SCÈNE III
LES MEMES, moins L’ABBE SOUARD.
Nos colons sont traqués be Par combien d’I roquois dans les bois embusqués ! Rôdant autour de nous comme autour d’une proie ne Nous feront-ils subir l'antique sort de Troie ? À - La ruse après dix ans s’empara d’Ilion, L:
Depuis vingt ans nous défendons notre Sion.
Notre ville devra de n'être pas tombée
Au concours de soldats dignes des Machabée,
JEAN LE GARDEUR
Pendant que nous luttons dans ce fort isolé Nous permettons de croître aux blonds épis de blé. En Le lis des clochers blancs nous devra sa croissance.
MAISONNEUVE
Et l’avenir, l’épi de la reconnaissance.
(Jean Le Gardeur, légèrement intimidé à cause de ce
qu'il va dire, mais avec l'allure martiale d'un soldat, puis s’'enhardissant graduellement avec le développement du dialogue :)
JEAN LE GARDEUR. Ds €
Je voudrais ce
pendant que le fardeau qu jour Fut allégé, sn
r mon épaule, par l’amour.
MAISONNEUVE (légèrement moqueur mais amical.)
Vraiment ! :
JEAN LE GARDEUR (souriant).
Le cœur n’est pas une v
ille imprenable.
: Il s'ouvre volontiers
aux traits d’un œil aimable,
MAISONNEUVE
(accentuant sa première intonation).
Vraiment !
JEAN LE GARDE
UR (fournant sa ca soldat dans se
baissés sur elle).
JEAN LE GARDEUR
squette de
s mains el les yeux
Et j'ai le cœur ercé d’un trait charmant ?
Si charmant
Je t'en souhaite
Eh bien,
Mais je n’ose parl
MAISONNEUVE (engageant).
JEAN LE GARDEUR (enhardi).
J'aime...
alors toute une myri
(réveur)
*.. que J'hésite à le dire.
Comment !
ade.
Comme on aimait dans l’Iliade er au moment des aveux.
MAISONNEUVE (grave el bienveillant).
Comme un bon père, Jean
» J'écouterai tes vœux.
TEAN LE GARDEUR (les yeux baissés),
T1 s’agit d’un sujet délicat
(levant des yeux observate
urs Sur Marïsonneu ve)
de Lucile ? ? ?
un
MAISONNEUVE
Ah! tu veux l’épouser. . Conquête difficile. As-tu donc oublié son long attachement À Dollard des Ormeaux ?
JEAN LE GARDEUR (d’une voix chaude et s’enthousiasmant graduellement.)
J’aime ce sentiment.
Je sais le souvenir ému qui vit en elle
Et la perle d’amour qui brille en sa prunelle. Mon cœur, en la Voyant, a l’instiact des soleils Qui vont sécher les pleurs aux calices vermeils. Je ne suis qu’un soldat riche de ses seuls rêves, Venu pour vous aider à fonder sur ces grèves Un royaume, toujours propice aux malheureux.
Je ne suis qu’un soldat, mais j’ai l’âme des De tous ces chevaliers,
Se ruaient à la gloire Pour Lucile, faut-il imiter les travaux
Du grand Roland luttant sans trève à Roncevaux, J'irai, je combattrai sur les monts, dans la plaine, Comme on luttait jadis pour une châtelaine,
Je veux la consoler de la mort de Dollard
Dont on doute si Peu, que, depuis son départ, J’achetai sa maison. Vienne Lucile y vivre!
C’est le rêve et l'espoir auxquels mon cœur se livre,
preux, qui, pour plaire à leur dame, avec des chants dans l’âme.