partie, page 77) « Deve-se observar esta ley, com a
modificacao de que fiquem servindo e obedecendo a seos patronosatd terem aidadede 14 ou i5 annos; nSo por escravidao, senSo sdmente por recompensa e gratificafao do beneficio da criafSo e educacSo que d'elles receberao » (Ibid., § 18, page 81).
(2} On sait que la premiere edition de cet ouvrage a 6t6 publide a Geneve en 1781. On pourra trouver le passage cit^ dans le J. VII des Ouvrages de Condorcet, Edition de 1847, page 70.
Ce chapitre dit en commencant :
« II suit de nos principes que cette justice inflexible a laquelle les rois et les nations sont assujettis commeles citoyens, exige la destruction de Tesclavage.
« Nous avons montre que cette destruction ne nuirait ni au commerce, ni a la richesse de chaque nation, puisqu'il n'en resulterait aucune diminution dans la culture.
« Nous avons montre que le maitre n'avait aucun droit sur son esclave ; que Taction de le retenir en servitude n'est pas la jouissance d'une propriete... ; qu'en affranchissant Tesclave, la loi n'attaque pas la propriete, mais cesse de tolerer une action qu'elle aurait du punir par la peine capitale. Le souverain ne doit done aucun dedommagement au maitre des esclaves... »
Mello Freire, le plus grand des jurisconsultes portugais, ecrivait en 1 796 :
« L'esclavage des negres est tolere au Bresil et dans nos autres possessions, mais j'avoue
que j'ignore completement a quel titre et de quel droit (i). »
Les quakers de I'Amerique du Nord avaient condamne I'esclavage des le dix-seplietne siecle. Rocha a public son Hvre en 1 ySS, Condorcet en 1781, bien avant la Declaration des droits de I'homme de notre giorieuse Revolution. Cette minorite de mecontents, craignant d'etre lesee dans ses interets, proteste justement au moment ou tous les peuples Hbres vontcel^brer le centenaire de 1789!...
Le respect de la loi qui garantit la propriete, a dte invoque par les planteurs qui protestent contre rabolition de I'esclavage .
Mais la loi bresilienne du 4 novembre 1 83 r , declarait « libres tous les esclaves qui entraienr sur le territoire ou dans les ports du Bresil w, et, en deplt de cette loi, prcs d'lin million d'hommes Hbres avaient ete reduits en esclavage !
II n'y a pas au Bresil une autre classe qui
(1) Mello Freibe, Direito Civil, iiv. II, titre 1", ^ 12.
ait ete protegee par les pouvoirs publics comme celle des planteurs. Onameme laisse sans execution, pendant des annees entieres, la loi de 1 83 1, que leurs amis ont essaye de faire abrogeren 1848 et i85o. Mais le votede la Chambre, repoussant leur proposition, est venu augmenter Tautorite morale de cette loi.
« L'esclave, dit Cochin, n'est pas une propriete, et c'est precisement pour cela qu'on Tafifranchit. L'emancipation n'est pas la privation du droit de propriete, elle en est la negation. Si on poussait a bout les principes, c'est a Pesclave que serait due Tindemnite, puisqu'il a ete prive violemment du fruit de son travail (i). »
Cette defense des droits naturels et legitimes de rhomme, fut soutenue avec eloquence, au Senat du Bresil, lors de la discussion de la loi Rio-Brancoen 1871.
Ce fut le senateur Salles-Torres-Homem,
(i) A. Cochin, V Abolition de Vesclavage. 2 vol. — Paris, 1 86 1, page 145 du !«' vol.
DOM PEDRO II. 3oi
vicomte d'lnhomirim, qui, dans la seance du 4 septembre 1871, s'exprima en ces termes, dans un de ses plus beaux discours :
a Eh bien, Messieurs, si Ton parvient k d^montrer que la propriete humaine, loin de se fonder sur le droit naturel, en est, au contraire, la plus monstrueuse violation, et qu'au lieu de s'appuyer sur la justice, cette propriete ne repose que sur I'iniquite et sur ia force brutale, alors la pr^tendue raison de son inviolabilite s'evanouira et la loi qui I'a protegee jusqu'a ce jour, n etant qu'une erreur ou un crime social, devra etre supprimee, comme toute autre loi funeste aux interets de la nation.
