MONTGOMMERY
Ce fragment de notr^ p^blicaliçiq n'a p3|5 besoin de préambule.
Nous l'avons choisi entre les diverses compositions à raison de ^a mélhode synlhétiaiié. Nous aimons à voir ainsi peser les arguments elles conclusions des aulei^rs divers; le pour et le contre présentés avec le sang-froid et lé calme qui conviennent à l'historien impartial ont toujours eu pour nous un très-vif attrait; et nous recherchons surtout la vérité au jTillieu des sentiments si variés de ceux dui brit été les témoins des faits discutés. '""'
Dans leur magnifique ouvrage de « Lq France protestante » (i), MM. Haag, auxquels nous faisons notre emprunt, ont essayé de retrouver le dernier mot de la capitulation de Monigommery se constituant, à DomfronI, le prisonnier de son vainqueur. Ils ne l'ont pas rencontré et nous croyons qu'il ne peut être constaté qu'entre les pièces du procès criminel fait au téméraire chef Huguenot, et dont Texlslence jusqu'ici, que nous sachions, n'a été signalée par personne. Si elles ont survécu, elles ne peuvent avoir été conservées que dans les plus anciennes archives du Parlement de Paris, sous les combles de cet antique palais qui a scruté tant de consciences coupables et qui recèle tant de mystères impénétrables. Ce sérail donc au milieu d'elles que devrait être la capitulation de Domfront, si toutefois elle a jamais été faite par écrit et signée, ce dont nous doutons toujours, persuadé qu'eplre gen-
(1) 1857, tome VII, art. Montgommery.
tilshommes il a suffi d'eDgagements d'honneur donnés de part et d'autre de vive voix. Une pareille découverte mériterait à coup sûr tous les honneurs d'un volume dans la collection des documents inédits de l'histoire de France.
Du reste, bien qu'aujourd'hui, dans notre recueil actuel, nous apportions nous-mème un certain nombre d'éléments nouveaux dans ce grand débat historique, nous ne pouvons nous dissimuler qu'il reste encore beaucoup à connaître. Ainsi nous avons pu donner une série presque complète des dépêches expédiées par la Cour à Matignon, mais nous n'avons pas les dépêches envoyées par le général, commandant en chef, au souverain : cest une lacune que nous tenons nous-même à signaler. Or, il en résulte que la capitulation authentique, ou mieux encore les circonstances précises, certaines et détaillées, dans lesquelles elle eut lieu, restent ainsi inconnues. Il y a donc encore beaucoup à glaner pour les chercheurs.
Au surplus, notre but à nous a été conslamraent d'étudier cette question spécialement au pointdevuedeDorafront.de sa ville, de son château fort: le nom de Montgommery n'a jamais été pour nous qu'au second plan.
Ajoutons qu'il n'est jamais entré dans notre pensée de nous établir arbitre du grand débat que l'histoire agile toujours autour de ce fier capitaine, dont certains auteurs font un héros digne de toutes louanges et les autres un véritable brigand méritant sans conteste toutes les vengeances de Catherine de Médicis et de la postérité. Le premier est resté sympathique, tandis que la seconde jugée avec sévérité a attiré sur elle bien des passions violentes et
bien des haines. Chaque historien a parlé d'eux à son propre point de vue.
Si nous nous sommes longuement occupé de cet illustre huguenot qui, dans l'un des plus brillants faits d'armes de son siècle, soutint, presque seul et avec quarante de ses compagnons, sans autres ressources que leur vaillance personnelle, les assauts répétés de Tarmée royale, disposant de moyens puissants, et qui sans exagération aucune s'élevait au moins à une douzaine de mille hommes, c'est que notre château de Domfrorit lut le théâtre de cette lutte acharnée dont la longue temporisation et le but évident étaient, d'après les ordres de Charles IX et de Catherine de Médicis, la capture de Montgommery vivant. Ce résultat atteint, il dut payer au bourreau le malheur de n'avoir pas été atteint d'un coup de feu sur la brèche.
HiPPOLYTE SAUVAGE.
(lAimiEL DE MOiNTGOMMEKY
A DOMFhoNT