‹ DomfrontChapitre 5 sur 14 · IH · texte numérisé non relu

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dière, Gué-Thibout, les Jugeries, appartenant au sieur Procureur du Roy, et toute la Malîardière, avec plusieurs aullres insolences et dépopulations qu'ils firent aux dictes maisons, arbres et environs de la dicte ville, où ils séjournèrent trop long temps, et non toutes fois tant qu'ils espéroient, n'obmellant nullement de dire souvent à mes gens, métayers et voisins, qu'ils contraignoient charroyer en la dicte ville mes dicts bardes et biens, qu'ils estoient bien faschés qu'ils ne me tenoient ouavoient peu prendre pour me traiter à leurs souhaits, de quoy mon Seigneur me préserva de sa grâce spéciale, et permit que les mêmes auteurs de ces malheurs tombèrent en ma puissance comme coupables de tout le mal faict, à sçaroir les dicts Le Hericé- Pissots qui avoient dressé l'efTect de la dicte surprinse, laquelle n'eust eu succès à leur dévotion, si ceulx qui m'avoient juré et asseuré garder soigneusement la dicte Porte-NeulVe ne se fussent eOrayés et pour eulx mettre hors de danger, ouvert la dicte Porte-Neufve, comme ils firent malheureusement et provisoirement pour eulx soumettre à mon déçeu et encore laisser la Porte toute ouverte sus moy, par laquelle les ennemis entrèrent, la trouvèrent ainsy abandonnée et en voyant et oyant plusieurs

qui sortirent par icelle et eulx saavoient à la course.

La surprinse des ville de Sainct-Lo et quaranthan (1).

La seconde et tierce ville qui fut prinse après Domfront fut Sainct-Lo et Quaranthan que les Sieurs de Coulombières (2) et Guylry(3) prinrenl au commencement du mois de mars ensuivant. Avec ce firent descendre en terre le Comte de Monlgommery et le sieur de Lorge, son fils aisné, qui à la suite des noces de l'aris (4) s'esloient sauvés et retirés en Angleterre et de là es Isles de Gersay ou Gernezay, lesquels avec les aultres séditieux esloient très aises d'avoir occasion de terminer leurs massacres et pilleries par la France, et spécialement en la ISormandye et costes de la mer, qu'ils connoissoient de tout temps, pour auxquels donner assistement et faveur à la dicte des-

(1) Carcalan (Manche).

(2) François de Briqueville, baron de Colombières, périt sur la brèclie, en défendant Saint-Lô, le 10 juin 1374.

(3) Jean de Chauniont, sieur de Guyiry, que ron avait cru d'abord enfermé à Domfront avec Montf;ommcry, d'après les dépêches de Charles IX (VIII, p. 31), n'avait pas quitté Carentan. Il se rendit le 28 juin 137i, et la reine Catherine de Médicis lui fit grâce.

(4) C'est quelques jours après les noces du roi de Navarre qu'eut lieu la St-Bar(liélemy.

cente, et accompagner à la campagne et aux villes surprinses, se bougèrent tludict Domfront les susdicts Sieurs du ToucIkH el SayM), Chauvigné, Montmartin, l'alrière le Vico/nle dudict Domfront, Cormier, sorî cousin Galois Cormier (2), Ambrois 'Racine (5) et plusieurs aultres de telle faron, lesquels estant joints avec ledict comte et ses aultres forces, findrenl contenance de camp et assiégèrent Valognes, qu'ils battirent avec quelque canon, et y firent plusieurs menaces et escarmouches en vain parcequ'il y avoit des gentils hommes et officiers et bourgeois d'icelle, qui ne s'eslonnerent nullement et la gardèrent si bien, que les assiégeants s'en retirèrent avec confusion, y ayant despensé (4) trois sepniaines ou un bon mois, qui leur rétorqua a grande ruine, obstant que M. de 3Iatignon, lieutenant pour le Koy, et gouverneur des bailliages d'Alencon et Coslentin,

(1) René de Frotté, ûls de Jean, sieur de Sav (Le Hanlv Hist. du Protestantisme en Normandie, p. 264) "

(2I M. Blanchetière (Publicaleur de l'Orne 1878) a lourni de nombreux renseignements sur cette famille.

(3) Ce Hacine appartenait à une famille notable de la hourfuM'lt'' Uomfront. En 1392, Julien Racine tena.t les Z dcTabaroiiniede i.archamp. Jean Racine, en la même année, était avoca Ca.llebotle, p. 82, a mentionné un chante"; rema^rquableJ.CRacme.néen IT".! et mort à DÔrfrunt

(4) Notre texte disait dépendd. Ce doit être une faute de copule. Le mol dépense nous semble beaucoup plus correct

avec M. de Vassé(l) el Fervacques, et liuict ou neuf compaignies de gendarmerie et grand nombre d'infanterie Françoise, allèrent trouver et combattre ledict comte de Montgommery, es ports (2) du Grand et Petit Yé (3), qu'il pensoit garder soigneusement. Mais il fut forcé de quicter dès l'abordée de nos dictes compaignies qui y firent un grand et général debvoir en mettant ledict comte en déroute, parceque nostre cavalerie estant passée de l'aultre costé desdicts gués, se mit à charger et poursuivre la victoire furieusement, qui contraignit ledict comte soy retirer en toute dilligence dans ledict Sainct Lo, où les dictes compaignies l'assiégèrent et battirent furieusement.