« Or, Messieurs, ce n'est pas au milieu de cette auguste assemblee ou, a cdte de tant de lumieres et d'experience, dominent les sentiments les plus eleves, que je m'occuperai de prouver que des creatures intelligentes, douees des memes facultes que nous, ayant la meme origine, appeles aux memes destinees, ne
sauraient etre assimilees, au point de vue de la propriete, au poulain ou au taureau, aux fruits des arbres et aux etres animes ou inanimes de la nature, soumis a la domination de rhomme. Doctrine absurde et execrable ! Les etres dont il est question dans la loi qu'on vous propose, n'existent pas encore : la poussiere dont leur corps doit etre organise flotte dispersee sur la terre; Tame immortelle qui doit les animer repose encore, sereine et libre, dans les mains du pouvoir createur, et, deja, Tesclavagiste impie les reclame comme sa propriete, deja il les revendique du domaine de Dieu pour les souffrances de la servitude !
« En ecoutant les reclamations des adversaires de la reforme, en les entendant parler si haut de leur droit de propriete, on est vraiment etonne quails aient oublie si vite que la plus grande partie des esclaves qui labourent leurs terres, sont les memes ou les descendants de ces malheureux qu'un com-
fe
DOM PEDRO II. 3o3
merce inhumain a introduits criminellement dans notre patrie au mepris des lois et des traites! Oui, ilsoublient quede i83o a i85o, plus d'un million d'Africains ont ete livres de la sorte aux plantations, et que pour arriver a recevoir cette enorme quantite de betail humain, il a fallu doubler et meme tripler le nombre des victimes, en arrosant de leur sang et en couvrant de leurs cadavres le fond des mers qui nous separent de la terre de leur naissance!... »
On a pretendu que tous les pays qui ont aboli Tesclavage ont paye une indemnite aux proprietaires depossedes.
Cela est inexact.
Nous avons montre deja que les Eiats-Unis ont impose Tabolition aux planteurs du Sud a coup de canons et a coup de baionnettes, et que ce sont les Etats du Sud qui ont du payer une indemnite au Nord.
Dans TAmerique du Sud, le Chili^ qui, des
304 r)OM PEDRO 11.
le 1 1 octobre i8i i, avait decrete la liberte des nouveau-nes et defendu lintroduction des esclaves, a prononce en i823 rabolition totale, immediate et sans indemnite. C'est le 23 juin que cette loi fut votee par le « Senat conservateur », sur la proposition de Jose Miguel Infante. Le directeur supreme de la republique, general Ramon Freire, annonca a TAssemblee qu'il croyait nepas devoir sanctionner la loi si une indemnite n'etait pas accordee aux proprietaires. II eut ete facile de la payer, car il n'y avait que 5,ooo esclaves. Les representants du peuple chilien repoussferent cette pretention ( i ) , et la loi fut promulguee le 24 juillet.
(i) La r^ponse du S^nat conservateur porte la date du 3 juillet 1823. Elle commence ainsi : — a Cuando V. E. confiesa cuan barbara, injusta y cruel ^s la esclavatura, no alcanza el Senado como los infelices esclavos pueden llamarse una propiedad de los injustos poseedores, ni como si diga que estos esclavos pertenezcan exclusivamente i los ciudadanos de cuya propiedad particular no puedan ser despojados sin competente indemnisacion. El Senado pregunta si la propiedad
DOM PEDRO 11. 3o5
Outre ces deux repubiiques, dans plusieurs autres de TAnierique I'aboliiion fut prononcee sans que les proprietaires d'esclaves aient ete indemnises. Nous aliens les citer :
Republique Argentine. — Liberte des houveau-nes, loi du 2 fevrier 181 3, de I'Assemblee generate constimante. Abolition totale prononcee par la Constitution votee a Santa-Fe et promulguee le i"^ mai i853. II y eut promesse d'indemnite moyennant une loi sp6:iale qui n'a jamais ete votee.
Ripublique Orientate de VUruguay, — Liberte des nouveau-n^s, loi du 7 septembre 1825 de I'honorable Salle des representants de la Province Orientale de I'Uruguay.
Abolition totale, loi du 12 d^cembre 1842 du Congres de la republique. L'article 4
pecuniaria, auponiendo que existiese habia de ser mas sagrada que el derecho de tibenad inhcrente i todos los hombres, y si este no es mas aniiguo que el que pudo dar una ley absurda y tiranica— . >i Ce document est signfi par le president Augustin Evil par le secretaire D' Cahilo Henriquez.
3o6 DOM PEDRO 11.
declarait qu'une loi posterieure s'occuperait de rindemnite, mais elle ne fut jamais votee.
