SUR LA CONFESSION
Varie, ostende te sacerdoti A.Uez, montrez-vous au prêtre.
(Math., \ ni, 4)
Voir le Missionnaire de la Campagnet U I, p. 341
:. -IVe DIMANCHE APRÈS L'EPIPHANIE
Domine, saîva not, piermus. (Math., tiii, 5.) ÉVANGILE
Après une journée de bienfaits et de miracles, Jésus-Christ monta dans une barque, et ses disciples le suivirent. Et aussitôt il s'éleva sur la mer une tempête si grande, que la barque était couverte par les vagues. Cependant Jésus dormait. Ses disciples s'approchèrent de lui et l'éveillèrent en lui disant : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons I » Jésus leur répondit : « Pourquoi tremblez-vous, hommes de peu de foi? » Et se levant aussitôt, il commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. A cette vue tous furent saisis d'étonnement et se disaient : « Quel est cet homme à qui les vents et la mer obéissent?» (Math.,viii, 23-27.)
HOMÉLIE
L'histoire émouvante de cette tempête qui consterne les disciples et que Jésus-Ghrist apaisa est aussi i. 9
l'histoire des orages dont l'Église n'a cessé et ne cessera d'être agitée. Le divin Maître avait prédit à ses Apôtres qu'ils seraient persécutés et mis à mort à cause de son nom. L'accomplissement suivit de prèî la prédiction. Dès que l'Église sortit du Cénacle, le premier ennemi qui s'arma contre elle pour l'anéantir, fut la synagogue. Les docteurs juifs, sentant par instinct que leur lègne allait finir et 'que le temps était arrivé de faire place à une nouvelle religion, se mirent à la persécuter. Ils rirent alors appel à toutes les haines, ils armèrent tous les bras, aiguisèrent tous les glaives, remuèrent toutes les chaînes, pour étouffer dans son berceau cette Église naissante encore enveloppée des langes de l'enfance. Les disciples de l'Évangile furent poursuivis de ville en ville, de bourgade en bourgade; les Apôtres traînés en prison et chargés de fers ; et saint Etienne, le premier diacre, expira noyé dans les flots de son sang.
0 sainte Église, n'y a-t-il pas à redouter que ceux qui ont été hier les témoins de votre naissance, ne le soient aujourd'hui de votre mort?
Mes frères, ne craignez rien pour l'Église. Le Dieu qui l'a fondée saura bien la défendre. Ne lisons-nous pas en effet dans l'histoire qu'au moment même où l'infidèle Jérusalem s'apprêtait à célébrer ses funérailles dans la personne de son chef, un ange apparut dans la prison. A sa voix les fers retombent des mains de Pierre, les portes de son cachot s'ouvrent devant lui. Hérode, le plus acharné des persécu-
teurs de l'Apôtre expire sous les coups de la vengeance divine. Saul est terrassé sur le chemin de Damas. Les chefs de la nation quittent la synagogue pour l'Église; les contrées voisines donnent l'hospitalité aux apôtres, les captifs recouvrent la liberté, les luyards reviennent se ranger sons sa bannière sainte. Et c'est ainsi, qu'alors comme dans tous les temps, la persécution qui devait amener la mort de cette société naissante, ne servit qu'à la propager partout et à multiplier le nombre de ses enfants.
Mais le signal est donné. A partir de ce jour, vous ne trouverez ni intelligence qui se lasse à attaquer l'Église naissante, ni bras qui se fatiguent à meurtrir ses épaules sacrées. On a vu la Syrie, l'Asie Mineure, la Grèce se précipiter sur elle à son passade, lui prodiguer l'insulte et l'outrage, lui livrer les com- . bats les plus sanglants. Mais c'est par-delà les mers, sur les rivages du Tibre que l'attendaient des épreuves devant lesquelles n'étaient que des jeux d'enfants, celles qu'elle avait subies jusque-là.