Néantmoins, à l'obscurité d'une nuiclet par l'intelligence d'aulcuns des nôtres, il s'eschappa dudict siège avec cinquante un, es chevaulx desquels estoient les sus dicls gentils hommes, et après avoir bien piqué et tournoyé, ne scachant ou fuir ni se retirer, craignant la poursuite, finalement se logèrent et reposèrent quelque peu en la

(1) Grognet Je Vassé était d'une excellente famille da Maine (Cauvin, armor. p. 410). C'était un des plus notables otnciers de l'armée royale ; il était, paraît-il, le parent de M Atgomraery.

(2) Port, passage, défilé.

(3) Les marais des Vés sont sitaés dans le Colentin, à l'embouchure de ia Vire.

maison du sieur deBrecé, près Avranches(1 ), et se saisirent des circonstances de sa maison, parcequecombien qu'autre foisileût adhéré à leur prétendue religion, néantmoins s'estoit singulièrement contenu sans les suivre, ni prêter aultre faveur. Et est le bruict fort grand qu'il s'acquita fort bien de son debvoir, en advertissanl du tout Monsieur de Matignon (2), qui estoit en extrême peine, souci, noir deshonneur, jacoit qu'à tort, dudict eschappement,parceque le Roy en estant adverty manda, comme l'on dict, des nouvelles de colère et grand importance, chose qui fist haster mondict seigneur de Matignon, avec grande compai-

(i) Nous sommes un peu embarrassé pour déterminer quel peut être le logis dont Boispitard veut parler. Est-ce du chàleau d'Isigny-les-Bois? est-ce du château de Brecey?tous deux sont également près d'Avranches.

Le premier faisait alors partie du domaine de Jean de Brecey, chevalier (1564-1583, Pitard, nobiliaire Mss. du comté de Mortain).

Le second était à Louis de Vassy. seigneur de Brecey, qui avait épousé le 15 mars 1571, Françoise Darafernet, fille de Jacques, Baron de Montchauvel, Brecey, Celland, etc, etc. Leur fils, Jacques de Vassy, épousa Louise de Montuommery, le 26 juin 1614 (Pitard. nob. Mss. id. id.) Cette alliance, qui est de beaucoup postérieure aux faits que nous étudions, nous autorise à penser qu'il s'agit plutôt ici du château d'Isigny.

11 parait, du reste, que de Brecey était l'un des gendres de Gabriel de Montgommcry. Depuis peu de temps, il avait fait retour à la religion catholique.

(2) Une relation du temps confirme ce que rapporte de Boispitard, que de Brecey avertit Matignon de la marche qu'avait suivie Montgoramery. (Odolant-Utsnos, hist. d'.-llençon, t. 2, p. 294).

Il est vrai de rappeler aussi que cet auteur connaissait le Manuscrit da Join-nal de Boispitard.

gnie de cavalerie, de partir du dicl siège de Saincl-Lo.

Et ea faisant une grande cavalcade arriva le dimanche neuf may devant noslre ville de DomfronI, ou ledict comte et Say (1) estoient arrivés le vendredy précédenl (2), fort déballés et harassés, tellement qu'il faisoit son compte se rafraîchir quelques jours audict lieu, puis de là s'en aller à Alençon, qu'aulcuns des voisins de la dicte ville auroient aussy surprins, en entrant premièrement au chasteau la nuictdu samedy ; et lequel ils n'osèrent garder ny tenir que vingt quatre heures, scachant que ledict Montgoriimery estoit en impossible d'aller à eulx, à raison dudict siège qui l'avoil surprins à l'improvisle en tel lieu, où il ne f)ensoit estre poursuivy ny allaqué, comme il fat, par la surge (3) et advis et diligences que firent lesdictcs compaignies de cavalerie de mondict Sieur de Matignon qui avoit laissé le canon et munilions avec les compaignies d'infanleiio poursuivant tousjours ledict siège de Sainct Le, où com-

(1) SczE, dans noire Mss. Nous pensons qu'il s'.i{;il ici du ]icr,'-onnaj;e dpjà mentionné quelques iiftnes plus liaul.

(2) Nous avons di-'}li dit p. 30 que ce fut le 7 mai c|ue Monl- ^•oninicry arriva ii iJonifront. h'aulres relations indiquent la date du 8 mai (Odolanl-Dcsnos, t. 2, p 293). Nous croyons Boispi ard fort exact.

|3| Surge, du mot latin surgfre. Il est complètement inusité aujourd'hui.

mandoit dedans ledict Sieur de Coulombières, et dans ledict Qiiaranllian csloit demeuré ledict Sieur de Lorges, parcequ'il avoit esté blessé d'une pistolade en un genouil, aux dicls ports du Vé, qui fusl cause qu'il ne suyvil son père pour demeurer enfermé en noslredict Domfront.

