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millier d'hommes, fut tue dans sa fuite.
La guerre etait terminee. Elie avait dure plus de cinq ans. Elle avait coute au Bresi!
un milliard et demi, et 5o,ooo hommes, tues sur les champs de batailles, ou morts dans les h6pitaux et campements, k ia suite de blessures ou de maladies, parmi lesqueiles le cholera qui avait fait de grands ravages en 18G7 (1).
(i) Vdici la statistique exacie dcs penes subies par les bclligeranls, depuisl'allaque faite a rimproviste, — sans declaration de guerre, — par Lopez llcontre la province br&iliennedeMaito-Grosso(2G d^cembre 1864) jusqu'au dernier combat (i" mars 1870I :
Br^Blliens: 5 ,858 tuis (doni 563 offieiers), 24,804 blesses (2,o5i officiers), 1,595 disparus et prisonniers(39of- (iciers); total, 32,254 Br^silietis {ifibS officiers); a drapeaux (le pavilion de la canonnifire VAmtanbuhy, " Ic drapcau du 4* bataillon d'artillerie, fait prisonnierje 3 nov. 1 867), 65 canons, dont 60, au commencemenl de la guerre, dans la province de Matto-Grosso, 4 a la bataille d'Estero-Bellaco (2 mai 1866) et 1 a la seconde baiaillc de Tuyuly (3 nov, 1867); unc canonnierc, VAmambahy (2 canons), prise par les Paraguayens dans le Matto-Grosso; le cuirassd le Rio -de •Janeiro (G canons), la corvette la Jequilinhonha (8 canons), le transport le Colonel ■ Fidel is el un ehaland, tousles quaire ditruits en combat. — Argentina : 1,572 tues (ro5 officiers}, 4,026 blessds (374 officiers), 343 prison-
Le Bresil se contenta de son triomphe final.
II ne reclama, nous Tavons dit, aucun agrandissement territorial.
Les Bresiliens se retirerent du Paraguay, satisfaits d'avoir venge leur honneur et d'avoir purge ce pays d'un tyran, dont les crimes eurent dans toute TAmerique un grand retentissement.
niers (16 officiers); total, 3,944 hommes (495 oj/iciers); 8 drapeaux (les pavilions des deux canonnieres attaqudes par Tennemi le i3 avril i865, sans declaration de guerre, a Corrientes; 2 dtendards de cavalerie le 24 mai 1866; 3 dtendards de I'artillerie le 3 novembre 1867; un drapeau le 27 ddc. 1868); i5 canons, dont 3 abandonnds dans la ville de Corrientes, et 12 pris par les Paraguayens le 3 novembre 1867; et les canonnieres 25 de MayOf de 6 canons, et Gualeguay, de 2. — Urugnayens : 488 tuds (dont 40 officiers) , 704 blessds (73 oflficiers); total, 1,192 hommes (11 3 officiersy, le drapeau du bataillon Independencia, le 24 mai 1866. — Total general pour les allies : 39,390 hommes hors de combat, dont 3,261 officiers^ 8 drapeaux et etendards, 3 pavilions, 77 canons, i cuirassd, i corvette, 3 canonnieres, I transport et i chaland.
Paragnayens : Environ 85, 000 tues, blesses ou prisonniers; 545 canons, dont 5o retombds entre les mains des Bresiliens dans le Matto-Grosso, 261 pris par les
lylJ UOM PEDRO II.
Dom Pedro II fut jusiement fier de cc triomphe qui illustra sa palrie, son armeeet son gendre.
II en dtait d'autant plus fier qu'il n'avait jamais doute de Tissue de cette guerre nationale.
Quelques-uns de ses ministres et des memhres du parlement s'etaient un peu decouragi;s, au cours de cette longue lutte; car, cette guerre lointaine exigeait de lourds sacrifices d'argent. Le theatre de la guerre, le Paraguay,
Dresitieiis en combai. sur le lerriioire paraguayen, [3 par Ics Argi'ntins, i par les Uruguayens, ct 217 remis ou abandimn^s aux allies (reddition d' Uruguay ana, fivacualiun J't[umait&, rcddilion d'lsla-Poi, d'Angostura, etc.); 131 drapeaiix, dont 93 pris par Ics Bresiliens, 11 paries Argcnthis, 3 par les Vruguayens, et 14 remis aux dlies; 3<) navircs ct 12 chalands (chatas), ayant ensemble 112 canrins (8 canonnieres et 12 chalands, armes de S3 ciiiTDiis, ont itfi ddtruits ou pris par \cs Bresiliens; 22 t-iinimnicrcE et petils batiments ont ili couliisiiu brules (larles I'araguayens cux-m£mes).
