LIVRE SEPTIÈME
et à l'aridité des pAles. Bien souvent, j'eus & soufTrir le poids d'un ciel embrasé, à travers ce continent où tout m'était nouveau, les productions de la nature, l'aspect du firmament, le visage des hommes. Perdu sans cesse au milieu de peuplades dont j'ignorais les vingt langues confondues; dépaysé par les splendeurs de la nuit comme par cdles du jour; n'apercevant pas sur ma tête les astres connus de mon enfance, ni autour de moi les fonnes végétales, les sites, les horizons de ma patrie, je franchissais quelquefois de riches vallons où éclataient de toutes paris les miracles d'une éblouissante fécondité, ensuite des gorges creusées par la lave ardente, plus tard les neiges éternelles, trop souvent d'incultes savanes. Une fois passées ces villes de Puebla de los Angeles, de Xalapa, de San- Luis, de Guadiana, de Durango, de Zacatecas, et tant d'autres où le génie espagnol a porté les créations et les aspects du génie arabe, faisant régner ceux qu'il a dépossédés de Sévîlle et de Grenade sUr cet hémisphère ignoié d'eu:, mon unique refuge était la liutte solitaire ou le tatnbo des muletiers, ce grossier hangar que la politique ombrageuse du conseil des Indes fit dresser au milieu des bourgades, à l'usage des passants, pour tenir la population cuivrée loin de tout contact avec des idées et des mœurs Étrangères. Combien de fois la tortilla (ou crêpe) de mats et le pulché de maguey furent-ils, pendant bien des jours, l'unique ressource de ma lassitude, de ma soif, de ma faim ! Je ne compte pas la surprise de quelques rdtis de lion, mets robuste que mes vingt ansélaientheureux de renconiJBr. « Grâce à Dieu, je ne fus pas assez dominé par les misères d'un tel voyage, pour ne point admirer la scène livrée à mes regards. L'Amérique est véritablement un monde nouveau pour l'Européen étonné. Comment peindre les efiets superbes d'une atmosphère plus transparente que la nétre, ouverte à de plus vives clartés prodigue de couleurs et de reflets , rapprochant de l'œil les distances, et dessinant de toutes parts , dans l'azur opaque des cieux , l'imposante structure de ces Cordillères , dont une croupe porte k ta
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bautedr des Alpes l'empire de Montézuma? Leurs flancs se déploient, chargés de cultures, de pâturages, quciqucibîs de forêts vieilles comme la création, souvent d'opulentes cités, partout de provinces qui seraient en Europe des royaumes; leurs cimes, éblouissantes de neige, s'étendent comme de vastes bandeaux d'argent sur le paysage immense qu'elles couronnent. Çà et là se détachent sur la voâte céleste, qu'ils semblent déchiier, tantôt des massif immenses de roche vive qu'on prendrait pour des géants debout sur le sommet des monts, tantôt le basalte et ses formes capricieuses , ses débris réguliers de vastes colonnades, ses portiques tronqués, ses arcades d'une dimension surhumaine , ruines effrayantes de monuments qui n'existèrent pas. Souvent aussi vous vous arrêtez aux pieds d'un volcan dix fois plus élevé que l'Etna et le Vésuve. Ici les cônes d'Orizaba et de Pérote, aux pieds desquels vous passez, semblent des pyramides éternelles; ailleurs, ce sont les pics de Colima et de Jondlo; sur le plateau central , au-dessus de Mexico, et rendant en quelque sorte la capitale visible à tout l'empire, l'Iztaccihualt et le Popocalepetl s'élèvent avec majesté comme deux époux, rois des Andes mexicaines.
( Telle se présente cetl« colonie du Mexique ou de la Nouvel le- Espagne, cinq fois plus vaste que la métropole, dont la charpente est de porphyre ou d'or, dont la surface présenté à l'industrie de l'homme de plus riches trésors que ceux de ses entrailles. Les tribus de végétaux, établies depuis les plaines du rivage et le fond des vallées jusqu'au séjour des étemels frimas, changent autour du voyageur, & niesure qu'il change de climat en s'élevant sur la croupe des monts. Aux plages des doux mers, tierras calientes, comme on dit, où la perle brille parmi les sables , commence la région du salutaire jalap, des ananas , de fruits délicieux qu'ignore notre Europe, du tabac, ce fidèle et fatal ami dos Espagnols de l'un et de l'autre hémisphère, qui va, dans le palais des rois et des grands comme sous la tente sauvage
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de nos pfttrçs, changer en une inëme trist^e ^jmthitfue e^ fainéante Tenau) de la papviret^ el celiii 4e |^ gf a^il.^jir. Ç^\ là que le Mtropbs dpnpe à l'iijdi^èflg Ig jiaijj'noii'rrji^fff, dji. ntaniot, là qilp ^ b^anier ^nci ^f i?!»'!)! ^^ rijRJpmç ijn alimep^ qui supplée àus cérëaleg (Ip jiqs çojjlr^. |^"lj.ipp touiîue est parfont, pre^d tpijtes les fQrffieç, s'élance ^i iofifes les hauteurs, décore toutes Jes tpaîsopg, éct^se tous Içs iirbres de sa parère aux cent bras et aux cent couleurs. Çello qui donne la vanille, embaume de ses parfums et tapisse de ses fleurs les feules des rochers, j^ riye (1^ torrents, l'é^ païK^eur destx)is. Partout s'étale l'aloès; partout Sj^ dresse le cactus gigantesque. A ç^té dû c^ptiJS dont les dards menaçants abritentlà cochpnîlle, l'arbuste qui doijiie au^ arts l'indjgo, le cacaotier ei précieuiL à la Vie espagiiole de Î'Âifiérique aussi bieii que ^e la Péninsule, le cotpniiier, le peper, embellissent, de leiirs précieiii fcs^qs, le cours des fleuyes ou [es flancs desmonlagnes. ï^ çaiine à'sucre mopire de tous côtés sa yerduçe légère, te cafier atteint là