Suite du discours véritable des Frères

Le Hericé, dedans le chasteau

DE Domfront.

Puisque j'en ay déjà si longuement escript, ne fault obmetlre à dire que les dicts Pissots frères, avec m^ Pierre Le Hericé (1) et son fils, leur cousin Jean Racine et telle canaille, estoient demeurés en auctorité et commandement audict Domfront, dont le dict Ambrois appelé Le Balafré, se disoit chef, cappilaine et gouverneur, voire même Roy, parcequ'il conlroignoil tout le pais de luy obéir et porter les deniers des tailles, impôts et subsides ordinaires avec les deniers ordinaires de la recepte, et cotisant les particuliers à luy fournir hommes pour Iravailler à démolir el fortifier, avec bleds, foins, lards, cildres et aullres provisions, dont il avoit fort muny ledict chasteau, el de tous les vins qu'il avoil trouvé enladicle

(1) Caillebotte a ajouté en interligne.dans sa copie, la qualification de « Procdreur dd Roy. •

ville et nos maisons ; tellement qu'ils s'attendoient d'eslre permanents es dicls chasteau et ville.

Comme viron la mi-caresme ils eurent quelque double d'estre assaillis par un nouveau cappitaine envoyé par M. de Matignon, nommé La Chaux (I), lequel avec l'assistance de plusieurs de ceste vicomte, firent

0) Michel de Montréal était seignenr De La Chaux et baron de Toranls. Sa femme, Françoise de Mondot, lui avait apporté en mariage les fiefs de Mondot, des Vignes de Sainll)enis-d' Anjou, de Veaugeois, du Bois-Hamelin, de Melleray, de NeuiUy-le-Vendin, etc., etc. (Le Paige. dict. du Mainel.

Ce gentilhomme, connu vulgairement sous le nom de Capitaine La Chaci, se signala dans les guerres de religion de la deuxième moitié du xvie siècle.

Il reçut de Matignon l'ordre de lever cent hommes de pied, des plus aguerris, pour réprimer les brigandages des Calvinistes enfermés dans le château de Domfront. C'était une force insuffisante ; aussi dut-il se retirer. (L». Piolin, hist. ecclés. du Mans, t. 3, p. 508).

Plus tard, il fut chevalier de l'ordre du roi et devint gouverneur du château de Cherbourg et grand bailli d'épée du Cotentin.

Au temps qu'il était gouverneur de Cherbourg, ayant découvert que les ligueurs avaient formé le dessein de s'emparer de celte forteresse, pendant la procession du jour des Rameaux de l'année 1593, il prit les mesures les plus énergiques pour empêcher la réussite de ce i rojel. Il y parvint si bien qu'il les tailla en pièces, fit leurs chefs prisonniers et les fit aécapiter. Leurs tètes furent ensuite placées par ses ordres sur les portes de la ville où on les voyait encore à la fin de l'année 1600, sept ans après. En mémoire de cette délivrance, on a fait pendant longtemps, autour de la ville et du château de Cherbourg, une proce.~sion qui se nommait la Procession de La Chaux.

Le 26 avril suivant, le roi Henri IV écrivit à Michel de Montreul, pour le louer et lui témoigner sa satIsfaclioD.

Par brevet du 31 janvier 1594, ce souverain lui donna une gratification do 12000 livres pour le récompenser des dépenses qu'il avait faites pour son service, et entre autres, pour l'armement de trois navires cl la levée de cent arquebusiers destinés à la défense de Cherbourg.

En 1604, il lui accorda encore le gouvernement de la ville

semblant de les assiéger et escarmoucher de près, en occupant les avenues des Ponts Nostre-Dame-sur-l'Eau et Caen, et jusqu'à se loger quelques uns en la maison dudict Louvel-Brière et es faulxbourgs qu'ils n'osèrent garder une seule nuict, qui fust cause qu'au lendemain le tout iUst brûlé avec grandes désollalion et efîroy par tout le pais.

Les EGLISES et bourgs de Chansegrey,

DOMPIERRE (1) ET CeAULCÉ BRULEES ET RUINÉES.

Parceque aussy du précédent les églises

et du château de Saint-Sauveur-le- Vicomte. (Anciens titres du château de Vaugeois. — Lepaige, dict. du Maine, vo Neuilly-le-Vendin.

Nous avons retrouvé le capitaine La Chaux, en 1595, chez le comte de Sanzay, au château de la Motte- Fouqué, où il alla faire visite et où il séjourna pendant quelque temps avec sa jeune femme Françoise de Mondot. Ils y rencontrèrent quelques seigneurs des environs, Claude d'Arquennai, châtelain do Hauteville, et Jacques de Crux, le nouveau possesseur de l'ahbaye de Belle-Etoile. (Comte delà Ferrière. Journal de la comtesse de Sanzay, p. 33).

