‹ Dominicales d'un curé de campagneChapitre 12 sur 37 · III · texte numérisé non relu

III

endurcis que les Juifs. Mais ne devons-nous pas craindre d'être punis aussi comme eux ? Car, ne nous y trompons pas, la patience du Seigneur a un terme, et quand la mesure de ses grâces est comble ; quand il voit que nous ne les recevons plus que pour y résister, il en suspend enfin le cours, et il nous abandonne à notre sens réprouvé. C'est peut-être en

punition de notre endurcissement que nous ne som-

Ç mes plus touchés des vérités les plus frappantes de

^ |J(P la religion ; que le remords ne se fait plus sentir

^ après nos chutes ; que nous nous laissons entraîner

i?\ P^"" ^^^ mauvais conseils et les mauvais exemples !

^^ ^\ Le Seigneur pour nous montrer que la foi à la-

^ Welle il nous a appelés ne suffit pas seule pour

^W nous rendre dignes du ciel, mais qu'elle doit être

unie à la charité, continue la parabole et ajoute :

« Le roi étant entré pour voir ceux qui étaient à

table vit un homme qui n'était point revêtu de la

jK robe nuptiale : Mon ami, lui dit-il, comment êtes-

V ' vous entré ici, n'ayant point la robe nuptiale ? Mais

iT^ i*'A' âuire demeura muet. Alors le roi dit à ses servi-

"-vu o^^eurs : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le

^ans les ténèbres extérieures, là il y aura des pleurs

^ et des grincements de dents. »

ju^ Dieu nous a appelés à la foi, mais la foi seule ne

/ suffit pas, il faut encore en faire les œuvres. Il est

^ nécfc^aire que notre foi soit animée par la charité

, r,^^ns laquelle on ne peut parvenir au ciel. La charité

' j\ c'est la grâce sanctifiante, c'est la robe nuptiale

^ dont fut dépourvu le malheureux que condamna le

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Sei/meur dans notre NBvangile. Cette robe, l'ave/vous, chrétiens qui m'entendez? Vous l'avez, vous qui imitez Jésus-Christ ; vous qui, détachés des choses du monde, ne soupirez qu'après les biens du ciel; vous qui pensez à Dieu, priez Dieu, pardonnez à vos ennemis et pratiquez les vertus chrétiennes, mais vous ne la possédez point, vous, mes frères, qui ne pensez qu'à la terre, et ne poursuivez que les biens de la terre ; vous qui ne priez jamais, qui êtes superbes et vindicatifs ; vous qui n'avez qu'une piété extérieure et pharisaïque. Vous êtes cet homme : Non vestiium veste nuptiali. Et il vous sera dit aussi : Amice, quomodo hue intrasti^ non habens vestem nuptialem? A ces reproches si justes et si terribles, que répondez-vous? Rien. Et vous vous taisez comme cet homme de notre Evangile. Ici bas, quand nous vous exhortons à vivre selon la foi, vous apportez mille excuses frivoles pour vous en dispenser; vous prétextez votre âge, votre santé, la force de vos penchants, la multitude de vos affaires, que sais-je encore ! Au tribunal de Jésus-Christ tous ces prétextes s'évanouiront. Vous ne répondrez rien ; vous vous tairez ; parce que tandis que Dieu vous condamnera au dehors, votre conscience vous condamnera intérieurement elle-même : At ille obmutuit.

Mais si le criminel se tait, le juge ne se taira point. Qu'on lie les pieds et les mains de cet infidèle, dira-t-il au démon, exécuteur de ses vengeances divines ; qu'on le jette dans les ténèbres extérieures, c'est-à-dire dans l'enfer : Mittite eum in tenebras exte-

riores. Là, il n'y aura que des pleurs et des grincements de dents.

Quelle conclusion devons-nous tirer de cette terrible vérité ? La voici en peu de mois. C'est qu'ayant été appelés à la vraie foi, nous devons vivre selon la foi ; pratiquer, en conséquence, les vertus qu'elle nous prescrit et éviter tous les vices qu'elle réprouve. En faisant ainsi nous conserverons précieusement la robe nuptiale que nous avons reçue au baptême et nous aurons lieu d'être admis un jour aux noces du ciel. Dieu nous en fasse la grâce. Ainsi soit-il.

POUR LE MÊME DIMANCHE

Mittîte eum tn tenebras exteriores : ibi erit fletus et stridor denlium.

Jetez-le dans les ténèbres extérieure : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.

(Math., xxii, 2.) ,

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