque de son décès, Juillet était ici depuis treize ans, au moins, et

comme les moyens de locomotion étaient très réduits en ces temps anciens, peut-on supposer qu’il n’ait pas eu l’occasion

(1) Greffe de Lambert Closse. L'abbé Faillon, b., 198, a attribué, par erreur, cet écrit à M. de Saint-Père qui pourtant n’y figure en aucune manière.

d'apprendre à ramer ? D’ailleurs son acte de décès, ni M. de Casson n’indiquent la cause immédiate de son trépas.

Ainsi que nous l’avons fait remarquer l’expédition part au commencement du printemps, et bien des hypothèses peuvent expliquer l’accident. C’est le moment de la grande crue des eaux, et, alors, le courant est très rapide chaque côté de l’île Saint-Paul ; à cette époque de l’année, le fleuve charroie des glaçons isolés, toujours dangereux pour les canotiers ; entre l’île de Montréal et l’île Saint-Paul, il y a quantité de rochers à fleur d’eau, enfin, un faux mouvement de Soulard qui, lui, devait être novice, voilà autant de causes qui ont pu faire chavirer l’embarcation.

Moins de deux mois après sa mort, le 11 juin 1660, Basset rédige le contrat de mariage de sa veuve avec Hughes Picard, et le 13 juin, sur l’ordre de M. de Maisonneuve, Picard est nommé tuteur des quatre enfants du défunt et Lambert Closse, curateur.

Le 20 juin, est dressé un procès-verbal de ses biens, dans lequel on remarque qu’il avait sur sa terre, une maison de maçonne et charpente de 36 pieds par 18 pieds ; un bâtiment pouvant servir de grange, ni clos ni couvert, mais avec 200 de bonnes planches et clous pour le couvrir. Son ‘“ roulant ” est relativement considérable. Notons : 2 bœufs, 1 vache, 1 veau, 3 cochons, 1 charrue, 2 fusils, 1 épée, 5 chaudières, 1 marmitte, 1 gril, 1 cramalière, une pelle à feu, des tenailles, poêles à frire, cuillers à pot, broches, tripiers, réchaux, de la vaisselle d’étain, des outils, ete., 1 capot bleu, 1 manteau, 1 justacorps et haut de chausse, un caleçon de frise, des seaux ferrés, deux cabannes, une armoire, des coffres de bois et dix barriques.

C’est le richard de la troupe.

Juillet a encore des descendants en ce pays, car ses quatre enfants se marièrent et eurent une nombreuse postérité.

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F2c-similé du testament de Jean Valets. Voir p. 66.

LEGO E J'urie

Prénom : Robert ; âge : 24 ans.

On le nomme généralement Jurée, mais Basset écrit bien lisiblement, partout, Jurie et nous adoptons cette orthographe.

Un acte de Basset du 7 janvier 1669, nous apprend que Paul Benoist dit le Nivernois, charpentier, qui possédait la terre avoisinant celle de Dollard, au pied du courant Sainte- Marie, donne à Robert Jurie, “ pour le temps et espace qu'il a du gouverneur... la jouissance de certaine quantité de terre qu’il a défriché... a raison de 17 minots de grain, bled froment, pois ou bled d'Inde, par an... pendant iceluy bail.”

D'après le texte de l’acte de décès, on crut qu'il avait réussi à s’échapper des Iroquois, à gagner New-York et à repasser en France, mais on sut, plus tard, que cela était faux et il doit être un des quatre qui furent torturés et brûlés.

Lecompte

Prénom : Jean ; âge : 26 ans.

‘ Lecomte, nous dit l’abbé Faiïllon, demeurait sur la paroisse de Chemiré, en Charnie, pays du Maine, aujourd’hui arrondissement du Mans, canton de Loué. I s’engagea à l’Âge de 21 ans, par contrat passé à la Flèche entre lui et MM. de Maisonneuve et de la Dauversière, le 30 mars 1653 (notaire de Lafousse), à aller à Ville-Marie, et le 20 juin suivant, il déclara dans la rade de Saint-Nazaire, avoir reçu de la Compagnie de Montréal, 120 livres en avancement des gages qu’elle lui avait assurés. (Faitlon 2b., 550.) .

L'abbé Faillon ajoute qu'il faut le distinguer d’un autre Jean Lecompte de la ville d'Orléans qui fut tué avec Closse en 1662. c

Ajoutons qu’au contrat de mariage de Pierre Cabazié (1) (Basset, 30 mars 1669), un troisième Jean Lecompte est présent. :

(1) C’est ainsi qu'il signe toujours.

