IMITATION DE JÉSUS-CHRIS
Un jeune enfant de quelques jours est porté au temple sur les bras d'un vieillard et d'une jeune vierge pour y être offert au Seigneur, et pour y être racheté par l'offrande des pauvres. Rien extérieurement ne le distingue des enfants ordinaires, et cependant il est la consolation d'Israël, le désiré des nations, l'objet de l'attente de tous les peuples. En un mot, il est le Messie. Au moment où le nouveauné est au pied des autels, un saint vieillard, conduit par l'inspiration divine, entre dans le temple. Il n'y a pas plus tôt aperçu l'Enfant-Dieu, muet encore et enveloppé de langes, que transporté d'un amour plus fort que le respect, il le prend dans ses bras et, embrassant d'un seul coup d'œil tous les effets que produira sur la terre la venue du Rédempteur, il adresse à Marie cette parole prophétique, qui se réalise chaque jour dans toutes les parties du monde : Positus est hic in ruinam et in resurrectionem multorum in Israël,
Comment le Messie qui vient sur la terre pour détruire l'empire du péché et rétablir le règne de la grâce, peut-il être un objet de ruine pour plusieurs ? Oui, mes frères, de même que Jésus-Christ sera véritablement un principe de vie spirituelle et de résurrection glorieuse pour ceux qui l'écoutent, marcheront sur ses traces et le copieront trait pour trait, il sera également un principe de ruine et de réprobation pour tous ceux qui refuseront de l'entendre, de le suivre et de l'imiter. L'imitation de Jésus-Christ est donc un point capital pour tout chrétien désireux d'arriver au ciel. C'est pour cela que je veux voas parler de cette imitation. Nous en ferons le sujet de deux instructions aussi importantes qu'utiles. Dans la première, nous vous prouverons l'obligation où nous sommes d'imiter Jésus-Christ, et dans la seconde, je vous dirai en quoi nous devons l'imiter.
(Voir le Missionnaire de la campagne, tome III, 9i et 98).