limite des perpétuels prinlp.nips. te Hz et le mais, llgname et la patate parent cette fertile échelle. I^a vigne d'Asie et le froment d'Europe s'y rencontrent; rolivier,Te lin, le chanvre n'attendent que teur admission au droit de cité dans nos colonies, pour doter de biens de plus la patrie de l'argent et de l'or. À toutes les liauteiirs se rencontre la pomme de terre , qui partage avec le cliiea , cet autre ami de rhommç, Iç privilège de s'acclimater {lartout où l'homme peu|r vivre ; et , npn moins facile à cultiver, plus bienfaisante encore, l'agave, senil>lable à une source miraculeuse, épanche, trois fois le jour, sons le nom de pujqije, ijn breuvage peu goûté de l'Européen, mais qui estleniiel et le via des populat ions mexicaines, jusquedans le voisinage du nord. «Cet heureux sol, propre aux cultures de toutes les contrées, n"a besoin que d'être foulé par le colon pour livrer à ses sueurs tous les métaux que peut renfermer le sein de la terre. Le fer, le cuivre, le mercure, l'or enfin, oubliés jusqu'à présent diins les mines de la Nouyefie-Espàgne, sont
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autant d'^|é;nei)ïs d'une prospéri^ qui a|)i^ quelque jour l'aiiçiep cttriMnei}}' poiir tritiiiUir^. Assi^ au cepVçe ^u glu))fl, ie Mexique peul communiquer il'itpe inainayeç les ateliers (|c l'pjlTORfi, et de l'îMtrp ayep Ifis Cftmplojrs dg jÙsie; i| (oiichc BPFÏa'pàjifornie k la Russie sipéricaine^ Il nç çonfiiiçqup Irqp ^ésprinais ^[if Éta^s-Unis. Depx Océans , mpuiliant quinze cents lieues de rjvagei-, s'pffrenf des deji^ cà^és cpffiine jiens. çt. s'D le U]\^\\, comnie barrières des deux mondes.
fi Les pro^i^ctJQRS et 1^ aspects ne changent pas seuls avec Igs cljin^ls. L^ moeurs, [es demeures, j^ trai^ montes des tiab|lan^^ se fess^fitetil. de cette influence ^{ivciaîne. ^^is l'jiomme a plps de force ef plus de vjç, à nriMurc quç laV^étation prpBëpïe'jnpjps de vigueur e|^e t>eanJé. p'os(. que Tes (Jops qu (ravajV^urmeiUeijrs jjour [gj que ceux de 1^ HaliJr^.À l'exemple de lapopùlalion pfimiiiv^, les çoij- ^(u^Mi^SBWBtprpssésdaps les liai(les régions, sur le yasfc plateau d'^nàbiiac, centre d'uaç civilisation aptériçi^re. \À, fleurjrsnt, pam)j des !|Jttes sanglantes, les réij^biiqùes Tl9zcallai)çs et la monarchie des Aztèques, superb^ lîyales qu'on pourrait appeler la Grèce et la perse dq jiouvciiu monde. Là, des cités que parent les œuvres du génie, jês recherches du luxe, les hicofaits des arls< étalent leur civilisation européenpe parrni les rujpes de l'ordre de'chpçes qui n'est plus. Là, se tienrtent debout de vippx temples qù) ont suniéct)' ^ leu^s fondateurs et à leurs (lieux ; des autels îmipenses, devajit lesquels l'âi^^e, frappée de leur majestç. éprouve encore je ne sais que|le émotioii religieuse ; des aqueducs dignes de l/i splendeur rqmjiinc ; des pyramides qui égalent eu grandeur les rponu^nents élevés par le sabéisme dans les plajnes de la vjejlje l'^g}')ilc-
c Six ou huit raillions d'hommes sont les seuls bùlcs du cette terré enchantée, qui pourrait nourrir un. tiers de l'ancien continent. Comme s'il était dans sa destinée de servir de rendez-vous à tout ce qui nait sous des ciciix opposés, les trois grandes variétés de notre race y vivent à la fois. IjBs mélanges les plus divers, les dégradations les plus in-
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sensibles do noir, in blanc et du rouge cuivré, s'y confondent, à côté de familles qui conservent dans leur vîgu^ir diacun des types primitifs.
cPourquoi faut-il que les hommes de toutes les zones ne se soient rencontrés sur la crête des Cordillères qu'aGn de se haïr? Pourquoi des Iiiérarchies, fondées sur le hasard de la couleur, entretiennent-elles de nuance àniianced'inexorables inimitiés ? La peau humaine n'a pas une teinte qui n'ait reçu on rang et un nom de l'oi^neil de ces libéraux américains, que révolte l'autorité de leur mère-pàlrie. Nulle aristocratie au monde n'a classé plus scrupuleusement les infériorités, ni mieux distribué les haines avec les distinctions. C'est là que triomphent les Htibiles dont la maxime est de diviser pour régner. L'Indien des classes inférieures, déjàplébéien au temps de l'empire de Montézuma , gémit toujours sous le joug des descendants de l'ancienne noblesse aztèque, magistrats municipaux aujourd'hui, qui, au lieu de protéger leurs frères, continuent d'écraser des concitoyens, pour oublier qu'ils ont des maîtres. Tels sont les caciqves. Ceux-ci , quoique éle* vés au rang de la noblesse castillane, abhorrent le créole, blanc d'origine, possesseur du territoire, héritier des E^ pagnols conquérants et de leurs sBccesseurs. Le créole ' , de son cAté, la plupart du temps fils ingrat et infidèle de notre Espagne, ne pardonne pas aux Européens, c'est-à-dire aux nouveaux venus de la métropole , aux enfants de la commune patrie, les chaires et les honneurs dont une politique ombrageuse a te tort, en eflet, de les investir presque seuls. Enfin , les castes de sang mSlé , que les races pnres désavouent de concert, recueillent l'universel mépris et rendent à tous haine pour haine.
s Je ne parle pasde l'Africain. Le noir estceluiquel'œit rencontre le plus rarement dans l'Amérique espagnole. A peine quelques milliers d'enfants de la Guinée se montrent-ils çâ
' Lee blnncs se dial'mgucnt en créoles ou ÙU d'Egpagnols ancteanement éublia au Mexique, et en Euiopémt ou ËipagaoU qui viennent y résider.