Après une navigation que signalèrent mille périls, elle arriva enfin aux portes de Rome. Des cris féroces retentissaient dans toutes les rues de la viiie. C'était le peuple qui revenait des jeux sanglants du cirque, Néron et les proconsuls jetèrent en passant un regard de mépris sur la pauvre étrangère et allèrent leur chemin. Mais quelques jours plus tard, quand elle eut t'ait connaissance avec les principaux quartiers de la capitale, qu'elle se fut glissée au milieu des esclaves, dans les salons des riches et la chaire
148 DOMINICALES l/'UN CURÉ DE CAMPAGNE
des philosophes, l'empereur effrayé des progrès de cette nouvelle puissance qui se remuait autour de son trône, s'écria comme Pharaon effrayé des progrès du peuple juif : « Tirons notre épée du fourreau et exterminons cette race abominable. »
Le glaive fut tiré, ce glaive qui jusque-là n'avait frappé que les peuples puissants, ce glaive qui ne s'était levé que pour de grandes choses, il se levait cette fois pour frapper sur les enfants, sur les femmes, sur nos mères, sur nos sœurs, sur nos vieux pères. Us n'ont épargné ni l'âge, ni le sexe. Les places publiques, les routes, les champs même, jusqu'aux lieux les plus dé-erts, se couvrent d'instruments de torture, de bûchers, d'échafauds. Quelque part qu'on jette les yeux, on ne rencontre que des cadavres ; quelque part qu'on aille, on marche dans le sang Pendant trois siècles on poursuit l'Église dans les campagnes, au fond des catacombes. Qui pourrait dire le nombre des victimes qui ont succombé pendant cette effroyable guerre! Si je consulte les historiens, ceux qui disent le moins, me répondant dix à douze millions, ceux qui disent le plu> : quatorze et quinze millions. Mais si les catacombes qui renferment leurs ossements, si tous les endroits de la terre qui ont gardé les traces de leur sang, si tous les échos des siècles pouvaient parler en ce moment, peut-être nous révéleraient-ils un nombre de martyrs qui nous ferait frissonner. Oh! quoi qu'il en soit des chiffres, il faut que l'extermination ait été bien effroyable, puisque l'empereur Dioclétien, à la fin
de cette Jutte, fit frapper une médaille sur laquelle on lisait ces mots : « Christiano nomine deleto : Gloire à Dioclétien qui a aboli partout le nom chrétien. »
Ne vous semble-t-il pas, mes frères, qu'une persécution si vive, si universelle et surtout si persévérante, devait naturellement amener la mort de l'Église? Avez-vous jamais vu une institution humaine, marcher sans mourir pendant trois cents ans dans les Qots de son sang? Et pourtant il n'en est pasainsi. Loin de trouver la mort sous ce glaive qui veut l'exterminer, elle y trouve une surabondance de vie. Elle grandit si étrangement, si prodigieusement, que tout à coup les empereurs laissent tomber leur glaive devant ce géant. Le sang des martyrs est une semence si féconde de chrétiens que, dix ans après la mort de Dioclétien, celle que l'on croyait morte sortait des catacombes et remplissait l'univers tout entier. Quelle résurrection ! Quelle vie ! quel éclat I quelle grandeur ! L;Église est libre et l'Empire est chrétien. Cependant le triomphe n'était que commencé. On entendit du côté du Nord des bruits qui ressemblaient à ceux d'une horde sauvage. C'étaient les barbares qui inondaient l'Empire. Venus de tous les vents du ciel, les uns sur des chars grossiers, les autres sur des coursiers rapides, avec les caractères les plus opposés, les mœurs les plus diverses, ils ont tous un mstinct commun, l'instinct de la destruction. L'Empire romain est écrasé sous leur masse. Cinq cents villes sont en feu; les campagnes sont
rendues désertes; Rome est pillée. Ils se gorgent tour à tour de pillage, de meurtre et de sang.
0 sainte Église de Dieu, où êtes-vous? On ne voit plus que carnage, que décombres, que ruines. Où êtes-vous donc, ô sainte Église du Christ ? Mais quoi, je regarde et la force qui a tout détruit a épargné l'Église. Elle se lève sur ces nations sauvages qui campent sur ces cadavres entassés. Elle vient avec sa croix, son baplême, ses sacrements, et lavant dans ses eaux mystérieures le sang dont ces barbares sont couverts, elle commence le miraculeux enfantement du monde chrétien. Penchée sur ce jeune peuple comme autrefois, Elisée sur le fils de la veuve de Sarepta, elle leur communique sa vie divine. Elle le fait penser, parler, agir non plus selon la nature, mais selon la grâce et l'Évangile. Gloire à l'Église ! elle est ressuscitée d'entre les ruines et les morts, elle ressuscitera le monde avec elle. O mort, où est ta victoire?
