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128 LIVRE CIKItUIËHE>
uable.CRlte loi^ue file de soldais, ce brillant éiat^major, le bruit des fanfares, te concours d'un peuple immense, dm Luts et ma mère parmi les assistants, Varia absente, les grands et saints devoirs que je contractais, toutes ces choses, la plupart si imposantes ou si nouvelles, remplacèrent dans mon âme par des sentiments plus profonds le trouble qui la remplissait. Je me rappelais toutes les paroles, toutes les espérances de ces entretiens si ehers des monts sauvages de la Cabrera. Je tirai mon épée; le drapeau de la patrie s'inclina devant mon serment de lui rester fidèle. Dieu dut l'entendre, ce serment de l'honneur; mon cœui' passait tout entier dans les paroles sacrées que je prononçais. Ia foule, attentive à cet engagement solennel , semblait émue ainsi que moi, et mon père laissait tomber une larme sur la croix de Charles IIJ, qui décorait sa poitrine. Le cri de vive le Roi y noire Seigneur ! retentit longtemps dans les airs ; il partait à la fois de tous les cœurs : ce mot comprenait la patrie. '
« Les officia* m'environnèrent; tous portaient la bienveillance sur leurs visages pleins de franchise. Parmi les plus empressés , brillait le lldèle et sémillant chevalier de la Puerta del Sol. Son oeil vif, ses mouvements brusques, son air martial dans sa taille exigué, son enjouement me plural dès l'abord. Il traînait un grand sabre, et ses longues moustaches ombrageaient la moitié de son visage. Ce jeune colonel commandait la compagnie ^ laquelle je fus attaché et n'avait pas tout à fait mon âge. Il prit ma main dans les siennes, la secoua sans fm, m'embrassa pour compléter la connaissance, et me dit : « Démonio! seigneur don Alonso, soye» « le bienvenu : vous avez fait vos preuves, et nous ser<HU « tous ravis de vous avoir pour camarade. Démonio ! vous t et moi nous sommes déjà des parents et des amis : car « vous êtes le frère d'une de mes tantes et le sauveur d'une < autre; vous pouvez compter sur don CarioH.'à la vie et à ( la mort. >
« Don Carlos était le âls de don Juan, le frère aloé de
SUITI! DO MANUSCRIT B'AÎNHOA. 129
Frey don Jaymé; son regard avait tant de doureur, ses expressions sur ma famille taut de naturel, que je jugeai de lui comme ma soeur. On ne pouvait révoquer en doute sa sincérité. Il ajouta gaiement : ( Démonio, ma jolie « tante, la très-aimable dotlaAngiislias, peut enlever Jl ma < famille, s'il lui (ilalt, un bel héritage! Démonio, notre 1 seul regret, le mien du lAoins, est d'appeler du nom de 1 tante une femme céleste ik qui les saints du paradis ( eus-mémea voudrsiient en donner un autre!» Je le quittai, soulagé d'un poids importun, en ne trouvant pas sa lui un ennemi. Dans la disposilion où j'étais, je voyais l'horizoo s'étendre devant moi sans autre nuage que celui qui pesait depuis tant de jours sur mon cœur et sur ma pensée.
■ De retour chez mes parents, j'entendis de loin plenrer doti» Léonor. Quand le guichet de la porte fut ouvert, tout en répondant au qui vive? l'éternel çenledePax '.j'aperçus don Luis consterné aux côtés de ma mère. La porte s'ouvrit i son tour, et j'appris qu'un homme, de la livrée du roi, venuit dé m'apporter un message, se justifiant d'un relard de plasieursjouFsparjene sais quelle excuse: c'était un ordre du ministre de ta guerre qui changûail ma destination et m'envoyait à un régiment expéditionnaire, cantonné dans les savanes désertes de l'Amérique septentrionale, auxextrémitésdu Nouveau-Mexique. La date decetarrètdeproscrip* lion m'apprit trop que j'avais encouru, dans ma rencontre avec don Hanuel',dcs ressentiments inexorables. lii lettre de cachet remontait à ce jour-là. Elle avait sommeillé, suivant l'usage des affaires, dans les bureaux. L'ordre de hâter l'expédition était, au contraire, du matin même. C'était la signature du commandeur. A ce moment, un autrs message de la couronne arriva; je pensai que la comtesse, instruite à temps, avait détourné le coup, et déjà je regret-
■ Geni de bien.
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