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et ià. L'Europe ne sait pas assez que la siieur de l'esclave ne baigne nulle part les richesses de ces contrées; un travail libre exploite seul les entrailles aussi bien que la surface de la terre. L'Indien de la dernière classe lui-même, distingué de ses caciques par un tribut personnel , et à cause de cela nommé tributaire, est sujet et non pas serf du conquérant. L'histoire ne refusera pas à l'Espagne cette louange: jamais le vainqueur n'environna le vaincu de tant de sauvegardes. Les lois lie la métropole ont été plus paternelles pour les naturels àv Nouveau Monde, que ne le sont pour leurs paysans la moitié des monarchies européennes, mille fois plus que ne l'a été depuis six cents ans l'Angleterre pour son héroïque et malheureuselrlande, Ils joiiissenldo la liberté municipale; leurs droits ont été placés par la haute juridiction des Audiences royales sous la garde du glaive de la justice. 1^ haut clergé leur prèle depuis trois siècles le secours de son autorité. Ils trouvent une protection plus puissante encore dans le conflit des rivalités qui s'agitent sur leur tète. Pourquoi faut-il qu'en faisant beaucoup pour la sûreté de l'indigène, on n'ait pas fait assez pour l'éducation de cette race flétrie? Il .s'est Ironvé des bienfaits destructeurs. Les barrières élevées autour des bourgades indiennes , en les défendant peut-être de quelques agressions, ont repoussé les lumières et les arts. Le tributaire et ses caciques croupissent ensemble dans la fange de l'ignorance et de ta débauche. Je sais bien qu'on accuse leur caractère et leur intelligence de cette dégradation ; on parlo de leurs vices indomptables! Mais c'est partout l'ai^ment de la force. Les oppresseurs de l'Irlande, de l'Inde, de la Grèce vous diront aussi que la misère naît dans ces contrées de la licence et de l'oisiTeté. 1) est facile de condamner tout un peuple qui souffre. Quand nous apercevons une nation corrompue, sachons faire la part de son régime; car la tâche des institutions est précisément de redresser, de fortifier les âmes, d'éclairer les esprits, de policer les mœurs. C'est, il faut bien le dire, ce que les blancs ont trop souvent redouté.
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€ IVqs possessions d'outr^ioef sf>nt ^^iffini^toét^ dç ^cc(ç ^ siècle pitr le conseil (les IndpP- Opii^i^^f^ et jaloux çoiqqie le son^ les corpSi il a voulu lepir en main, d\t fQ(id ^c la Castijie, tous les flla d« cetl« gr^iufe |ra;ife q)f{; l'op' appelle l'auUirité; il a préien;lu plier à ses iiripiuables s;gt^ipçs |ous les lieiUE et tous les temps. \,& cirçoospçction a çiointiié ses pensées ; elle lui enseigne, «lëpiiis ^is cents ans, a réguler l'essof des colonies pour assurer les droits <1f la métropolç. Aux inimitiés de coulegr , il a laissé s'ajouter celles des casles, des professions, des autorités diverses; le littoral, séjour du commerce, et le plateau, siège des grandes existences, n'ont pas cessé uo jour de se haïr et de se calooinier. La richesse métallique a lutté avec 1^ riche^ agricole, le sacerdoce avec la noblesse, la magistraturti avec les grands et le clergé, je pouvoir militaire avep l'aiiloritû civile. A Uavers cette guerre domestique, le conseil ^ interdit les fabrications et les produits qui auraient créé à Tagriculture et à l'industrie languissantes de la P.éninsi))p . de salutaires concurrences; il a entretenu ainsi fintjigence 3U sein d'une terre qui pourrait être le grenier, le jardin et le trésor du moude. Combien de familles créoles, cqmbjen de villages indiens sont livrés au désespoir, faute de pouvoir défricher d'immense^ savanes que l'abus inconcevable de l'institution des majorais laisse, depuis H conquête, désert^ et pisivçs 4 côté d'eux I
< Cependant, anprës d'existences m|sérat()es, s'^lèvept sans intermédiaire d^s fortuna^ fabuleusçî. Ces eitr^DKs de l'ordre ^ial n'ont rien de commun, si qe n'est les yjçes; car il est ui) degré de richesse et de pauyrété qui pprie 1^ mêmes fruils, c'est-à-dire l'engourdissen^ept, l'ignorance, la superstitipn , l'oubli des i^^voirs et Ip besoin i]es pi^liques, le désordre flnfln, spijle distr^ctifl^ (i'HPP y|* 9"! ^ «se toutes les ressource dg la pFgspé''ité P4 tflHies iç^spuffrances de l'infortune.
• \À clergé, lien des d^u» situation^ copme d^ f}^m peuplsç, tj<ïilt ^ux yainqypuES paf sa (iepté et »ux riplies gar
SUITE DU ilïRUâiSRI^ d'aInhoa. i7d
m U^âti; àùx tiirttUb ptkl* Vôb ministère et »Ux pstivres l^t- ii charité; & tôil'S, pàt soâ poavôir, [tar sei intérêts, pdi- Ves ïiréiàii du ^Hg. Sa dbtaliéh se compose ni'ôltts de MiU'foiids qU'e d^ capitaux iihm&nSes, et cette propriél^ ^l la Val^t- est lAlta'ch'ée iiix E^csoinâ de l'industrie , dé ràgritiultnre, du comméite, i te rare avantage de lier ses intérêts à ceux de la prospérité publique. QUant aux mœurs, les passions actives de la femme indigène que la froideur de l'Indien révolte , les entralnemeols d'une gt^hdé aUtôrStï, eiiâa k^tt« mollesse géuértle des habi< tù'des et d^ mœui^ qui tient tiu i^limàt, à ta fiais iiitériêute, à d'iâimetlSeâ fitttunes, tant de causes li'ont t^ue trop porté la riwrtïptioft jusque dans l'Église de JésUs-Ctirist. Hais, ft travers les dé«iot-dt«S, le l^sle et la tvchei^he licencfeuse des cotiveiits, de hautes vertus conservent l'éclat do sancttiait%; les prélats se cmicilient le respect unaniiBS des jieuplefe; il se trôUve ebiiore des évoqués comme tes bartOlomé de Las Casas ou les VasCo de Quirôgaj pour ptaîder ft ià cbUr de Madrid la caUse du Mexique, et au Hleiil|Vré dette de ta concorde : véritables amis des hommes qui VeUl'nit éféâdre à tous la protection des lois en même teinps 'i|Uê tes Menfïils de l'Évangile !
