SES DIVERS DRAMES DE L'ANNÉE
D'après le Manuscrit inédit du XV 1^ siècle
De Frah'çois de BOISPITARD.
Publié par les soins d'un Bibliophile normand.
Dans notre prelace de notre Mémoire sur Domfront et son siège de 1374, nous avons exprimé nos regrets les plus sérieux de ce que le Journal de Messire Fr. de Boispitard tût resté inédit jusqu'à ce jour. Notre appel, que nous avions déjA formulé dans des termes nres! sanls en 1869, dans l'Annuaire du département de 1 Orne (1) n'a pas été inutile' ce ïe fois, puisque l'un des heureux possesseurs dP ce m.muscrit précieux y a répondu .spontané! ment el a mis son exemplaire à noire disnosinon Nous tenons à lui en exprimer publiquement ici louie notre vive gratitude, et à diré^ nos bienveillanis lecteurs de Domfront que cet acte de générosité nous vient de l'un de eurs plus intelligents compatriotes, M [Irbain Patou, l'un des pelits-fils de Caillebotfe eur historien aimé et vénéré. C'est, par Tin: lermédiaire de sa famille, un dernier hommage de l'afteclion bien connue, que leur vieux chroniqueur portait b son pays qu il a fnit connaître, et dont il a popularisé lis an- Ci) H. Sauvatîe, Notice sur les Seigneurs de Domiront. p. 6.
nales militaires dans quatre éditions successives.
Grâce à son concours, nous pouvons donc enfin faire connaître ce très-curieux manuscrit, auquel nous ne nous permettrons d'ajouter que quelques mois sur l'auteur et sur son œuvre, ainsi que sur divers personnages de notre contrée, dont nous rencontrerons les noms sous notre plume.
François de Boispilard, écuyer, sieur ou seigneur de Cheviez et de Chènesec (1), de la Barillière el du Lude, élaii né à Domlront (Orne), le 3 septembre 1S33 (2) ; il fut baptisé à l'église Saint-Julien, de cette ville (3).
Issu d'une maison d'antique noblesse, venue de l'Artois, au commencement du xiv siècle, et naturalisée depuis en Normandie, aux environs de Falaise et de Domfront, il appartenait à la branche cadette de la famille Pitard, dont la généalogie certaine commence à Jean Pilard, qui, en 1484 épousa Jeanne Cousin. Ils eurent deux fils, savoir : Nicolas, l'aîné, seigneur de Bondé et de St-Hilaire, et Etienne, le second, seigneur de Chènesec el de Boispilard (4).
La branche aînée, qui a pris plus lard le titre des seigneurs de Sl-Jean-du-Coraii, près
(i) Nous avons trouvé égalcmenl les titres île sieur de Cheviez et de Chènesec donnés à Boispilard et à ses descendants. Ce devaient être deux tiers diirérents situés dans le Passais.
(2) Indication donnée par Caillebotte. Nous ignorons où il a trouvé celte date.
(3) Note du Journal de Boispilard (Annuaire de l'Orne 1876). (i) Julien Pitard, Nobiliaire Mss. du comté de Morlain,
Moilain, a conservé les noms patronymi(jues e| les armoiries des Pitard ; tandis que la branche cadelle a élé connue sous celui de Boispilard (1). François, tlont il est ici question, devait être le fils d Etienne, seigneur de Clièncsecel de Boispitard ; il formait par conséquent la seconde génération de celte nouvelle famille, qui, implantée dans le Maine, à Sougé-le-Gannelon, dont elle posséda kmg-^ Iemt>s le ehàleau seigneurial^ s'y est perjiéluée ""^ ■'C/'' ' ''' J4wu44je-V€rs le mUiett^dH svit* siède Elle a dû /^ -^
s'y éteindre en la personne de Me*«m»- Afl- (L. J<v<^/ ^' Loi ne de Doispitard, chevalier et gentilhomme ^.../j. . . ordinaire de la chambre du Roi, mort à Sougé, le 19 juin l()3i, et enterré le lendemain dans l'église de cette paroisse.
Sa veuve, Marguerite Corbin, concourut le 7 septembre de cette même année 1G3I, a la fondation d'un collège à Sougé. Mais après la mort de son mari, elle avait (itiilté sans doute Songé, puisqu'elle habilait alors à la Girardière, en la paroisse de la Pooté-'.ies-Nids. Elle décéda elle-mênje q]uek}jtfes^ft«ées-pUis tar4-eV -^''^ //.<? sûflnnhumatiortvVûrîi'eïrië 28 novembre 1647, /' ^^ y^-^^ ^ dans l'église de Sougé, par les soins de Mes- 7 ^7 'T / sire Kené Cah0n, curé de Douillet, en pré- ^■'-'^'"^ ^' sence de seize prêtres. L'année suivante, le 21 .'\i-^(>.<^ . novembre 1648, Jacques Le Silleur, écuyer, seigneur de Sougé et Mademoiselle Julienne Le Silleur, figuraient comme parrain et marraine à un baptême à Sougé.
Celle nouvelle famille Le Silleur, issue vraisemblablement de l'hérilière unique des Boispitard, leur était substituée dans tous leurs droits. L'acte d inhumation de René Le Silleur, dressé le 24 avril 1653, ne saurait laisser au-
(1) Julien Pitard, Nobiliaire Mss. du comté de Mortain,