‹ Dom Jean MabillonChapitre 15 sur 40 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

« Be la savante Antiquité ^ Mabillon avec soin rechercha les ouvrages :

La savante Postérité Pour ceux de Mabillon aura dans tous les âges Une semblable avidité.

<( Nostra Mabilloaium viderunt ssecla modestum Perpétua deinceps laude superbus erit. »

(1) Plusieurs copies de cette peinture ont été faites : l'une en 1868 par M. Hécart, appartient à la Fabrique, au presbytère de Saint- Pierremont, l'autre est à l'Hôpital Saint-Marcoul. On voit aussi au

(2) Iii-8% Amsterdam, 1768, p. 42.

De nos jours les divers ouvrages sur la Biographie provinciale n'ont eu garde d'omettre rillustre bénédictin, dont M. Tabbé Bandeville citait avec tant de fierté le nom au Congrès de Reims en 1845. Le vaste recueil manuscrit des Ardennes Illustrées (1), légué par M. Ch. Pauffin à la ville de Rethel, contient dans le carton descriptif de Buzancy une substantielle étude sur Mabillon, ornée de trois portraits gravés. La grande publication de M. Elizé de Montagnac, intitulée aussi Les Ardennes Illustrées (2), renferme au tome II une brève notice sur le religieux ardennais, suivie d'une vignette offrant son portrait accolé à celui de Charles CofiBn. Ce dernier, poëte^ littérateur et professeur d'un grand mérite, né en 1676 à Buzancy et mort à Paris en 1749, était digne d'être associé à son compatriote (3), mais on ne peut les comparer.

Cependant le nom de Mabillon n'est plus aujourd'hui fréquent dans le pays^ et l'on ne con-

château de Thugny près Rethel, dans la galerie des illustrations da pays, un portrait sur toile de Mabillon que fit exécuter M. le comte de Chabrillan par M. Confoury : la copie est fidèle sauf le costume que l'artiste au lieu de noir a peint en blanc. — M. Doyen , curé de Saulces-Champenoises, m'écrivait le 10 Décembre 1878 : « Il y a encore dans ma paroisse , chez la famille Tassin-Tassin , le cachet de Dom^ Mabillon, et le portrait est à Coulommes-les-Attigny , chez un Monsieur Létinois, cultivateur, je crois. »

(1) Cette collection donnée à la ville de Rethel, le 15 avril 1859, par son patient compilateur M. Ch. PaufBn, est formée de 23 cahierg in-folio maximo. La Notice sur Mabillon se trouve dans le 21* cahier et comprend 17 pages. *

(2) 4 vol. in-folio, Hachette, 1868-1874.

(3) V. sur Ch. Coffin la Biogr. Ardenn. , T. I, p. 257, et son Elog. HUtor. en tête de ses Œuvres. 2 vol. in-12, Paris, 1755.

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naît que par les femmes la descendance de cette famille autrefois si nombreuse (1). L'humble maison de Saint-Pierremont ^ où naquit Jean Mabillon, était déjà inhabitée en 1869, lors de la visite qu'y fit M. Tabbé Gainet; elle appartenait alors à M*^* Catherine Thomas, âgée de 80 ans; rintérieur reste délabré, mais son ensemble est conservé et peut encore subsister longtemps.

Il était donc temps de relever par un monument durable le souvenir de Mabillon dans son village natal, et d'y glorifier publiquement des vertus dont la tradition s'est maintenue. Ce grand nom y est toujours vénéré depuis deux siècles, et M. Gainet a pu noter (2) ce propos qu'il recueillit en 1869 de la bouche d'un des anciens du pays : « Mon vieux père nous a souvent répété que lorsque cent ans seraient écoulés depuis la mort de Jean Mabillon, il serait relevé corps saint : et nous attendons toujours. » En parlant ainsi, ce vieillard exprimait mieux que ne le ferait un long panégyrique, combien la sainteté popularise et perpétue la renommée d'un savant. Cette opinion sur la sainteté de Mabillon se retrouve dans une lettre d'un chartreux d'Abbeville , qui écrivait à D. Ruinart le 2 Août 1709 : « Personne ne sait mieux que votre révérence que nostre bon père m'aimoit un peu; je ne scaurois espérer assez de vie pour

(1) Renseignements très-obligeamment fournis par M. l'abbé Guillaume, doyen de Buzancy, dans ses lettres de mars et d'avril 1878.

(2) Bull9iin du Diocèse de Reims (Nov.

tft bon HAfilLLOBt.