c Tel eËt ce Mexique, qui n'atte'Ad qu'une administradon ^lÙB éclail'ée et plus favorable poUr ètortner te monde par tes mei-vdlïes de sa prospérilé. Malgré taht de principes fiihesfes, depuis ravcUement de ta maison de Bourbon, depuis surtout le t^ne de Charles ill, la population s'est accnie, teâ arts se soiit développés, les sciences ont trouvé d'heureux adeptes, la civilisation a poussé datis les esprits et dans les coeurs des ratines profondes. Depuis lors, l'émaneipation des États-Unis et la révolution française n'ont secoué sur les irôyaumes d'^nutre-mer que des lumièros trop vives; un idceiidie pouvait, d'On moment à l'autre, s'allumer à ces feus redoutables. Si nous ne nous hâtions de désarmer l'Indien et les castes par l'atTranchissement du tribut qui les Qétrit; le coton, par la liberté de toutes les
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cultures; le commerçant, par des franchises; le ju^tre, par l'élni^ement des dignitaire étrangers qui ravissent à sa légitime ambition le prix de ses travaux; les riches et les grands du sang créole, par l'admission au partage du pouvoir, qui pourrait dire ce que la coalition de tant d'inimiliés héréditaires tenterait à la longue contre les ânùts et l'autorité de la mère-patrie?
u Ce fut aux extrémités septentrionales de l'empire, non loin de nos établissements de la Californie, sous le ciel de la Nouvelle-Biscaye et du Nouveau-Mexique, que je fis mon apprentissage du métier des armes. J'aimais ce nom de Nouvelle-Biscaye qui répondait à mes plus chères préoccupati(His de la patrie absente : il me rapprochait de Haria. Je retrouvais à ces confins du monde espagnol les pas intrépides de Fernand Corlez dont les traces sont partout sur le continent américain. J'errais avec mes compagnons dans le voisinage de l'intendance de Durango, panni ces postes solitaires, dont la faible garnison ne réussit ni à détruire l'Indien errant, ni à protéger l'Indien cultivateur. Des combats de tous les jours ne servaient qu'à mieux aguerrir l'Acoclame , l'Apache des ravina stériles de l'Acha, le Chicbimèque, brigand infatigable, et surtout cet Aral>e, ou plutôt ce Kalmouck de l'Amérique , l'audacieux Cumanche, qui se joue sur un cheval fougueux comme le Numide ou le Scythe antique. Nous les trouvions plus audacieux que jamais, maintenant que la Louisiane leur offrait, sur une frontière de sis cents lieues, im refuge assuré.
a Les irruptions chaque jour plus opiniâtres et plus fréquentes n'occupèrent que trop mes longs luisin» eur celte limite de l'état policé et de l'état sauvage. Devant moi s'étendaient les steppes incultes qui se prolongent jusqu'aux monts Alleghanys et aux mers du Nord. Les rares habitiiiils Irappcs de torreur, s'étaient enfuis vers les villes lointaines de l'intendance.
[.3,1. :i-,C(K>tjl>J
SDITE DD MANESCRIT D]AÏNH0A. 181
« Je vivais séparé du monde par des déserts, n'apercevant plus d'autres hommes que ceux qu'il me fallait mener au combat, ou poursuivre, le fer en main, à travers des solitudes sans bornes. D'betireu^ hasards favorisèrent rapidement mes premières armes. Le vice-roi venaU de me donner une compagnie, lorsque des dangers intérieurs rappelèrent tout à coup mou régiment, des plaines arides qui s'étendent le long du Carcaî, aux exirémités de la Sierra-Hadre.
« Des bruits sinistres avaient porté le désespoir dans, les campagnes. On savait que, dans sa condescendance pour les alarmes de la métropole, le conseil des Indes venait d'es-r pédier au vice-roi l'ordre d'arracher la vigne, devenue depuis quelques années la principale richesse de plusieurs cantons du Nord. La prudence du magistrat suprême arrêla l'exécution de cette entreprise téméraire ; mais des colons, avertis du péril, prirent les armes : ■ les milices provinciales comptèrent des transfuges. En haine des créoles, les compagnies de oouleur furent celles dont la fidélité se montra le plus acquise k la patrie espagnole ; mais on sentait jusque dans cette fidélité qui discutait ses raisons, l'ébranlement précurseur des grands changements. L'esprit do l'Amérique était changé.
c A la tète des mécontents, se trouva porté un homme qui avait exercé je ne sais quel négoce obscur à la Havane. Retiré, depuis lors, dans les montagnes de Cuacliinattgo, don Harcos avait compromis sa modique esislenee par celte vanité mexicaine que le roi catholique exploite comme la mine la plus productive de, ses royaumes : aucun sacrifice . ne lui avait coûté pour acquérir le droit de porter l'épaulette dans les milices ; afin de confirmer davantage le rang qu'il s'était assuré par cette faveur royale, il venait d'obtenir, à grands frais, un arrêt de V Audience royale qui déclarait blanc son visage basané. Fier de pouvoir opposer un titre ofilciel à l'évidence, il serait resté sujet fidèle, si les employés de la régie n'eussent précédemment arcaché ses plantations de tabac, et menacé maintenant le reste de ses cultures. Un
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simple làqtisis e3)>agnol aggrava les griefs du cblon par ees outrages. Car c'est ainsi que les choses se pâsëèflt. Ce miaêrflblfi, d'une arrogance autorisée par les eimrfpies d'an magistrat puissant qii'il servait, avait pris ft tâclle, en Voyant don MarcoS sous les armes, de prodiguer publiquement les Bnrcasmes ain teintes équivoques de sa peaUj avec cette insolence européenne dont la métropole aurait dû depuis longl^npa réprimer le scandale.
