ARTHUR, FERNAND, DOLORES
dolores. Tous deux ensemble...
(Effrayée, elle fait un mouvement pour *e retirer.)
FERNAND, la retenant. Restez... restez, de grâce !... j'ai désiré vous voir...
dolores. Mats c’était' sans témoin, ce me semble, et non pas en présence d’un homme de qui tout aveu serait iuutile , toute réparation impossible... '
Arthur. Dolores...
fernand. Et si au contraire c'était devant lui que j’aie voulu vous parler ? si cette réparation était possible encore?..
DOLOREA. Que dites-vous ? mais ne in'avez-vous pas appris toute sa vie passée, ne m’avez-vous pas dit que je devais le détester et le maudire...
fernand. Et si je vous avais trompée ?
ROLOAES.
SI
dolores. Vous !..
fernand. Et si , après m’être emparé de votre main par une déloyauté , j’avais voulu m’emparer aussi de votre cœur par une calomnie?..
arthcr , bas. Que dites-vous , monsieur ?..
fernand. Silence!..
dolores. Une calomnie, ob ! mais, parles, parles...
FERNAND. Eh bien! oui, senora, je voulais votre amour que je savais À un autre, et je le voulais 1 tout prix. . . au prix de ma propre estime , au pris de l’honneur... oh ! ne me condamnes pas trop cruellement, Dolores; car si je fus <onpable, c’est par tendresse pour vous. A., car l'amour violent qui a causé ma. faute eut été assez fort aussi pour me faire accomplir un grand sacrifice... si votre bonheur l’eût exigé...
DOLORES. De grâce , expliquez-vous mieux...
ARTHUR, las. Mais c’est une dérision !
Fernand, tas. Ecoutez encore!..
dolores. Q uel motif vous engage maintenant?..
Fernand. Quel motif.... votre enfant, Dolores... sans lui, j’aurais joué jusqu’au bout ce rôle honteux ; sans lui , j’aurais espéré que dégagée d'un premier amour, le mien eût pu vous rendre heureuse....
niais je sais à présent que rien ne peut vous désunir, je sais que mon crime serait inutile, et vous en faire l'aveu, en subir l’humiliation devant vous pour vous rendre au bonheur.... c’est un cruel supplice que je m’impose. . .
dolores. O ciel!... prenez pitié de la confusion de mes pensées... quelqu'un m’a trompée, indignement trompée, n'est-ce pas ?... mais abuser une pauvre fille... la faire passer en un instant d'une vie douce et honorée à un horrible supplice de désespoir et de honte.... oh ! non , celte lâcheté, ce ne peut être un homme de ma nation , de ma famille, ce ne peut être vous, mon parent, vous Fernand, qui l’ayez commise... et pourtant...
FERN \nd,ù pari. Mon Dieu! donnez-moi la force de supporter cette dernière honte, d’accomplir ce dernier sacrifice. {Haut.) Et pourtant ce fut moi, bien moi qni vous trompai. Il me fallait un crime dont je pusse accuser mon rival , eh bien ! je lui prêtai celui que m’avait fait commettre ma
haine pour le monde, car ce fut moi qui pour me venger de l'égoïsme des hommes dont j’avais tant souffert, jurai â Londres de rendre le mal pour le mal , et d’employer la ruse pour me faire aimer ; ce fut moi qui dressai des pièges â l'innocente jeune fillle.
ARTHUR. Oh ! monsieur, monsieur.
FERNAND, lui montrent la bague. Silence... je vous l’ordonne...
dolores. Use pourrait... Arthur... oh!
tout cela je le croirais avec joie, avec bonheur... mais s'il me restait une crainte, un doute... n’est-il aucun moyen, aucune preuve?..
fernand. Une preuve!...
(Fortune entre.)
seaoeeaaeBeeatw r' oaiMia a ooooaaaaoaaooiwaaaao»