Republique du Paraguay. — Liberie des nouveau-nes, decret du 24 novembre 1842.
Abolition totale sans indemnite, decret du 2 octobre 1869.
Republiques de VAmirique Centrale (San- Salvador, Guatemala, Nicaragua, Honduras et Costa- Rica). — L'abolition totale et immediate y fut votee par le Congres en 1824 (loi du 17 avril) avec promesse d'indemnite •, mais le congres du San-Salvador, un mois apres, decreta Tabolition sans indemnite (loi du 25 mai), et dans les quatre autres Republiques qui formaient la Confederation, aucune loi d'indemnite ne fut votee.
EtatS'Unis du Mexique. — L'abolition totale sans, indemnite y fut decretee le 6 decembre 1810 par Hidalgo, chef de la revolution de rindependance. Dans un decret de cette date il a somme les maitres de donner la liberte a leurs esclaves dans le delai de
DOM PEDRO II. Soy
dix jours, sous peine de mort. Mais Tesclavage, retabli, fut aboli de nouveau par le decret du 1 5 septembre 1829 et par la loidu 5 avril 1837. Dans cette loi il y avait promesse d'indemnite, mais elle n'a jamais ete reglee, ni payee.
Done, nous avons deja onze Etats de I'Amerique, qui, comme le Bresil, n'ont pas paye d'indemnite parce qu'ils ont considere les anciens proprietaires suffisamment rembourses du capital employe par la jouissance de plusieurs annees de travail non retribue.
La Colombie (loi du 21 mai i85i), VEquateur (loi du 27 septembre 1862), le Venezuela (loi du 24 mars 1864), le Perou (decret du 9 decembre i854)abolirentresclavage, — le nombre des esclaves n'etait pas grand dans ces repu bliques, — et etablirent une indemnite a payer aux anciens maitres, mais nous ignorons si elle a ete effectivement payee. En ce qui concerne le Venezuela, on nous informe que les titres donnes en payement aux an-
3o8 DOM PEDRO II.
ciens proprietaires font partie, encore aujourd'hui, de la dette interieure consolidee de la Republique. II est possible que les porteurs de ces titres solent plus heureux que les etrangers qui ont employe leur argent dans les emprunts exterieurs de plusieurs Etats hispano-americains.
Quant aux esclaves des possessions europeennes, le cas etait tres dififerent. L'emancipation n a pas ete votee par les representants ou par les legislatures coloniales, elle a ete imposee aux colonies par la metropole. Cependant, en France, la Convention Nationale prononfa, en lygS, Tabolition immediate et inconditionnelle. Le Portugal et FEspagne abolirent graduellement I'esclavage, sans indemnite, comme le Bresil. Le Danemark, la Suede, la Hollande, TAngleterre et la France (resclavage avait ete retabli, dans nos colonies) payerent ce qu'on a appele, sans aucune raison, une indemnite, car ce n'etait pas le prix de I'esclave qu'on accordait.
DOM PEDBO 11. 309
Cettc question de Tindemnite n'etair importante que pour les colonies anglaises et franfaises, ou les esclaves etaient nombreux.
Les autres colonies europeennes en avaient peu.
L'Angleterre paya des sommes variant entre 25 livres {625 fr.) et 14 livres (35o fr.) par esclave. La France paya en moyenne 5oo francs par esclave. Gela a coute a I'Angteterre 18,669,401 livres, 10 shellings et 7 deniers (466,735,040 tr.) outre 61,147 livres de frais (employes, etc.).
La France a paye 1 2 millions.
On avait eu la pensee d'allouer non une indemnite, mais un secours aux cultivateurs.
On s'est trompe. L'argent de la mdtropole n'est pas alle encourager t'agriculture : il est tomb^ presque entierement dans les mains des commissionnaires du Havre, de Paris, de Londres et de Liverpool, creanciers des planteurs des colonies. Car,c'est une chose averee, que la ou il y a de grandes proprietes exploitees
3lO DOM PEDRO II.
par des esclaves [latifundia perdidere Ita- Ham, disait deja Pline le Naturaliste), la ou il y a Tesclavage, la situation des planteurs est en general mauvaise. Carlier Ta dit, en parlant du proprietaire d'esclaves aux Etats- Unis : — « C'est le Deus nobis hcec otia fecit. Sa fortune Poccupe mediocrement. II a un intendant pour diriger sa culture. II envoie sa recolte a un commissionnaire qui se charge de la vendre. Son seul souci est de se procurer des negres dont il a toujours besoin, de voir de haut toutes choses, et d'emprunter, quand il est assez imprevoyant pour ne pas economiser en vue de mauvaises recoltes... »
Au Bresil, depuis longtemps, il y a eu des commissions d'enquete « sur Tetat de Tagriculture )). De tout temps, il y a eu au Bresil un grand nombre de planteurs dont la situation etait mauvaise. En regie generale, Thomme qui exploite des esclaves ne connait pas la prevoyance et Tepargne.