€ I* créole se vengea en tirant l'épée, et il entraîna de nombreux Colons, t C'est trop SDufMr^ leur disait-il, les i injures de ces mendiants venus d'Europe pour s'enrichir c de nos dépouilles. Le plus vil des Chapetones', aotis ses
< haillons castillans, Regarde avec dédain et ne craint pu I d'outrager tout ce qu'il y a de riche et d'illustre parmi ■1 nous. Sont-ils donc plus blancs que noUs ne le sommes? i Pensent-ils que le! nom américain ne soit pas aussi boaa
< que le leur ? Les États-Unis, maintenant nos voisins, t'ont 1 rendu gtaiid par fanite la terre!... * Des acclamations interrompircnirorQteufiqnl reprit: «Ils vOoa disent que leur i monarchie est encoropuissantecomme au temps delà ocm-
* quSte, que l'Europe marche tout entière sous ses loîsl Moi c je vous alarme qu'à l'exception de quelques petits Ëtals, « parmi lesquels la Péninsule figure à peine, celte Europe ue « se compose que de deux empires : l'Angleterre, béréliqae, V avare, ennemie de Dieu et des hommes, et la France, U t véritable reine de l'ancien monde, la patrie de Raynal, de « Montesquieu, de Voltaire, de l'Encyclopédie; la FVance,
* vaste foyer d'où jaillissent toutes lés lumières et tons les i foudres, devant lesquels la tyrannie Ë'enfttit épouvante; « la France qui nous trace la roule où nous devons mar- '* cher, efl plaçant celte taaie Lotiisiane, ntrtre sœur et noire
* compagne, «MB l'égide de la république de WaHhingtos. i( A ces fiers Castillans qui nous oppriment » demdnd « pourquoi leurs mains ont laissé aller cette riche conquête
' SobH(]i<etdi>tlné parles créoles aux Europttf)^!
SDITE DU ■ANOnilIT D'AINHOA. lU
t de iKHfincMl^ cbmtne des teursT Dematidei-^eur poiir* « quoi le roi, leur maître et le nôtre, se traîne ddns des bU k lUncefl et des soumissions sacril^ea, A la suite de tous k les gilutemanU français qui ont du sang bourbon, non tt pM ûiM le«FS veinn, mais à leur hache ou à leur ipésl t IttcafMblbs de gotiVemer et de défetldre leurs étroita do* < MttiMes^ tes Espagnols dégénérés prétendent régir l'Amé^ ■ fiqufl. Vous sftTeE si jâbiais un de nous a pu arriver HUi t ^plois; quelque titre qui le distingue! Il est temps que t nous ayons un gouvern«nent national et des Idh amies ; « quH n<tUs pdissians demander à la terre tous les dons t qu'elle ptohiet aUx stiiiis dâ l'homme; que les trésors cat ehés datld «m entrailles n'aillent pas à deux mille lieues i de houj sbudoyer des corrupteurs et des tyrans ; que nos t ritages s'duvrent aux bienfaits d'un commerce libre ; qm « n«us ud langilissiAis plus enfltl dans U misère, ru sein I dot richesses du monde! Vieux Espagnole et Tieui thré^ t tiens, régnons slir tel hémisphère qiJe iios alDiix ont codt qtfls cl fécondé. Entre deux contrées , dont l'une est • pâuTre, loitttaine, inconnue, l'autre, opulente, défrichée M par tioâ main^j chargée des cendres de nos aïeux et du t bbreeau de nos Sis, sachons une ibis choisir une patrie; t lit tnère^patrie est celle qui nourrit ses enfants, non pas » celle qui les épuise et les désole 1 »
« Don Marcos avait soin de faire intervenir dans tdntes ses harangues l'image de l'amlra) ttl du marquis. C'est ainsi que l'Amériqiie nomme Christophe Colomb et Heman Cortès, comme la Grèce dit le poète en parlant du diviti HonërCi II proclamait l'indépendance, au nom des grands hommes qui avaient apporté la sujétion : » lia furent, pré- ' * tendait-il) les derniers héros que le sol castillan ait profit dttitsi C'est qVie depttis lors l'Ëspâ^e n'est plus «n Europe. « Lé tnère de Med et 1^ saints qui nmis protègent veulent tt qu'elle scill parmi nohsi *
H Tttus ceux qdi ftvafent des plantatlobs menacées, des infitm h veiiger, M plus à gagner qu'à perdre, coururent »
184 LITRE SSPTIËIIE.
ranger sous l'étendard des factieux. Les amis secrets de l'indépendance jroelanièrent que plusieurs couvents souderaient les rebelles; que des curés lilaacs les animaient au combat. D'un autre côté, l'autorité eut soin de répandre que des caciques et des religieux indiens avaient promis de soulever leurs villages ; et au lieu de signaler les causes morales, les griefs, les passions, les événements, on imputait, selon l'usage, les progrès de la sédition à un vaste comploL
« Le gouvernement portait particulièrement ses regards sur un jeune seigneur assez riche pour prendre la rébellion i sa 80lde,'mais trop irrésolu pour se jeter corps et biens dans ces chances redoutables, [km Cristoval devait aux travaux de ses pères plusieurs millions de revenu, et à son opulence le titre (le Castille qui décorait cet immense héritage. On ne l'avait pas vu chercher en Europe, à l'exemple de ses égaujc, les jouissances que lui promettait sa fortune. La cour da «ceroi elle-même n'avait pas d'attraits pour lui, et le séjour de Mexico lui semblait importun. Comte de'", remarquable par sa beauté, doué d'un esprit qui savait trouver dans les sciences les délassements et les succès que leur dcmaude de plus en plus depuis cinquante ans la jeunesse américaine, on eût dit qu'il possédait tous les dons de la nature, comme ceux de la naissance et de la fortune ; mais son âme manquait de vie; alangui par le climat, il n'était pas de plaisir, ni de peine dont l'impression réussit à l'animer. L'étude, les femmes, ces grandes séductions de l'homme qui sent et qui pense, paraissaient ne rien dire à son imagination dédaigneuse ou glacée.