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Il est donc assez difficile de démêler lequel de ces Jean Lecompte, concernent les actes suivants :

Le 12 janvier 1659 (Basset) dans l'inventaire des biens de Jean de Saint-Père, est un état de ce qui à été payé à diverses personnes par la femme du défunt, Mathurine Godé, et on remarque qu’un nommé Jean Lecompte a reçu 10 livres pour du bois de chauffage fourni à la famille.

La même année, un Jean Lecompte est témoin au mariage de Marin roi

Le 5 avril 1660 (Basset) un Jean D transporte à Jean de Niau, les droits et actions qu’il peut avoir... sur quatre arpents de terre sis sur la concession des héritiers du défunt Jean de Saint-Père.

Martin

Prénom : Louis ; Âge : 21 ans ; profession : vacher.

Le 22 février 1660, il achète deux articles à la vente des biens meubles de cette pauvre Madeleine Fabrecque, morte l'automne précédent, quelques jours après son arrivée de France. Dans cet acte on le dit vacher, et il déclare ne savoir signer.

On trouve dans l'Histoire de M. de Maisonneuve par l'abbé Rousseau, qu’il y avait à Montréal une fonction de vacher public et Louis Martin en fut peut-être le titulaire. Cette fonction, nous dit cet auteur, “ consistait à garder les animaux dans la commune et au besoin de sonner l’alarme.”

Robin dit Desforges

Prénom : Etienne ; âge : 27 ans.

« Le lieu de sa naissance et celui où ii passa son engagement sont également inconnus. Il fit partie: de la recrue de 1653, et étant sur le Saint-Nicolas, de Nantes, qui allait

mettre à la voile, il reconnut avoir reçu de la Compagnie de Montréal 79 livres en avancement des gages qu’elle lui avait assurés. (Belliotte, notaire.)’ (Faillon 1b., 557.)

Soulard

Prénom : Mathurin ; profession : charpentier. Tout ce que l’on sait de lui, c’est qu'il était charpentier du fort et qu’il se noya avec Juillet, le 19 avril 1660.

Tavernier

Prénom : Jean ; âge : 28 ans ; profession : armurier.

Arriva en ce pays en 1653. ‘Nous ne connaissons ni les circonstances de son engagement ni le lieu de sa naissance. Le surnom de la Lochetière qu’on lui donnait à Ville-Marie pourrait faire soupçonner qu'il était venu des environs de Loches. Quoiqu'il en soit, Jean Tavernier, qui avait passé son contrat d'engagement ailleurs qu’à la Flèche, se rendit au lieu de l’embarquement, déclara le 20 juin 1653, devant le notaire Beliotte avoir reçu de la Compagnie de Montréal, 97 livres en avancement de ses gages, et signa de sa main cette déclaration. A Ville-Marie il se distingua par la sincérité de ses sentiments religieux et par son courage. (1) On ne doit pas le confondre avec un autre brave colon, également surnommé la Lochetière, déjà passé en Canada, où il avait donné des preuves éclatantes d’intrépidité et de valeur et qui s'appelait Etienne Thibault...” (Faillon 1b., 559.)

Le surnom de “la Lochetière ”’ ne lui est donné que dans l’acte de décès. Basset le nomme Jean Tavernier, sieur de la Forest dans deux actes de 1659.

Mgr Tanguay, volume I, page 560, le nomme Tavernier dit la Hochetière ainsi que l'abbé Faillon, volume II, page

(1) Cette réflexion est évidemment inspirée par la lecture du testament de Tavernier.

ES pou

A15, ce qui est ni conforme à l’acte de décès, ni à l’étymologie du nom tel que le même abbé Faillon l’établit dans le passage que nous venons de citer.

Ce n’est qu'à partir de 1657, que Tavernier apparaît dans les documents publics.

Le mai 1657 (greffe de Saint-Père), il est présent et signe au contrat de mariage de Pierre Gadois et Marie Pontonnier. Le 14 septembre 1658 (greffe Basset), il est présent et signe aux contrats de mariage de Michel Louvard et François Nadeau, puis de Simon Le Roy et Jeanne Godart. Le 5 novembre de la même année, il est présent à une vente de terre par Jean Milot à la fabrique de Ville-Marie.

Le 2 octobre 1659, Claude Antoine Jobard lui transporte le travail qu’il a fait sur quatre arpents de la concession de Charles Le Moyne, à la pointe Saint-Charles. Le Moyne s'était engagé à remettre ce travail sur une concession que Jobard devait acquérir.

Pour les droits de Jobard, Tavernier lui paye 270 livres en ‘“ bon castor gras, loyal et marchand.”

Trois jours plus tard, il est présent au contrat de mariage d'André Heurtebise et de Denise Lemaître, puis, le 9 décembre suivant, au contrat de mariage de Marin Heurtebise et d’Etiennette Alton. |

C’est dans ces deux dernières pièces qu’on le surnomme “ Sieur de la Forest ”. |

Son testament paraît avoir été écrit sous la dictée de Bailly qui devait avoir quelques connaissances légales, car il est témoin à une quantité d’actes. Le texte du testament est reproduit plus loin.