être authorisé par Téglise à luy demander son intercession .... (1) j»

Le monument consacré à la mémoire de dom Mabillon a sa place naturelle dans Téglise où il fut baptisé, et qui reste encore, dans son ensemble, à peu près ce qu'elle était au xvii* siècle (2). C'est dans ce but que Tabbé Bouillot avait extrait en 1799 un fragment d'une côte lorsque ses restes furent exhumés ; il espérait faire placer ce pieux dépôt « dans un monument sans faste que le patriotisme consacrerait un jour au saint religieux dans Téglise paroissiale de Saint-Pierremont. » Après avoir consigné ce vœu dans la Biographie Ardennai^e^ le savant érudit ne put l'accomplir et mourut près de Saint-Germain-en-Laye le 30 Août 1833 (3), sans qu'il subsiste aucune trace de la destination qu'obtint le fragment qu'il avait recueilli. Mais le projet d'honorer le souvenir de Mabillon ne périt pas avec lui et se manifesta en différentes circonstances. Le cardinal Gousset, dans une visite pastorale à Saint-Pierremont, lé 14 Juin 1853, visita avec respect la maison natale de Mabillon et émit le désir qu'un marbre fut

(1) BxU, Nat. mss. Français, 19639, t? 22.

(2) V. à VAppendice les détails sur le village, l'église de Saint- Pierremont et le monument de D. Mabillon.

(3) Né à PhilippeYille en 1750, l'abbé Bouillot avait fait ses études chez les Jésuites à Dinant, et entra ensuite chez les Prémontrés à la Val-Dieu. Le serment qu'il prêta à la Constitution civile ne lui rendit que plus amers les jours troublés de la Révolution. L'amour des lettres et les recherches historiques le consolèrent ; après le Concordat, il reprit le ministère, fut curé des Loges , puis curé du Mesnil près Saint-Germain. (Biogr. Didot)

âA MÉMOIRE. i7S

placé sur la porte pour lui conserver son caractère historique : on ne réalisa pas sur le champ cette idée du cardinal qui se connaissait en savants et tenait pour cela en si haute estime le bénédictin né dans son diocèse. Du moins, obéissant au sentiment de vénération si populaire dans la contrée, M. le doyen de Buzancy fit graver en 1869 le nom et les dates de la vie de Mabillon sur la muraille de Téglise, en attendant qu'on pût compléter ce projet.

Depuis lors une province voisine, la Lorraine, non contente de posséder les traits de dom Calmet au Mesnil-la-Horgne et à Commercy, voulut encore honorer son tombeau en inaugurant à Senones^ le 26 Octobre 1873, une statue de M. Falguière. En Champagne, il n'existe de portrait du grand Mabillon ni aux Archives des Ardennes à Mézières, ni au Musée ou à la Bibliothèque de fleims, ni au palais de TArchevêché. Mais en 1878, un concours pour ainsi dire spontané vient d'ériger à sa mémoire, sur l'un des piliers de son église natale^ une inscription encadrée dans un monument simple et modeste comme le caractère de l'homme qu'il doit honorer.

En même temps, la Fabrique acheta pour la sauvegarder l'humble maison qui abrita l'enfance de l'illustre érudit, et qui perpétue, comme celle de Jeanne d'Arc à Domrémy, le souvenir de ces fortes générations rurales, qui donnèrent à la France ses meilleurs appuis au jour du danger et tant de savants laborieux dans ses siècles

174 OOtf MABILLON.

littéraires. On peut dire de Mabillon, de Gerson, et de Sorbon, issus tous trois de souche rurale, ce qu'Horace disait des grands hommes : Fortes creantur fortibus et bonis. C'est à Sy que repose Claude Mabillon, grand-père du bénédictin, mort à cent seize ans; c'est à Saint-Pierremont que fut inhumé son père Etienne, mort à cent six ans, ayant conservé jusqu'à la fin cette vigueur native qu'avaient entretenue la simplicité de ses mœurs et la vertu de son âme ; c'est à Neuville et Montgon que fut curé Jean Mabillon, l'oncle et le premier maître du jeune savant lorsqu'il quitta l'école tenue par Gerson Rousselin à Saint-Pierremont; c'est à Beaumont-en- Argonne que vécut leur neveu Etienne Mabillon, tailleur d'habits qui présidait en 1684 et 1687 la justice de Beaumont , et éleva quatorze enfants dans l'honneur et le travail. Ces souvenirs, inséparables de la mémoire de D. Mabillon, méritent d'être pieusement recueillis et fidèlement conservés parmi les traditions de son pays nataU

Maison naTalë de jean mabîllôn

A SAINT-PIERREMONT

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