H Don Cristoval avait pour résidence un de ces ch&leaux qui étalent une magniflcence royale, parmi les misérables huttes des tribus indiennes. C'était sur le plateau de Cho- ' lula et de Tlazcallan. Là fleurirent de puissantes républiques. l aussi les naturels conservent peut-être plus qu'ailleurs un mâle souvenu* de la dignité de leurs ancêtres. Ce n'est pas que le tributaire, accolé qu'il était dans les anciens temps sous le poids d'arielocraties] oppressives, doive por-
StllTB DO MANUSCRIT D'AÈNHOA. 195
ter avec regret sa pensée vers les siècles qui précéderait U conquête. Mais il y a, dans les traditions des États républicains , quelque chose qui agite les Âmes, en attachant au passé de plus vives illusions de bonheur et de glmre. Là les nobles des anciens jours conservent dans les villages quelques traits du caractère de leur race. S'ils pèsent, comme les autres caciques, sur leurs concitoyens, ils fléchissent arec 'moins de bassesse devant leurs vainqueurs.
« Tel était un vieil Indien qui vivait dans le voisinage du comte. A le voir couvert à peine d'une tunique grossière, sale, les bras et les jambes nus, les pieds & peine déCendus par des sandales en lambeaux , cachant son existence dans une cabane de roseaus, il eût été difOcile de croire que cet homme fAt révéré au loin comme le descendant du souverain pontife de Cholula, et plus encore que la forttme d'un grand seigneur fût enfouie dans son humble réduit. Trop flers pour user du privilège de leur sang, ses aïeux avaient dédaigné la noblesse castillane qui leur était acquise. Ils vivaient loin de tout commerce avec les blancs. Leurs générations se succédaient sans connaître d'autre sollicitude que les soins de l'administration municipale, et d'autres jouissances que les liqueurs fortes.
« Deux chagrins avaient pourtant marqué la vie octogénaire de l'Indien. Ses deux filles les lui avaient donnés. L«s femmes de cette nation se distinguent des hommes par plus d'énergie. Le mépris d'une race froide cl morne exasp^ leurs passions; les plus nobles de sang et d'flme vont chercher dans l'asile des cloîtres les soufirances exaltées de la solitude. D'autres s'abandonnent à toutes les inspirations d'une imagination impérieuse et mécontente. On m'a conté qu'un pauvre curé, près de qui un voyageur gémissait de leura désordres, les excusa de son mieux en disant avec un soupir : iQue voulen-vous? Elles ne sont pas ingrates!»
< Le vieil Indien avait vu l'atnée de ses Qlles s'enfuir Imn de lui, et s'attacher, par un de ces caprices fréquents sous les tropiques, aux pas d'un nègre affranchi. Maintenant,
186 LIVRE SBt>TI&MB.-
|a Icmne GustimoUila n'aFSigaait pu moins l'orgueil de seai
père. Elle KÎmait le comte. Ce seniim^nt femtiÛeaait b\ àA> solail ES vie. &n iéçii de ses efforts pour trionipher (l'ellfla même, son oisur lui disait infini la bonheur d'émeuv(Hre{ d'eiqbellir une existence qui semblait n'attendre pour s'ao Bimer que le premiw souffle de l'amour. C'était un rftv(i insanEé. Quand le vieus cauique n'aurait pas cru ses ancés très flétris par de semblables feux peur un homme de vneo' blanche, qu'étaientrce que les souvenirs de la république de Cholula et une dot d'un million pour combler la distança qui, dans l'opinion des blaqce, la séparait du conte!
( Don Gristoval, toujours errant sur un eheval ra[ûde, ou invisible à tous les yeus , portait quelquefois sa pensée oiaive dans le village indien. Il distribuait çà et t& des secours ou des ordres , regardait les hommes fonpw le soir leurs danses mélancoliques, s'étonnait de nu yoif aux femmea parmi ras jeux d'autre ministère que celui de verser le vin d'agave ou l'eau-de-vie de mats, sraiblait n'en remarquer aucune sous les parures de fleurs dont elles étaient toutes chargées, et passait. Un prêtre indien avait eu soin de l'instruire des sentiments secrets de GuatimoUtila ; il savait qu'elle était la plus belle des filles cuivrées de la vieille Amérique , que nulle d'entre elles ne se parait avec plus de richesses, plus d'éclat et plus de goAt. On croyait savoir que cette image était venue quelquefois ocr Guper le vide de son cœur, mais seulement CMume iin son lointain traverse , sans le troubler, le silence du désert.
« L'infortunée était en proie à tous les tourments d'une passion qui ne peut ni se satisfaire ni se dompta; on la voyait se flétrir et s'éteindre; un souffle de marj, semblait avoir passé sur elle,
( Le bruit de la rébellion vint relever son âme. Elle pensa que s'il Iqi arrivait de rendre de grands services h la pj^trie américaine et d'illustrer am nom, elle ne mourrait pas sans laisser k don Gristoval le regret de no l'avoir pM naieus çûnnue. Elle n'allait point jusqu'à dewttqder à la destinée la
SUITB. DIf HANVaCRiT D'aÎNHOA. ttf
lieiilifiiir |e plus grapd qn'elte coiqprit. celui d'être In coqIt pagne du comte et la mère de ses flis : ce qu'il fallait à son HHPur, c'était que |e cour de l'Espagnol s'animât pour elle, qu'il gentil' qpe (ïwtùnotgila q'étail p^ indigne d'être
n Le» insinués, hattt)s dans plusieurs rencontres, s'étaient dispersés près \es bords du Monté^uma, l^a révolte paraissait étouftée, lorsque des vo)x ennemies révélèrent au Keiiqup 1411 projet insefisé de Godoy. |1 avait détruit les finances, \§ coinmerce, le crédit de la nionarcliie. Dans l'indigence de I'$tat, il résolut d'enlever à la NouvcUe-Flspagne le capital de deux cent vingt millions que le clergé a répandu depuis trois siècles sur la face du sol meiicain pour le féconder. Ce dessein n'était pas d'une exécution possible. Le coQseil des Indes entreprit vainement de l'accomplir. Hais l'alanne était donnée;.il n'y avait pas une culture qui ne fût comprofnise , pas une propriété qui ne fût ébranlée.