Michel de Montreul mourut à son château de Vaugeois, lo 20 juin 1620, vers minuit. Il fut inhumé dans l'église de Neuilly-le-Vendin, où il doit reposer encore. Un service fut célébré pour lui l'année suivante dans ce même édifice, le 29 septembre, jour Saint-Mictiel. A cette cérémonie, Ton exposa son portrait et ses armoiries Une ceinture funèbre fut placée autour du temple chrétien. (Etat civil de Neuilly-le-VcnJin.)

Ses armoiries étaient, d'après le Manuscrit 439, du fonds du cabinet historique de la bibliothèque nationak, contenant la réforme ollicielle de la noblesse du Maine par Voysin de la Noiraye :

D'argent à trois massacres de cerf de sable. C'est donc à tort que Cauvin (Armoriai du diocèse du Mans, yo Montreul) lui en a donné d'autres d'après le Roy d'armes.

(1) Notre texte porte < les églises de Chantrigné et Dam-

et bourgs de Chansegrey et Dompierrc avaient esté aussy ruinées et brûlées parle commandement desdi:ts Pissots, lesquels se trouvèrent oultragés dudict cappitaine La (Uiaux et peuple, ainsy amassé et irrité, qui ne persévéra que deux ou trois jours en ceste volonté, parcequ'ils esloient de diverses pensées et humeur, et aussy que le cappitaine Guychaumont (1) vint secourir lesdicts Pissots, qui pour se venger de ceulx. de Ceaulcé, qui avoient assisté au prétendu assiegement et fourny bon nombre d'hommes embaslonnés et de vivres, allèrent au bourg dudict lieu, où ils firent de grands oullrages et brûlèrent l'église.

Et cela faicl, allèrent nuictamenl à Saincle-Anne-de-Buais (2) où ils surprinrent la compaignie dudict cappitaine La

pierre » tandis que Tanalyse, p. 37, donne la leron que nous avons suivie. Notre copiste avait évidemment commis une faute que nous tenons à réparer. 11 avait éj,'alement orlliographié Sausay, mais la même analyse a indiqué plus exactement Céaucé, gros bourg du canlon'de Dorafront.

(1) Jacques de Clairay-Guichauraont, puiné de la maison de Glairay, était l'un des lieutenants de la compagnie de Montj:ommcry (Odolant- Desnos, hist. d'Alenron, t. 2, p. 293).

Quelques pages plus loin lîoispitard orthographie ce nom « Icdict Chaumont » et « Guy Chaumont> comme si Chaumonl était le nom patronymique et celui de Guy un prénom. L'autorité d'Odolant- Desnos doit inspirer toute confiance. La carte de l'Klat-Mojor indique un grand village nommé Guichaumont, dans la commune de Clérai, canton de Sécz.

(2) La copie du Journal disait Sainte-.\nne-de- lirai, et l'analyse, p. 37, orthographiait Uuais. Encore une faute de transcription qu'il nous est facile de rccliiicr. Buais est du canton du Tcilleul (Manche).

Chaux qui vivoit à discrélion par le pais, avec plusieurs soldais ramassés de toutes parts à la conduite du Sieur de Coudehar, lieutenant de la dicte compaignie, lequel ils prinrent à composition de bonne guerre et vie saulve, comme ils avoient aussy juré et promis à quatre jeunes soldats de Domfronl, suivant ladicle compaignie, dont rungcstoitMathurin Levesque, fils de Jean, Samson Patte (1), Julien Louvet et Touchard, cordonnier, avec plusieurs aullres qu'ils massacrèrent de froid sang (2).

Après avoir mis en chemise iedict sieur de Coudehar et attaché à un arbre, l'arquebusèrent. Puis cela exécuté, s'en retournèrent audict Domfront avec la dépouille de leur defaicte. El trouvèrent un messager de Bretagne, retournant de Paris avec cinq à six chevaulx, qu'ils ravagèrent, et eulx vantant à leur retour qu'ils avoient defaict toute l'infanterie de Domfront, qui estait le terme de leur mocquerie.

Querelle survenue entre les gens

desdicts pissots pour le partage

de leur butin.

Combien qu'au département du dict bu-

(1) Le nom Patte est peut-être une mauvaise loctnre et une faute du transcripteur. Ce devrait être plutôt Peccate, nom fort répandu dans la contrée de Domfront.

(2) Aujourd'hui nous dirions massacré de sang-froid.

tin et larcin peu s'en fallut qu'il n'y eust du débat entre ledict Guy Chaumont et lesdicls l'issots avec leurs soldats ligués de chaque part; d'aullant que ledict Balafré se disoit maitre et gouverneur de la place, et en ceste qualité vouloit distribuer dudict butin à son plaisir et entente, et l'aultre disoit qu'il ne le congnoissoit que pour simple soldat et impuissant de tenir la place sans luyetses gens, qui auroient exécuté ladicte deffaicle, qui fust cause que ledict Chaumont se retira mal content.

Arrivée de Montgommery a Domfront, LE 7 May.

Et à l'après disner de l'arrivée dudict comte de Montgommery et des genlilhommes susdicts de sa suite et compaignie qui fust le vendredy sept may, comme j'av touché cy-devant, ledict cappitaine Balafre n'ayant daigné monter à cheval pour aller au devant dudict comte, ny mestne pas voulu sortir seulement pas à pied hors de la ville, l'attendit à la porte avec ses soldais.