DOM PEDRO II. 3l 1
Le malaise de Tagriculture venait precise ment de Tesciavage.
Les mecontents voudraient que TEtat^ c'est-a-dire la grande majorite de la nation qui ne possedait pas d'esclaves, payat une indemnite de 5oo millions, comme Ta fait la riche Angleterre pour ses colonies. Dans le cas du Bresil, Targent ne sortirait pas du Tresor d'une metropole : il serait verse par les contribuables bresiliens...
II n'y aura jamais un Parlement, au Bresil, capable de voter une pareille indemnite, c'est-a-dire d'imposer au peuple une si lourde charge, et tout bon patriote doit, comme M. Andrade Figueira, dire cette verite aux planteurs mecontents, pour qu'ils ne continuent pas k avoir des illusions a ce sujet. Les abolitionnistes n'ont jamais rencontre un adversaire de plus de talent, de plus de tenacite et d'energie que M. Andrade Figueira. II les a combattus sans treve jusqu'au i3 mai 1888, mais le lende-
3l2 DOM PEDRO II.
main, lorsque la question de rindemnite a ete soulevee, il a eu la noble franchise de dire loute la verite aux planteurs.
Cependant, si une indemnite, qui, a notre avis, serait une grande injustice, etait votee par les representants du peuple bresilien, Dom Pedro II ne refuserait pas sa sanaion a la loi; car, nous Tavons dit, il n'a jamais fait usage de son droit de veto. II connait fort bien, ainsi que la princesse imperiale, le role d'un souverain constitutionnel. Certainement ils n'ont manifeste aucune opinion ni favorable, ni contraire a I'indemnite. lis se conformeront en tout cas a la volonte de la nation.
Nous croyons que la seule loi raisonnable et juste sur cette matiere, ce serait celle qui accorderait une compensation aux anciens maitres d'esclaves achetes apres la loi du 28 septembre i885, s'il etait prouve, toutefois, que ces esclaves n'etaient pas des Africains importes apres la loi du 4 novembre i83i.
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Oui, il y a eu au Bresil, dernierement, comme en 1871, des protestations contre I'abolition de Tesclavage. II y a des platiteurs qui se revoltent contre la loi nouvelle, parce qu'ils se volent contraints de payer, desormais, des salaires... II y a des citoyens d'un pays libre et eclaire qui protestent, parce que, depuis le i3 mai 1888 la loi les a places dans la situation de tout industriel ou proprietaire qui, dans les autres parties du monde civilise, emploient des ouvriers ou des travailleurs libres...
Comme il est difficile de vaincre completement les prejuges et I'esprit de rouiine!...
Ceiie minorite, d'aJUeurs, est insignifiante, car, depuis longtemps, la grande majorite des Bresiliens ne possedait plus d'esclaves.
Mais, quel que soit leur petit nombre, loujours trop grand dans un pays libre, les Bresiliens qui sent mecontents de i'emancipalion des esclaves finiront par comprendre
qu'elle a ete un bienfait, et pour le Bresil et pour les agriculteurs eux-memes.
Apres la suppression de la traite, les benefices des planteurs , malgre de sinistres propheties, devinrent plus importants, par ce seul fait que les esclaves, traites avec plus d'humanite, travaillaient avec plus d'ardeur; de meme, aujourd'hui, on s'apercevra bientSt que le travail de Thomme libre est autrement productif et fecond ,que celui de Pesclave.
II y a plus. Les depenses des planteurs seront moins elevees, avec des travailleurs libres, que celles qu'ils faisaient avec des travailleurs esclaves, qu'ils achetaient, qu'ils avaient a nourrir, a habiller, a soigner dans leurs maladies, et a garder lorsqu'ils devenaient incapables de servir.
Les quelques mecontents des provinces de Rio-de- Janeiro et deMinas-Geraes, n'ont qu a visiter Sam Paulo ou tous les planteurs sont completement convaincus de cette verite, et ils se penetreront de Tutilite, de la necessite
DOM PEDRO II, 3l5
pour eux d'imiter ies planteurs paulistas.