Voyant que le glaive était impuissant à lui donner la mort, Julien l' Apostat se lève et dit : « Qu'il n'y ait plus d'épée pour la frapper, mais ne lui donnons aucun accès dans les charges publiques, et l'ambition fera ce que n'a pu exécuter le glaive. » Et aussitôt les chrétiens sont bannis des écoles aussi bien que des charges; ils sont exclus des assemblées, ils sont rejetés du gouvernement, des armées et de la province, ils sont voués à une vie pauvre et obscure. Lucien les raille dans ses Dialogues et l'empereur dans ses lettres. Il distille le venin à pleins flots sur
cette immortelle épouse du Christ. Il s'applaudit de son ouvrage, et apercevant un jour un solitaire qui bêchait son jardin, il l'interpelle l'injure à la bouche : « Eh bien, dit-il, que fait maintenant le Galiiéen? — Il fait un cercueil », répond le pieux cénobite. C'était le cercueil de l'empereur, et 1 un pourrait dire que depuis lors il en fait bien d'autres. Quelques mois après, l'Apostat tombait, en effet, sous les coups des Perses dans un combat sanglant. Il regardait si bien cette mort inattendue comme le châtiment de sa haine contre l'Église, qu'avant d'expirer, recueillant le sang qui sortait de sa blessure, il le lança contre le ciel en disant : Tu as vaincu, Galiléen. Le Galiléen, c'était Jésus-Christ. Et voilà encore un triomphe pour l'Église, une nouvelle résurrection. Saint Ambroise, saint Augustin, saint Grégoire deNaziance se réunissent pour le chanter dans ce concert harmonieux de l'Église grecque et de l'Église latine. Et le siècle ou Julien a voulu mettre le chritianisme au tombeau est celui qui reçut peut-être le plus éclatant témoignage de ses destinées immortelles.
L'Église a triomphé du glaive et des séductions de l'ambition, mais voici venir un nouveau genre d'épreuve, plus dur peut-être que les deux premiers parce qu'il lui vient de la part de ses enfants. C'est Arius, Nestorius, Photius qui déchirent son sein par l'hérésie. Plus tard ce sont Luther, Calvin qui, à l'exemple des fils ingrats, se font un jeu barbare de lui arracher la vie en la divisant avec elle-même. La
plume de ces hommes distille sans pudeur le venin le plus mortel sur cette épouse immaculée du Christ. 0 tristes et odieux souvenirs ! Quels torrents d'injures ne vomirent-ils pas contre l'Église, le Pape, les mystères, les sacrements, le culte de la Vierge et des saînts. Au bruit de leurs blasphèmes, l'Allemagne, la Suisse, l'Angleterre, la Suède et le Danemark se séparent de l'Église. Une partie de la France imite ce triste exemple. La guerre est partout. On n'entend plus d'un bout de l'Europe à l'autre que la détonation d'armes meurtrières qui portent partout la désolation et la mort.
0 sainte Épouse du Christ ! cette fois, c'est certain, on célébrera vos funérailles, parce que ce sont vos enfants eux-mêmes qui vous meurtrissent de coups et qui creusent votre tombe. — Non, mes frères, L'Église ne périra pas encore cette fois ; et si vous voulez la voir, ne la cherchez pas sous les voiles de la mort, ni sous le suaire du cercueil. Jamais, au contraire, elle n'a été plus vivante qu'à cette époque. Si je considère sa fécondité à produire des saints, je rencontre à cette heure les Ignace, les Xavier, les Philippe de Néri ; et si j'arrête mes regards sur les établissements de bienfaisance qu'elle crée sur ses pas, je la vois fondant de ses mains bénies des séminaires, des monastères, des hôpitaux, des collèges célèbres. Si, franchissant les mers, je la suis dans ses conquêtes, je l'aperçois captivant sous sa loi de nombreuses peuplades dans les Indes, l'Afrique, l'Amérique. Dites-moi, est-ce là le règne de la mort?