Et après le bonjour, demanda audict comte s'il vouloit se loger dans son chasteau, ce qu'il refusa disant qu'une maison de là ville luy sulfisoit (I).

(1) Nous verrons plus loin que Monlfioramery fil cffeclivjment choix de la maison du lieutenant Des Moncelles.

Et après avoir entendu les fanfaronnades et supcrbilés dudict galant lui list demander par Icdict sieur de la Palricre du fouin et de l'avoine pour les chevaulx de luy et de sa trouppe, ce que ledict Balafré n'accorda, et dit qu'on n'en bailloit pas ainsy légèrernentsans argent et qu'il nerecongnoissoit aulcun seigneur en la dicte place que iuy, qui luy appartenoit l'ayant conquise et gardée ; qui fust cause d'animer ledict sieur de la Patrière, qui le chargea à l'instant de coups d'espée.

La mort malheureuse de Ambrois Le

Hericé, dict le cappitaine Balafré,

QUI SE DisoiT Roy et maître

Et l'aultre les pensant éviter recula pour se défendre et trouva vers luy une pierre assez grosse qui le fist tomber de renverse. Ayant desjà receu un coup d'espée sur le bras, et estant" bas, luy fust redoublé une mocade (1) qui luy entra fort avant dans le petit ventre, duquel sortaient ses boyaulx, dont mal secouru, il décéda la nuict subséquente.

Il fust le lendemain porté en l'église Nostre-Dame-sur-l'Eau pour l'enterrer,

(Il Mocade, coup de pointe d'épée, à proprement parler un coup de manche de fleuret.

comme il fust par permission divine, au chœur el chanceau de ladicle église, et au mesme lieu que feu mon père avoil c^lé inhumé, où il ne reposa que jusqu'au mercredy prochain subséquent.

Son corps enterré dans le choelr et

CHAUCEAU de l'ÉGLISE NoSTRE-DaME-

sur-l'Eau est pendu (1).

Parce qu'estant retourné habiter ma maison, à la seureté dudict siège posé dès le dimanche lendemain dudict enterrement, comme j'ay piedict, après avoir faict la vcnérance à mon dict sieur de Matignon, et prins licence de luy de faire déterrer et pendre ledict Balafré, ce qui fust exécuté promptement ledict jour à ma diligence en lu présence d'une infinité de soldats el commun peuple, auquel je l'aurois délaissé traîner avec un licol, attaché à son col, pour le tirer de la dicte fosse où son cercueil demeura, n'en désirant que le corps pour le faire pendre comme il fiisldès le mesme soir au derrière dudict cliasteau, sur le Tertre, où il séjourna dix ou douze jouis à leur vue et d'un chascun, chose qui leur deplaisoit mcrveilleusemenl, comme dcmonslroienl en laschant une infinité d'arquebusades à ceulx qui sans cesse l'alloienl

(1) Ce chapitre tout entier a été |.ul)lié par M. do la Sicolière (Orne prttoresque et moniimentale, p. 126 et 127).

visiter et leur crier que leur Roy cl cappitaine esloit pendu loul nud ; auquel lieu il fusl consommé, y estant dignement attaché, n'eusl esté qu'on assit les gabions pour ranger en bailorie cinq pièces de grosse artillerie, dont on battit et fist les bresches audict chasleau, qui fust cause de le faire abbaltre et jetter aux chiens, qui le mangèrent, parceque les canonniers et aultres personnes ne pouvoient souiïrir ceste charogne et puanteur qui de son vivant n'auroit pas mérité d'estre consommé en lieu tant digne et sacré où j'attends que Dieu me fera la grâce de reposer avec mondict père et prédécesseur après qu'il m'aura appelé à l'aultre vie plus généreuse; c'est pourquoy j'ay dict que la charogne dudict égoulé (I) Pissot avoit esté enterrée en tel endroict de remarque par ordonnance divine, afin de me susciter l'esprit de volonté de ne souiïrir telle indignité et injure sans y pourvoir hai'diuient et promptement, comme il me donnoit grâce et moyen de faire avant plus grande putréfaction et pourriture, qui néantmoins, ne m'eust retardé, fust-ce esté à un an de là, voire deux, à faire ouvoi tui'e du mesme lieu, pour trouver le bois du cercueil, où il gissoit,

(I) Plus loin, lioispil:inl roprodiiil encore ccllo expi'Ci^sion (l'c;,'oulé. Elle iloit-ètre le synonyiiio de lialatré, et, dans le langage pojiulaire, ([u'il enpioic quelnuel'ois, égoulé veul dire blessé à la houche, à la gueule, ou mieux encore à la goule.