Alors disparaitront toute illusion, tout prejuge et tout esprit de routine ; il n'y aura plus, dans tout le Bresil, une seule voix dissonante, et la grande date du i3 mai sera celebree, chaque annee,dan5les plantations bresiiiennes, comme le point de depart d'une nouvelle ere de prosperiie.
En terminant ce chapitre, nous ne devons pas oublier de dire que parmi Ies planteurs qui ont proteste, en 1888 comme en 1871,1!
y en a eu quelques-uns qui ont attribue a rempereur et a la princesse regente toute la responsabilite de la grande reforme, responsabilite qui constitue, a nos yeux, un merite immense, mais qui, pourtant, ne saurait toute incomber k Dora Pedro et i son auguste fille, puisqu'ils ne pouvaient rien faire sans le concours du Parlement et de la Nation.
II y a eu meme des mecontents, qui se sont declares r^publicains... Singuliersrepublicains que ces petits tyrans pour lesquels Ies termes
3l6 DOM PEDRO 11.
glorieux de notre devise francaise, — Liberie y Egalite, Fraternite^ — signifiaient : — Esclavage, Inigalitiy Liberie du fouei, entre leurs mains despotiques et cruelles!...
Les injustes attaques lancees par ceux qui protestaient contre Tempereur, qu'ils accusaient d'imposer sa volonte au pays, et qu'iis auraient desire voir se mettre au service de i'esclavagisme contre la volonte nationale, ces attaques, disons-nous, ont ete eloquemment repoussees, des 1871, par le senateur Salles- Torres-Homem, dans le passage suivant du discours que nous avons deja cite :
a Vous comprenez tres bien, Messieurs, tout ce qu'il y a d'humiliant et d'injurieux pour le pays dans cette fausse et injuste appreciation de faits qui sont connus de tous. L'aveuglement des adversaires de la reforme les empeche de voir qu'en adressant ces reproches a Tempe reur, sous pretexte qu'il a donne son appui moral a un grand progres, ils ne font que
rehausser le glorieux piedestal sur lequel TEurope le contemple a I'heure actuelle (i), en meme temps qu'ils appellent le mepris de Tetranger sur le peuple bresilien, rabaisse aux yeuxdescontemporains et devant le jugement dela posterite.
(( Je crois devoir protester ici de toutes les forces de mon ame, contre une pareille invention de la presse esclavagiste. Si Sa Majeste, en homme et enchretien, s'est associee a cette aspiration de sa patrie et de Thumanite, avec Tardeur d'une conscience pieuse; si, comme souverain, EUe a protege cette grande cause, en Tentourant de tout le prestige de sa haute position, sans sortir des limites tracees par la Constitution, eh bien, ce seul fait serait suffisant a immortaliser son regne (tres bien) ; car, soyez bien certains, Messieurs, que les generations de Tavenir, sauront apprecier avec reconnaissance les bienfaits de cette reforme, Tinfluence
(i) Nous avons deja ditqu'en 1871 Dom Pedro II visitait TEurope.
3l8 DOM PEDRO II.
qu'elle aura eue dans les destinees du Bresil, et qu'elles compteront au nombre des plus grands jours de notre histoire, celui ou leurs ancetres auront comble Tabime de Tesclavage, ayant a leur tete un prince digne d'eux, et dent la gloire se confondra avec la leur dans cette oeuvre de la rehabilitation de rhomme et de la regeneration de la patrie. » (Applaudissements.)
Et ce di scours se terminait ainsi :
« Les temoignages de reconnaissance des pauvres malheureux valent bien plus que les anathemes du riche impenitent. EUes valent bien plus que les attaques des puissants qui n'ont pas su trouver d'autres moyens de prosperity, que dans rignominie et les soufFrances de leurs semblables ! . . . »
Nous avons, peut-etre, donne un trop long developpement a Thistorique de la
grande reforme sociale que le Bresil vient d'accomplir.
Mais, cet evenement est, sans contredit, le plus considerable du regne de Dom Pedro II, en meme temps que Tun des plus glorieux de notre siecle.
II importait de le faire connaitre, en Europe, dans tous ses details.
Ne marque-t-il pas la fin de Tesclavage dans le monde civilise?
Maintenant, c'est vers T Afrique, vers la Turquie et vers la Perse, que les abolitionnistes de tous les pays doivent tourner leurs efforts, pour y combattre, pour y aneantir cette plaie sociale qui deshonore encore Thumanite !
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