Tiblemont Prénom : Nicolas : Âge : 25 ans ; profession : serrurier.

Faillon, II, 415 et Tanguay, I, 568, le nomment Tillemont. Cependant, l'abbé Souart nous semble bien avoir

AE

écrit Tiblemont dans l’acte de décès, seul document où ce nom est mentionné.

Valets

Prénom : Jean ; âgé : 27 ans ; profession : menuisier.

Arriva en 1653. ‘Jean Valets (ou Valleys) de la paroisse de Teillé, pays du Main, aujourd’hui arrondissement du Mans, canton de Ballon, s’engagea à l’âge de 20 ans par contrat passé entre lui et MM. de Maisonneuve et de la Dauversière, le 30 mars 1653, à la Flèche, à joindre la recrue qui devait partir prochainement pour Ville-Marie (De Lafousse, notaire)’ (Faillon, II, 560.)

En 1654, il reçut de M. de Maisonneuve 500 livres pour s'établir à Ville-Marie à condition d’y résider. (Faillon, II, 188.)

Le 21 décembre 1654, Fiacre Ducharne et Jean Valets

s'engagent à bâtir, pour leur usage commun, une maison sur un arpent de terre dans l’enclos désigné pour la ville, avec promesse de défricher des terres lorsqu'ils pourraient le faire sans avoir à redouter les embuscades des Iroquois. (Faillon, IP E01) Le même jour, les mêmes colons s’obligent, envers la Compagnie de Montréal, de monter les fusils dont M. de Maisonneuve aurait besoin, à raison de 3 livres, 10 sous, et les pistolets au prix de 2 livres. (Faillon, II, 198.)

Le 30 mars 1655 (greffe Closse), Valets est un de ceux qui s'engagent à verser 100 sous par année au chirurgien Bouchard, pour ses soins.

Le 9 octobre 1658, il est mentionné au procès verbal des immeubles de Julien Daubigeon.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, son testament, par le fait qu’il est le seul dont on ait cité des extraits, acquiert une importance considérable, aussi le reproduisons-nous ici, en fac-simile et en transcription.

Ajoutons que le nommé Pichard, à qui Valets léguait ses biens, ne fut pas beaucoup plus heureux que le donateur, car le 14 avril 1661, il était tué à la pointe Saint-Charles.

L’inventaire des biens de Valets se fit par Basset en présence de Lambert Closse, le 26 mai 1660. Voici l’entête de cette pièce : ‘“ Inventaire des hardes trouvées en la maison et possession de Jean Pichard à la pointe Saint-Charles... ë On y constate que Valets était en bon état de fortune.

Parmi ses papiers est un bail de 4 arpents de terre, par Jacques Le Moyne successeur de Jean de Saint-Père, audit Valets et Jacques Morin.

Ses dettes s'élèvent à 39 livres, 5 sols.

DONATION FAITE PAR JEAN VALETS À Jean Pichard en dotte DU 18. AVRIL 1660

Pardevant Benigne Basset commis au greffe et tabellionnage de Villemarie en lisle de Montréal et tesmoins desnommez et Soubznez. fut present en Sa personne Jean Valets de pnt, en ce lieu, lequel desirant aller en party avec Lesr. Dollard, cour sur les petittes bandes hiroquoises et nos Ennemis, Et ne scachant comme Il plaira A Dieu disposer de luy penda. Ced. temps., A Volontairement fait et Constitué pour héritier Irrévocable en Cas qu'il Vienne faute de sa personne en Ced.’ Voiage et au’es qu'il pourroit faire cy apres, La personne de Jean pichard habitant de Ce Lieu Auquel Il Veu et Entend quapres son deceds Luy estre propre tous ses biens meubles et Immeubles presents, A la charge par led pichard, de fe. celebrer en cette parroisses quatre grandes messes hautes pour le repos de Son Ame et de payer Ses debtes qui Aucunes peut debvoir Ainsy fe. luy plaise, Promette. &e Obligeant &e Renoncant &c fait et passé À Villemarie en lestude du Nre lan GVI (1) Soixante ce dix huictiesme Jour dAvril Après Midy en pnee des sieurs Jean le Mercher dit la Roche et louis chartier tesmoins A ce requis et Soubzsignez Apres qe. led Valets a dit et déclaré ne scavoir escrire ni signer de Ce Enquis suiv. lordce. Jean le Mercher Chartier Basset Nore

(1) GVI ou MVI, signifient mil six cent.

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Fac-similé du testament Poe de Jean Tavernier.

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