Dans les pertes des Argentins [hommcs hors de combat) sDnt comprises celles dela legion paraguayenne qui servait dans leur arm^e.
se trouvait separe de la partie peuplee du Bresil par des deserts immenses.
Quelques ministres et quelques deputes croyaient qu'il etait preferable de traiter avec Lopez, que de continuer a le combaltre.
Dom Pedro II n'y consentit jamais, d'accord, d'ailleurs, avec la majorite de son peuple.
<c J'abdiquerai plutot que de traiter avec un pareil monstre, » s'ecria-t-il a plusieurs reprises.
II avait foi dans la justice de sa cause, dans le patriotisme des Bresiliens, et il eut a coeur de sauver son honneur et celui de son pays.
La guerre du Paraguay fut une des plus grandes periodes de son regne.
Des qu'un gouvernement provisoire, compose de Paraguayens, eut ete installe a TAssomption par les soins du ministre du Bresil, Silva-Paranhos, vicomte de Rio-Branco (i5 aout 1869), le comte d'Eu adressa a ce gouvernement une lettre, pour lui de-
mander remancipaiion des esclaves qui existaient encore au Paraguay.
Voici ce document :
« Au quartier general d'Arecutagui, 12 septembre 1H69.
« Messieurs,
« Sur plusieurs points duterritoire de cette rcpublique, que j'ai deja parcourus a la tele des forces bresiliennes en operations centre le dictateur Lopez, il m'est arrive plusieurs fois de rencontrer des individus se disant esclaves, et nombre d'enire eux se sont adresses a moi pour me demander de leur accorder la liberte et de leur fournir un veritable motif de s'associer a la joie qu'eprouve la nation paraguayenne, en se voyant affranchie du gouvernement qui Topprimait.
i( Leur accorder I'objet de leur demande eut ete pour moi une douce occasion de satisfaire les sentiments de mon coeur, si j'avais
eu le pouvoir de le faire. Mais le gouvernement provisoire, dent Vos Excellences sent chargees, etant heureusement constitue, c'est a lui qu'il appartient de decider toutes les questions qui interessent Tadniinistration civile du pays. Je ne puis done mieux agir que de m'adresser a vous, comme je le fais , pour appeler votre attention sur le sortde ces infortunes, dans un moment ou il n est question que d'emancipation pour tout le Paraguay. Si vous leur accordez la liberte quUls demandent, vous romprez solennellement avec une institution qui a ete malheureusement leguee a plusieurs peuples de la libre Amerique par plusieurs siecles de despotisme et de deplorable ignorance.
« En prenant cette resolution qui influera peu sur les productions et les ressources materielles de ce pays, Vos Excellences inaugureront dignement un gouvernement destine a reparer tous lesmaux, qu'a causes une longue tyrannie, et aconduire la nation paraguayenne
dans les voies de cette civilisation qui entraine les autres peuples du monde.
« Que Dieu protege Vos Excellences !
« Gaston d'Orl^ans. »
Le gouvernement provisoire du Paraguay, compose de Cirillo Rivarola, Charles Loizaga et Joseph Diaz Bedoya, decreta, ie 2 octobre suivam, Fabolition totale et immediate de I'esclavage (i).
(i) Nous avons tcouvf la letcre du cohtb d'Eusu gouvernemenl provisoire du Paraguay dans I'ouvrage dc M. Edouahd HervS, de I'Acad^mie (can f she, Les Princes d'Orleans. La r^ponsedu gouvernement provisoire el le decret du 2 octobre 1869 se irouvent publics dans le Diario do Exercito em aperacHes sob o commando em chefe de S. A . marechal conde d'Eu, p, 242-243 {Journal de Carmee en operations sous le commandement de S. A. le marechal comle d'Eu). — Ce journal a 6t6 6cTit par M. d'Escba- CNOLLE Taunav, aldo de camp du prince.