Saluons donc encore une fois l'Église victorieuse des schismes, des hérésies, de tous ses déchirement?. Réjouissons-nous, car c'est là une preuve encore deson immortalité.
Je passe sous silence ces époques critiques où des /ois puissants levèrent les mains sur elle, chargèrent ses bras de chaînes et traînèrent ses pontifes dans l'exil, pour arriver à la dernière de ses épreuves dont toutes celles d'aujourd'hui ne sont que le triste prolongement; je veux dire l'épreuve de la fausse science.
Rappelez-vous cette grande conspiration de tous nos savants du siècle dernier. Quel spectacle fut donné alors à la terre ! Vous eussiez entendu retentir d'un bout du monde à l'autre un cri de guerre que je n'oserais pas vous redire, parce que c'est un horrible blasphème. Ce cri, remarquez-le, il n'appelait plus les bourreaux, il appelait des savants ; il appelait tous les hommes qui avaient voué leur génie à la destruction du bien. Tous ces hommes s'étaient compris sur tous les points de l'univers. Réunissons, disaient-ils, tous les rayons épars de la science, réunissons toutes les étincelles, allumons comme une fournaise ardente; que l'Église y soit jetée, elle ne résistera pas longtemps à l'action de ce feu dévorant. Poètes, orateurs, philosophes, géologues, à l'instant même se sont mis à l'œuvre. « Il faut écraser l'infâme, » c'était la devise et le but. Railler, mentir et mentir toujours, c'était le moyen. Et il faut leur rendre justice, ils ont bien menti, l'un dans la litté-
rature, l'autre dans l'histoire, l'autre dans la philosophie. Or qu'est-il arri\é? ce qui arrivera toujours lor-que l'homme voudra lutter contre Dieu :
Le dix-huitième siècle avait évoqué la science pour insulter l'Église et la science s'est mise à la bénir et à la glorifier. On a vu l'histoire jeter de nouvelles clartés sur son origine, la géologie rendre justice à Ja cosmogonie de Moïse. Enfin on a vu l'Église catholique sortir, comme les trois jeunes Hébreux de la fournaise ardente et sourire encore à ses enfants en leur disant : « Je suis la vie, vita;jesuis aussi la vérité, veritas; et tandis que tous ses ennemis s'effaçaient de la terre, elle continuait sa marche triomphale à travers les siècles, répandant partout ses bienfaits, multipliant le nombre de ses enfants, donnant au monde le spectacle de son immortalité.
Vous le voyez, mes frères, la vie de l'Église est une vie de lutte et de combat. Il y a près de vingt siècles que Jésus-Christ l'a lancée sur l'océan agité du monde et depuis lors elle n'a pas eu un seul instant de repos.
Après les rudes épreuves que lui ont fait subir les incrédules du dix-huitième siècle, une foule d'hommes impies qui se disaient les amis du peuple se sont levés vers la fin du siècle dernier pour lui porter le dernier coup. Us ont aboli son culte et ses lois. Ils ont fait entendre à ce peuple séduit et trompé qu'ils ne voulaient point détruire la religion, mais simplement l'épurer. Et cependant est-il un moyen qu'ils aient négligé pour lui arracher la vie?
Non contents d'avoir calomnié et décrié ses ministres, ils sont allés jusqu'à les dépouiller, jusqu'à les im-noler comme des ennemis publics. Yous savez enfin que, ne gardant plus aucune mesure, ils finirent par renverser les autels, pat* détruire les temples; et que là où ils les conservèrent, ce ne fut que pour y venir adorer, sous le nom de Raison, une divinité chimérique qu'ils avaient substituée au vrai Dieu. Le chef de l'Église ne fut pas plus épargné que l'Église elle-même : on le vit dépouillé de son autorité, renversé de son trône, chassé de ses États et venir finir ses jours dans l'exil et l'esclavage.. Les partisans de l'impiété en triomphèrent et ils se flattèrent d'avoir enfin aboli la religion du Christ. Mais ils se sont trompés ; les ennemis du nom chrétien ont disparu et la religion compte un triomphe de plus.