afin de retirer le tout ensemble et le faire jetter à val l'eau, chose qui luy fiist rétorquée à moindre vitupère et ignominie que d'avoir esté pendu et exposé en spectacle public devant ses amis et compaignons tout récent et entier pour eslre visité par merveille de ceulx qui ne l'auroient tant veu ny conneu qu'au bruict de sesvoleries et sacrilèges, et pour estre recongneu en tel lieu par tous ceulx du pais et voisins, tous lesquels en tant que les simples soldats et populace, luy ruoient mottes, pierres, fanges et tout ce qu'ils pouvoient à la fasce et au corps, en détestation et vitupère du mal dont il avoil esté cause et motif de son vivant, en préférant plusieurs malédictions et anaihématisations contre l'heure de la nativité et nourriture de luy et son frère René, encore vivant, et sa mère qui les avoit élevés et nourris, ce que je récite tout exprès, non pour allonger ou broitiller papiei", mais pour advenir que c'est l'ordinaire de l'humaine condition, soy délecter en la peine et bienfait d'aullruy, en dévorant et avalant gracieusement les viandes prestes, mais d'y jienser ou s'en soucier (aultrement que par désir et souhaict\ il n'en est point de nouvelles, comme le premier mort desdicls Pissols eust poité lesmoignage, si Dieu eust permis qu'ils eust esté ensepulluré eu aultre endroict de ladicte église, y eust séjourné

pcrpéluellemeiu pour la (ardité et négligence des personnes donl les aulcuns n'eussent voulu, aullres osé pour plusieurs considérations que l'on consulte et dispute; en quoy la diversité ou pluralité ne voldroi't jamais accorder ny consentir résolument, comme Dieu m'est lesmoing que jo dis et escrips sans jactance, l'ayant pensé et exécuté de ma seule résolution par la grâce de Dieu qui m'y a conforté et de quoy aussy je me fusse facilement passé, n'ayant intérest si non les sépultures de mes père et mère et femme gisants en ladicte église, en honneur desquels suis obligé d'adviser et soigner de mon vivant pour le debvoir d'amitié et déliliation dont je leur suis obligé et redevable.

Discours du siège commencé le 9 may

Après doncque avois expédié ce vénérable cappitaine égoulé en évantant ses actions et personne selon ses plus dignes mérites, reste pour la conclusion à déclarer ce que ledict comte de Montgommery et les aultres assiégés avec luy ont tenté et hasardé pour se dépêtrer d'iceluy ; en quoy, grâces à Dieu, ils ont travaillé' en vain, parceque l'heure de leur prinse et lionteusc fin esloit venue. S'estant autrefois ledict comte sauvé et eschappé par deux diverses fois des deux

meilleures villes de ce royaulme, comme il me semble avoir descripl cy devant, faisant menlioM du siège, assault cl prinse de Rouen en 1502, qu'il se sauva brusquement par eau en une galère qui fist merveille de rompre chaines de fer et embusches estant au travers de la rivière de Seine fi ), et la seconde fois à la retraite par terre des dicles nopces de Paris (2), dont il n'eut que la frayeur d'une aspre poursuite, de laquelle son esprit familier diabolique le sauva par la course et grande dilligence de sa jument, selon que j'ai dictsous l'an 1572.

Le diable est père du mensonge et d'orgueil ; c'est pourquoy il trompe

ENFIN CEULX QUI s'y CONFIENT.

Mais à ceste heure estant entre les pierres et rochers pensoit encore que ledict esprit lui ainderoit en le délivrant dudict siège, en le faisant secourir en iceluy, selon qu'on a dict depuis qu'il luy promeltoit.

Quoy qu'il en soit, si de ce temps il a esté malheureux que de s'ainder et confier en ce diable, il l'a laissé tout le temps du-

(1) Tous ces détails rappelés par notre auteur, nous font plus que jamais regretter la perte Jn Mss. complet de Boispitard.

(2) Boispitard fait allusion au massacre de la Saint-Barthi'lemy (24 août 15721, (pii eut lieu quelques jours seulement après la célébration du uiariaj,'o de Henri, roi de Navarre, avec Marijuerito ilo Valois.

dict siège, parceque dès au précédant la venue de lay, comme viron heure et demye devant, M® Pierre Mahet Saussaye, ayant couché en sa maison au village (1), le vint diligemment adverlir que les compaignies du Roy estoient le jour précédent arrivées à Mortaing (2), sans scavoir aultrement où ils vouloient aller de là, sinon que l'on espéroit plutôt qu'aultrement que c'estoit

(1) Nous complétons notre première note (page 101 note 2).

Le (ief de la Saussaye, d'après toutes les probabilités, devait être situé dans le Passais, quoique nous en ignorions la paroisse.

L'une des branches de la famille Maheet, dont le nom s'orthographie également Mahiet et même Mahé, tomba en quenouille, en la personne de De Marguerite Mahet de la Saussaye, veuve de Mss. Pierre Ruault de la Veydière, dont elle fit dresser l'inventaire mobilier, en 1616, à raison de la tutelle de leurs enfants mineurs (titres originaux communiqués). Leur petit-fils, Pierre-Brice Ruault, écuyer, maréchal (les logis des gardes du corps de Gaston, duc d Orléans, frère du Roi Louis XIV, figure dans l'Etat de la France (Paris 1680, p. 482), avec le titre de sieur de la Saussaye-Vaidière.

