‹ Dominicales d'un curé de campagneChapitre 11 sur 37 · XXII · texte numérisé non relu

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j Vy(^ Mes Frères,

I jr ff Dieu voulant le salut de tous les hommes, les

>ir ^PP^l^^ tous au bienfait inappréciable de la foi sans

a laquelle il est impossible d'aller au ciel. Aucun ne

fl pourra s'excuser de ce qu'il n'aura pas reçu d'invi-

j)lr Vt'ation. Mais si Dieu les invite tous, il ne force per-

lA sonne.

Les premiers conviés furent les Juifs. Ce peuple

r privilégié fut invité avec instance et d'une manière affectueuse par les patriarches, Moïse, les prophètes, par les miracles, les prophéties, les exhorta-

tiens et les menaces, les bienfaits et les châtiments : n Misit servos suos vocare invitatos. ^JÛ^oA*

iMalgré cette invitation pressante, les Juifs s'obs- y tinèrent à fermer les yeux et résistèrent à l'appel divin. Ils ne voulurent point profiter de cet honneur ^-rjj^ et de cet avantage : Et nolebant venire. f^^^^Sr^

Malgré leur indocilité, la patience du roi qui à^-/I\^(^ rait, ce semble, dû être lassée, ne se lassa pas '^^' néanmoins. Nous le voyons, au contraire, avec une (fy bonté qui ne peut appartenir qu'à un Dieu, renou- jy^ vêler constamment ses instances ; à ses avertisse- .

ments néghgés, il en ajoute sans cesse de nouveaux; ^^^ après ses premiers prophètes rebutés, il en envoie -^ d'autres avec de plus pressantes paroles : « Venez, dirent-ils, le roi nous envoie pour vous avertir que le festin est préparé, qu'il a fait tuer les bœufs et f

tout ce qu'il avait fait engraisser : Prandium meumpa

ravi. Tout est prêt, venez aux noces: Omnia parata, ve- r n

nite ad nuptias. L'Eglise est établie, entrez dans son sein, devenez ses enfants.

Vous connaissez dans ces nouveaux serviteurs Jean-Baptiste, Jésus-Christ, et les Apôtres qui n'ont (M* cessé de prêcher aux Juifs jusque-là le peuple de prédilection du Seigneur : Iterum misit alios servos, A^^ omnia parata : Venite ad nuptias. Ces paroles nous ^ révèlent dans toute son étendue la bonté avec la- )( jj quelle Dieu agit à l'égard du peuple juif. Il les avait invités à la foi, était-il nécessaire qu'il les y fît appeler de nouveau? Cependant nous le voyons renouveler constamment ses instances avec une bonté qui

ff^ \ ne peut appartenir qu'à lui, et au milieu de tous les

y témoignages de sa bonté miséricordieuse nous

- ^t^oyoï^s ce peuple privilégié presque toujours infi-

/^ ^èle et refuser obstinément la foi qui lui avait été

offerte : At illi neglexerunt. L'intérêt et le plaisir figurés par ce commerce et cette maison de campagne les empêchèrent de suivre la voix de la vérité et 'embrasser une religion qui ne prêchait que le

w^ détachement, la pénitence, et non contents de reje- )r >ter les bienfaits de Dieu, ils portèrent l'endurcisse- \y ment et la cruauté jusqu'à persécuter et à mettre à mort ceux qui les leur offraient. Jean-Baptiste fut décapité, Etienne lapidé, Jacques précipité de la terrasse du temple, tous les apôtres furent renfermés dans des cachots, battus de verges, traduits ^ devant les synagogues, poursuivis jusqu'aux tribuy^ j naux des Gentils.

y^ Une si énorme ingratitude lassa enfin la patience ^ de ce Dieu de bonté qui réprouva d'une manière terrible le peuple juif et toute sa postérité. Ill'aban- ^./ donna et le laissa en proie à son incrédulité. Il fut ^ ^^ depuis dispersé par toute la terre, sans sacerdoce, *^sans temple, sans autels et sans religion. Le Seiy gneur substitua à cette nation des étrangers. Après son rejet, la miséricorde divine a éclaté sur les Gentils et leur a envoyé les serviteurs repoussés par les Juifs : Ite, leur a-t-elle dit, ad exitus viarum et quos- ^ cumqiie inveneritis, vocale ad imptias. Ils ont appelé à » J/ la foi tout le monde sans exception. Nous avons L*^ dpnc le bonheur d'être appelés à la foi. Dieu depuis

lors n*a cessé de nous envoyer ses serviteurs pour nous dire d'aller à lui et pour nous exhorter amener j ^ une vie digne de notre vocation. Dans notre enfance, o/ c ne nous a-l-il pas envoyé des parents chrétiens, qui4^ ^ nous ont fait sucer la religion avec le lait ; des maî-J' / très vertueux, qui ont tâché de nous former à la fj^^ piété comme à la science? Et si la dissipation et la i légèreté du premier âge ont rendu tant de soins infructueux, ne nous a-t-il pas envoyé dans un âge plus avancé de nouveaux serviteurs. Que n'ont pas fait des pasteurs charitables pour nous apprendre et '^ nous faire pratiquer nos devoirs ; pour nous inspi- ^ rer l'amour de la vertu et l'horreur du vice ? Que de fo^^ retraites ! Que de missions ! Que de Jubilés 1 Quel profit en avons-nous retiré ? Avons-nous été plus dociles à écouter les ministres de Jésus-Christ que les Juifs ne le furent à la voix des prophètes et des apôtres ? Nous voit-on fervents et empressés à vivre selon les règles de la foi? Sommes-nous fidèles à nous asseoir chaque année à la table eucharistique? Observons-nous fidèlement les commandements de Dieu et de l'Eglise? Evitons-nous avec soin le péché et les occasions de péché? Ne fermons-nous pas au contraire bien souvent l'oreille à la voix de la religion pour n'écouter que celle de nos passions ? N'avons-nous pas rendu inutiles les efl'orts redoublés du zèle de nos pasteurs ; et quoiqu'ils ne cessent de nous exhorter à rentrer dans les voies du salut, ne continuons-nous pas à marcher dans celles de l'iniquité : At un neglexerunt Nous sommes donc aussi

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