De nos jours, l'Église est-elle traitée avec plus de ménagements que par le passé? Au contraire, jamais le dragon déchaîné dont parle saint Jean, n'a déployé plus de fureur pour la détruire que dans les malheureux temps que nous traversons. Sans parler de la presse immonde et impie dont il se sert pour tout corrompre dans les dernières campagnes comme dans les premières cités, ne poursuit-il pas par son œuvre de perversion, par le moyen des sociétés secrètes et par ces légions d'hommes orgueilleux, hypocrites, menteurs effrontés qui mettent leur gloire à tromper et à perdre les âmes? Leur haine satanique ne poursuit plus seulement, les religieux, les prêtres, les
pontifes, mais elle s'attaque à ceux dont le christianisme a toujours pris un soin particulier : l'enfant et la femme. On a inventé, dans ce but, l'école laïque que le bon sens public a défini plus clairement : l'école sans Dieu. Plus d'enseignement religieux dans les écoles, plus de prière, plus de signe extérieur de la foi. Le nom de Dieu est soigneusement écarté des lèvres du petit enfant, comme s'il était une souillure. L'image de Marie immaculée, dont le regard seul suffisait pour entretenir dans l'âme de la jeune fille un parfum de pureté et d'innocence est remplacé par l'emblème d'une femme sans vertu et sans pudeur. Le crucifix lui-même, ce signe adorable de notre rédemption qui a éclairé tant de ténèbres, consolé tant de douleurs, fortifié tant de défaillances est décroché et jeté à la voirie comme un meuble de rebut. La haine satanique des ennemis de l'Eglise est ailée encore plus loin. Ils ont compris dès le début de la lutte la résistance de la femme à leur ignoble enseignement, aussi a-t-elle dit par la voix de l'un de ses coryphées : « Pour abattre le catholicisme, il faudrait supprimer la femme », mais puisque sa suppression est impossible, corrompons-la. Pour atteindre ce but infernal, on a imaginé d'ouvrir des casernes d'un nouveau genre qu'on appelle des lycées de filles. Dans ces maisons destinées à fournir des maîtresses capables de former à la société de nouvelles épouses, de futurs mères de famille, on remplacera la pudeur par la vanité, la foi par l'incréculité.
Que verrons-nous sortir de ces gynécées où l'on n'aura jamais appris à ces jeunes filles la mission religieuse et domestique que la femme a reçue de Dieu? Verrons-nous des mères affectueuses et dévouées? des épouses chastes et fidèles? desjeunes filles obéissantes et réservées? Non, non. A côté de quelques précieuses ridicules, on verra des femmes éhontées, dévergondées; et la famille ne sera pas seule avilie, la patrie elle-même pourra alors couvrir sa tête d'un voile de deuil ; car, comme l'a dit un brillant orateur à la tribune nationale : « Si les femmes chrétiennes ont fait de la France la première nation du monde, nos libres-penseuses sont appelées à en faire la dernière des nations. »
En présence d'entreprises si audacieuses et si impies, en face de tant de dangers, devons-nous nous décourager? Nullement, parce que l'Église a reçu de solennelles promesses d'immortalité; nous devons tourner vers Jésus-Christ nos cœurs et nos mains suppliantes et lui dire avec les Apôtres : Domine, salua nos, perimus. Seigneur, sauvez-nous de ces doctrines impies qui vous offensent et nous affligent; sauveznous de ces crimes qui provoquent votre justice et attirent sur nous tant de fléaux vengeurs; sauveznous de ces hommes cruels et sans remords qui blasphèment contre vous et qui menacent vos adorateurs ; arrachez à la mort nos enfants si cruellement persécutés. Domine, salva nos, perimus. Tels sont les cris de détresse que nous devons pousser vers Jésus- Christ. La prière est l'arme unique et l'arme vrai-
ment puissante que nous devons employer. Ceux mêmes qui s'étaient déshabitués de la prière doivent joindre leurs voix aux nôtres pour supplier le Fils de Dieu d'avoir pitié de nos malheurs. Que notre foi soit donc ferme, notre confiance sans bornes, notre prière ardente, et Jésus sous un sommeil apparent dissipera les complots de l'impiété. Ne le connaissez-vous pas? Quid timidi estis? Soyons pleins d'espérance et de foi, marchons vaillamment dans la carrière du combat et du triomphe et nous mériterons ainsi d'entrer dans le port de la bienheureuse éternité. Ame-
POUR LE MÊME DIMANCHE