Enfin Pierre-Marc Ruault, écuyer, capitaine de cavalerie au régiment de Luc, est inscrit sous la même qualité do sieur de la Saussaye-Vaidière, à l'armoriai général de d'Hozier (Bibliot. nationale, t. XIX lig. Ire, 245). On peut, au surplus, consulter pour les Maheet le 4e vol. manuscrit des aveux de la vicomte de Domfront, p. 584, 585, 410, et 421. Celte collection précieuse se trouve à la Bibliothèque de la ville de Domfront.

Les Mahé ont été aussi seigneurs de Saint-Symphorien et de Moulines, dans le comté de Mortain (Pitard, nobiliaire Mss. de Mortain).

Leurs armoiries étaient : d'argent à la croix gironnée de gueules (La Chesnaye des Bois, armor. général) On les décrit plus correctement dans ces termes : gironné d'argent et de gueules. — Celles des Ruault étaient d'azur à trois pals d'or.

Nous avions déjà signalé une erreur grave à propos de Mahet de la Saussaye qu'on avait voulu transformer en le Hardy de la Saussaye M. du Plessis, conseiller à la Cour de Caen, a bien voulu confirmer nos propres observations et nous communiquer quelques renseignements précieux et indiscutables : nous tenons à lui en exprimer notre plus vive reconnaissance.

(2) Mortain, ville du département de la Manche.

pour le venir surprendre et assiéger audict Domfront; qui fut cause qu'il commanda envoyer cinq des meilleurs et plus diligents pour battre l'estrade des chemins dudict Mortaing, afin de lui en faire rapport certain. Ce que estant depesché, se lèvedulict où il estoit encore en la maison du feu Lieutenant Des Moulins (1), et comme il achevoil de s'habiller, luy fut redoublé aultre advertissement desdictes compaignies qui marchoient diligemment, et en estoient les chemins fort pleins, entre ledict Mortaing et Domfront (2). A quoy il dist qu'il alloit depescher promptement aultres quatre courreurs de cheval après les cinq premiers et qu'il ne pourroit faillir d'en retourner quelques-ungs qui les advertiroient fidellement, et cependant que chacun d'eulx se préparât pour monter à cheval, tout aussitost qu'ils auroient l'advertissement d'ung de leurs courreurs ; attendant quoy il falloit disner haslivement eulx et leurs chevaulx, chose qui estoit ordonnée en bon et grand cappitaine qui ne vouloit desloger pour un bruit léger, où il ne convenoit

(1) Nous devons nous rappeler que Montgommery avait refusé à Ambroise Le Hérissé de loj;er dans le château et qu'il avait préféré une maison dans la ville do UomfroDt. Il lit clioix de celle du lieutenant Des Moulins et non des Moncolles comme on l'a dit précédemment (page li2, note (1), qui a probablement été détruite.

(2) La distance entre ces d-ux villes doit être d'environ 26 kilomètres.

ajouter foy légèrement sans estre bien asseuré par ie moyen ou dilligcnce d'ung ou de tous les courreurs, auxquels le désastre fut si grand que tous neuf y demeurèrent morts ou prinsonniers, moyen suffisant pour les empescher de retourner audict Domfront, où tous les dicts attendants advançoient leur disner et affaires en telles dilligences qu'ont accoutumé guerriers estant constitués en grande allarrae ; laquelle augmenta quelque peu, lorsqu'estant au milieu de leur disner, leurs sentinelles advertirent qu'ils avoient descouvert grand nombre de cavalerie qui passoit sur le pont Nostre-Dame-de-sus-l'Eau et par sus le Tertre {\), au derrière du chasteau, laquelle marchoit au grand trot ; lesquels on ne pouvoit encore congnoistre, ny leurs enseignes ou livrées, jusques à Ce qu'ils fussent approchés plus près, comme ils firent incontinent, eulx rangeant en bataille, comme ils arrivoient sus ces avenues et passages de la dicte ville, qui fut recongnue en ung instant de la cavalerie. Dont ung qui recongnoissoit appertement les enseignes et croix blanches, qui asseura, ce qu'ils avoient pensé, que les dictes compaignies estants audict Mortaing pouvaient bien esire ledict Sieur de Lorges, son fds,

(1) Vulgairement le Tertre-Grisière.

et ses Irouppes qui le venoient trouver ; dont se trouva déçeu après qu'il, et plusieurs avec luy, eurent monté et tournoyé la muraille pour recongnoistre le tout. Ce qui faict, fut résolu de hasarder une sortie sur les cinq ou six heures du soir pour, en chargeant ceulx de la garde de la Roche- Saint-Vincent et après les avoir enfoncés et rompus, mettre en peine (1 ) eulx saulver à toute bride dans la forest d'Andaine prochaine, pour eulx défiler deux à deux après, à ce que les gens du Roy poursuivans ne les pussent atteindre à la congnoissance du trac et piste de leurs chevaulx en trouppe. Et de la part dudict comte, il demeureroit avec cinq ou six chevaulx, dont seroit ledict Saussaye et aultres du pais, qui scavoient les adresses pour le guider à l'à-main (2) par le Mont-Margantin (3) pour de là s'eschapper par les chemins moins fréquentés, et gagner audict Alençon, où ils se debvoienl rassembler si la fortune leur succédoit bien et comme ils espéroient. Et estimant que leurs chevaulx estoient séjournes

(1) C'està-diro s'empresser.