■ Le feu de la guerre civile s'alluma plus vif que jamais, Dpn Marcos grossit sa troupe*, el Quatimotzila crut, eq quittant le toit paternel, obéir à une inspiration divine.
« Ardente et belle, son éloquence était aisément persuasive. Elle ne parlait pas geuiemeut avec cette facile abondance qui semble l'apanage de sa nation, aussi bien que de lî^ nôtre: Ses idées puisaient de la force dans les connaissances dont l'avait ornée uff vieux prêtre de sa famille. ArtiUcieusc çpfnme le sont tous les Indiens, comme le sont les peuples dépendants, parce que la ruse est la force des faibles, elle parlait 4 çbacun le langage qu'il pouvait le mieux entendre. Elle essayait de réveiller, dans le cœur du cacique, des gOHV^pirs généreux et de grandes espérances. Ses efforts traviiillaient à reporlër sur l'Eurupéen h haine que cette 0)41^, [vesque entière, nourrit contre le créole ; pour guér rir l'elTroi qu'éprouvaient encore la plupart d'entre eux k la pgiisée de l'indépendance, elle leur disait qu'à défaut d'qne protection étrangère, ils auraient celle du nombre. Le mon;
188 LIVHE SEPTigHE.
- vement de l'insurrection devait les replacer sans combat au rang de leurs aïeux.
« Fiers de leur part de tyrannie et vieillis dans leur part de servitude , ces nobles d^énérés ne répondirent que peu à son appel. L'Indien tributaire l'entendit davantage : « Il est temps, s'écriait-elle, de renoncer à c des bienfaits qui sont des calamités ou des outrages. ( A quoi vous a servi le cacicazgo, sinon à vous donner « des magistrats qui vous oppriment sans contrôle , qui ( exigent à la fois de vous les redevances de la constitu-
■ tion antique et celles de ta sujétion présente; qui seuls, < sachant la langue des blnucs, seuls communiquant avec c eux , conspirent à vous tenir loin des jouissances réser-
• véès à l'hôle fortuné des villes ? A quoi sert que vos mar-
■ chandises ne payent pas ['alcavala ' quand vos tètes sont il soumises à l'injure du tribut ! En mettant notre nation a tout entière en tutelle, ils vous ont présenté comme un
« bienfait de leur domination l'arrêt de votre éternelle mi- , « norité. Ils vous ont Interdît tous les actes de la vie civile € pour vous prot^er, disent-ils , contre les vexations des « créoles. Fils des républiques Ttazcallanes ! connaissez enc fin vos amis et vos ennemis. Qui a fermé vos villages à « tous les blancs, si ce n'est l'Européen effrayé de vous voir c contracter alliance avec eux ? Qui osa dire à vos filles : Vous s n'aimerez pas lefilsdct'Espagne.-.commes'ilélaitdonné a à la volonté humaine de maîtriser l'amour! comme si in-
* terdire l'espoir de nœuds saints à un cœur blessé, n'était n pas la plus cruelle manière de désobéir aux lois divines, I et de se jouer de la vie des humaine!* — Ici Guatimotzilii s'arrêtait un moment et essuyait ses pleurs, a La peur, re- « prendt-elle, a dicté ces règlements inhumains. La peur a
■ tracé autour de vos champs des limites fatales , et votre c population croissant toujours sans que votre territoire
* Irop61 DDdraux et raUgant qai pise sut toutes les dentées dans l'empire espagnol.
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SUITB DU NlmiSCKlT D'AÏHHOA. 189
< s'agrandisse, ta faim a seule le privilège de franchir ces I barrières pour moisacHiner bous vog yeux vos enfants et vqb
■ femmes. La peur vous a interdit l'usage du dieval et des
■ armes : eh bien ! que leur crainte ne soit pas une leçon
< perdue ! Puisqu'ils tremblent, vous êtes redoutables !
« Je vous annonce la victoire au nom de Notr&-Dame de
■ la Gnadalupe ' ; née au milieu de nous, témoin de notre « inlorlunc, elle nous aime et nous prolége. Vous savez I qu'elle se plaît à faire épanouir des bouquets de roses sur « nos rochers nus. Elle m'a ordonné de vous dire qu'elle f combattra pour nous. >
1 1^3 Indiens écoutaient : ils ne doutaient point, dans leur foi moitié calboliquc et moitié païenne, que la fille du Téoleuctli de Cholula n'eût conservé un secret commerce avec le ciel. Beaucoup suivirent.
■ Guatimotzila traversa la roule de la Véra-Cruz. De longues files de mulets, chargés des richesses des deux mondes, quelque» Cavaliers bien armés, quelques litières avec leur escorte, gravissent ou descendcntincessammentcette échelle escarpée. Là les fruits et l'or de la Nouvelle-Espagne se croisent avec les merveilles de nos arts, quelquefois avec l'Apollon ou la Vénus antiques qui vont décorer de leurs formes savantes un hémisphère inconnu au génie des Praxitèle et des Phidias : les indigos de Guatimala, les cuivres de Coquimbo, les pelleteries du nord, tous les arrivages d'Acapolco, toutes les productions de l'Asie n'ont pas d'autre route sur le territoire américain pour parvenir à l'Europe qui les attend. Puisse quelque jour une main espagnole accomplir pour le Mexique l'œuvre d'Hercule et unin les deux Océans par un détroit àe Gibraltar!
■ Elle fut iTODTée dam le tablier d'un Indien. Notre-Dame de les HtitiediOB,qaia été apportée d'Europe, lui dispute la dévotion du Hnique; ees deux cultes tlraui divisent les Européens et les autres clasHS d'habitants.
