‹ Don AlonsoChapitre 11 sur 62 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

SUITE DU MANUSCRIT D'AÏNHOA

SALAMI aQCB.

k Mugai^ta. — Sir Gcargn, imte de D'". Bartolamt <lt

< Salamanitue parut. A cet aspect, mon cœur accablé se rév4Ml)a. Il battit romirip celui du volontaire qui voit le champ de bataille s'ouvrir devant lui. La caravane franchissait le poulélevé sur la Tormès.il y a dix-huit cents ans, p^ la domination romaine, sous Trajan, ce César de gloire immortelle que l'Espagne donna fi Rome et à l'univers.

« Tout me frappait ; celte ville noire d'étudiants et de ■prêtres, ses cloîtres, ses églises el ma triste liberté, ma solitude, étaient autant de choses nouvelles pour moi. Je courus à l'université, en songeant combien d'hommes illustres s'étaient formés à celte grande école où autrefois l'AlIcmngne el ritalie envoyaient les premiers de leurs enfants. Les temps étaient bien changés! Parmi les trois ou quatre mille ôtu-

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Suite ad uiitisCBn D'aInhoa. 59

diantsquisuivaieni tes cours publies, un grand nombreélaient des fils d'artisans et de villageois qui voulaienl fuir les i>énibles occupations de leurs pères, fians se vouer aux auslérilés du cloitrc. Beaucoup marebaient demi-nus sods l'habit DOIT qui les devait couvrir; n'ublenaal aucun secours de leurs familles épuisées par la seule acquisition du bonnet carré, ils étaient réduits à recevoir la portion du pauvre sur le seuil des couvents, ou à mendier au coin des mes, et quelquefois dans les environs, à main armée. D'antres mettaient leurs services aux gages de la riche noblesse^ paroe que chez les nobles xm ne déroge pas, et ils qniltaient Ulivrée pour venir dans nos salles apprendre une dialectique barbare. Au premierabord.'oncroitapercevoir quelque chose d'estimable dans oe concours d'une jeunesse se pressant, en d^t de la misère, vers lee sources du savoir. Hais combiea élaîlril de ces élèves de l'université destinés à honorer un jour la médecine, la chaire, le barreau, la magistrature, les conseils du prince? Ce qu'ils venaient chercher, c'était un lilfe de bachelier, de licencié peut-être, qui leur conférât le droit d'afficher un souverain mépris pour les travaux paternels, et de vivre aux dépens de la partie laboiieuse de leur famille, de même que les membres parasites de notre clergé séculier, nos soixante-quinze millemoines, les puînés des grandes maisons avec leurs bénéfices ruineux, vivent aux dépens de la partie laborieuse de l'empire. Pauvre Espagne! Qu'il était petit le nombre de ceux de tes liU i[iii nonrrissaient tous les autres! la mendicitéétait chez loi liii'n ingénieuse : elle avait pris tous les manteaux.

■ La Péninsule est le pays de la terre où l'instruction a él6 mise le plus largement à la portée du pauvre : c'est le vieil esprit de la société chrétienne dans le mondeenlier. Par malheur, au lieu de régler l'enseignement d'a{H>ès les besoins des positions divN'3es,.au lieu de présenter au l^xtureur ou à l'artisan des connaissances qui l'attachent à sa prctfession, en lui donnant les moyens d'accroître i la fois l'aisance de SOS enfants et l'industrie de son pays, on lui oflre, comme

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