(2) A rà-main. Todt a leur aise. On dit encore dans le pays : « Cet outil est bien à mon à-main » pour dire que Ton s'en sert avec facilite, qu'il va bien à la main.

(3) Le Mont-Margantin est situé au midi do la ville de DomTront. Son isolement au milieu d'une immense plaine le font paraître plus élevé qu'il ne l'est réellement. On le voit de fort loin.

et rafraischis, et ceulx de leurs ennemis fort travaillés et barrasses, qu'ils leur feroient la dicte charge à la mode des Reïslres \llemands, en galoppant fort serrés, en attaquant leurs dicts ennemis avec force pistoiades, quelle furie ils n'oseroient ou pourroient soustenir, parcequ'ils seroient peu en la dicte garde ; d'aultant que chascun seroit à souper et à s'accommoder de logis, à l'heure de leur sortie, qu'ils tenteroient. Et demeura ledict comte avec ses sus dicts chevaulx de sa partie (1) relaisés au couvert dans le fossé et chemin d'entre les murailles de la ville et la petite Brière (2), d'où on ne le pouvoit veoir. Et il attendoit ce que ceulx qui estoient demeurés sus les dictes murailles luy diroient du succès de la dicte charge, afin que s'ils passoient d'adventure et s'ils estoient poursuivis, à la clameur de l'alarme, il exécutât son dessein, en passant librement par la garde d'entre nostre Dame, Bavette, ou Sainct-Front (3),

(1) Noire texte dit de sa partie. On nous a proposé cependant de lire et La Patrièbe. Il eût été effectivement fort possible que Montgomraery l'eût choisi pour l'un de ses compagnons. Mais nous faisons observer que l'expression de sa partie, DE sa sdite, est fort ancienne et qu'elle se retrouve dans un grand nombre d'auteurs contemporains ou même plus anciens. ^

(2) C'est à cet endroit que se trouve actuellement la ruo des Barbacanes.

(3) Ce sont là trois localités très-voisines de la ville de Domfront et dans des directions dilTérentes. — Ouoiuue notre texte diseBayette, nous croyons qu'il s'agit ici" de Bazeille"!

qui seroient aidés des meilleurs hommes de guerre. Parce que tout courroil à bride abattue après les fuyards de la ville, évident que le dict comte seroit du nombre d'iceulx et que par ce moyen le siège se leveroit de devant la ville, qui seroit un stratagème mémorable et de singulière invention, comme il estoit bien proposé, si le Dieu des batailles n'en eust aultrement disposé. Parceque trente ou quarante bons chevaulx, à ce députés, estant issus d'icelle ville et parvenus sur le haut de la Grande Brière, commencèrent à galopper quatre à quatre, s'entresuivant de distance, comme de longueur d'une pique, et disoient moyennement hault : chai'ge! charge! Est oultrepassé ainsy un corps de garde de quelques gens de pied, posé à leur dcxtre, en la prochaine maison appartenant à Jean Levesque, et, suivant leur pointe, donnèrent par le chemin de hault, jusqu'à la portée de l'arquebuse près de la dicte Roche Sainct-Yincent, où ils trouvèrent un gros de cavalerie y-ce posé en garde, qui, non seulement descouvre jusqu'à eulx pour recongnoislre ce qui estoit pour lorce de l'entrée d'icelle Roche, mais aussy les allèrent attaquer et combattre bravement en blcs-

situé sur la route de Mayenne et dans la commune do Domfronl, section do Sl-Fronl. — Do ces trois divers points, qui tous étaient placés sur des routes, il était très-facilo de gagner le MoDt-Margantin et de là lo Bas-Maine.

sant et luant do leurs hommes et chevaulx et culx pareillement des nostres, qui les rembarrèrent vivement et remmenèrent battants jusque sur la Grande Brière, d'où leurs compaignons les favorisèrent à coups d'arquebuse à la dicte retraite de sus les dictes murailles. Et renfei-més avec le dict comte n'attentèrent de mèshui (1) aulcune saillie pour l'espérance qu'ils avoient de sortir à l'emblée ou par la faveur de quelque trahison ou secrète invention, ou bien que ledict siège s'ennuieroit et non eulx, qui avoient des vivres pour eulx et leurs chevaulx pour un long temps, ou qu'il n'estoit possible de les prendre sans artillerie, dont n'y avoit plus près que pour Paris, d'où elle ne viendroit jamais ; ce qu'estant, se garderoient d'escales qui n'est facile pour la hauteur du lieu et murailles, ou que sondict fils De Lorges le pourroit secourir, comme à la vérité l'on trouva plusieurs bultins qui furent apportés à Monsieur de Matignon et qu'il n'y avoit aultre chose, sinon Lorges, secours.

La ville de Domfront reprinse par les GENS DU Roy. — Assault donné au

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