140 LIVHB ^PTIËME.
< L'aFdante ainsBone allait la nuit, tandis que les mules paissaient en liberté dans les savanes, parïsF ses haranguei factieuses sous la tente des muletieFs. Elle répétait les manies disçogre à ceux qui étaient Indiens. A ceux dea castes ', qu'ils fussent mulâtres^ métis', ct>inofi'> elle ra[te pelait l'infamie dont ils restaient marqués, quelle que fût la fortune h laquelle d'honorablea travaux pussent les élever.
( La belle Indienne grassit ainsi sa troupe. Elle éorivit à don Cristoval ce qu'elle avait fait, ce qu'elle avait résolu, et joignit les rebelles. Ils seraient devenus formidables s'ils n'avaient eu à leur tète un de ces liommes fouguem et vaina qui cQiTômpraient les meilleures causes et perdraient les plus sûres parties. Don Marces unissait toute la chaleur d)| sang nègre, qui coulait en partie dans ses veines, et tout l'orgueil d'un parvenu à la peau blanche. Il craignait, comme un noble nouveau , de compromettre son titre par des alliances impures. Il voulut une révolution purement ordole. Les prêtres indigènes désertèrent devant ses dédains. Les caeiques outragés exhortèrent leurs Uibus à sa sau? mettre aux htiupes royales. Les castes de sang intié revinrent prendre place parmi les compagnies brwies des milices provinciales. Guatimotiila , )e désespoir dans Ifl cœur, voyait le moment où elle ne trouverait plus que les Tlascaltèques, Mêles à ses exhortations, i sa race, k sa beauté peut-être, exaltés par les souvenirs de la patrie, et FBselus à retrouver, après trois cents ans, les jouissances du ehamp de bataille.
f Plus imprudent à mesure qu'il était plus menaDâ, dos HarcoE ne se borna plus à déclamer contre les Européens; il joignit à la question d'indépendance des plans de réiormation religieuse et de réformation sociale. I^ idées de souveraineté populaire et d'égalité absolue, présentées avec
' Les borufDes (ia saag inélé.
' Isius dE blancs el de aaità.
> liaus de blancs et d'Indiens.
* Issus de Dolrs et d'Indiens.
SUITE D)l H4|i|JKMT D'AÏNHDA. 161
r^|)fHl«Taenl d'up démagogue qui ne les entendait pas, effrayant à j'envi 9\ le^ in^trmneqls et le3 promoteurs de i^ révolte. Ce^ fo|le$ harapgges parurent sacrilèges aux premjei^ ^ ipeq^lîaDtes aux seconds. Le chef créole était déjà é^nlé de toutes i>arts, lorsque |es troupes royales le joigairent à la tèt^ de bandes qu'il appelait son armée.
« {km Marços, que suivait G|iatlmotzila toujours plus exaspérée, se retrancha dans les épaisses forêts et ^crrièr^ {ae e)iRe§ ^gyês des montagnes d'Actopan. C'était la nuit, Le oie] de^ trnp^ques déployait ses ardentes çonat^llatioiisî deii fetu n)(^i)0g et vivats jaillisMÎent innombraltles de çbaqge p)aQ^ des polUnes ; on eût dit que la terre avait ^ jtfitre^ popime le firmamept. L'étoile filante traçait de toutes parts, au milieu de l'atmosphère, de brillants siljons. La reiqe des nuitg, dans sa marche solennelle, avait iine vaale t;ouroi|ne de vapeurs bleuâtres et dorées. Elle y déployait SOI) proiasant, nou pas incliné comme eu Europe, Ipaia debout, ses pointes dressées vers le ciel d'une facoq i)qi)velle pour moi, et l'orbe entier de la lune se dépouvraii au regard dans la pénnifibre. Seulement un sinistre prégagç y semblait cette fois a^aché. Du milieu de la ligne des re-^ belles, le rpclier de MamancUota, haut de trois cenLs pieds, et grandi par l'ombre immense qu'il projetait sur le déclin des montagnes, élevait ses formes légères, tel que le génie de l'Amérique, sorti du tombeau de Guatjmotzin pour assister à ce réveil de la guerre de l'empire mexicain contre Hernand Cortez. La crête du colosse brisait une des brancltea du disque radieux. Ce spectacle avait porté l'épouvante dans le çiBur de nos soldats : ils étaient à demivaîpcus en s'avapeant vers l'ennemi ; arrivés en face de ses lignes, ils levèrent la tête, virent l'astre dégagé del'atteintç du Boir fantôme, et, en attendant le combat, crièrent victoire!
« Cependant, Guatimotzila prontait du délai de la nuit pour courir dans les rangs comme une apparition mystérieux, et porter dans les âmes le feu dont la sienue était -
Î9i LIVRE SBPTIËIie.
remplie. Elle joyissait de monter à cheval malgré les Iws, après trois cents ans; lu- fille de l'Indien maniait son vif coursier américain avec une adresse qui eharraait sa race. Sa jambe nue laissait voir dans sa grftce accon)|die, fermement posé sur le lai^ étrier arabe, ce pied incomparable des Mexicaines que chaussaient des pantoufOes de soie et d'or. Sa\basquine flottante, des couleurs les plus vives, jaune, blanche, rouge, étût encore rehaussée de broderies éclatantes et de pierreries. Ses^ bros, soa coq, sa tête nue disparaissaient à moitié sous une riche écharpe rejetée sur son épaule et qui flottait su gré des vents. Ses grands cheveux tombaient en Itmgues tresses le long de sa taille, quelquefois surmontés d'une lai^ couronne des fleurs les plus brillantes, quelquefois d'un vaste peigne d'écaillé et d'or, plus grand qu'un diadème. Un râllier de corail étincelait à son cou. Ses traits réguliers, ses yens superbes, son beau front, d'une pureté antique, rendait plus frappant le teint extraordinaire de sa nation. Les Indiens et les créoles eux-mêmes la prenaient pour cette vierge mexicaine dont elle annonçait les volontés, dont ils étaient habitués à révérer la puissance. » Elle sera détrônée avec leà Cha- « pétones, s'écriait-elle dans son christianisme idolâtre, I cettevierge, venue d'Europe, que les Ghapétones nous ont « apportée. Vous savez si, après avoir invoqué dans les < malheurs publics la Notre-Dame de los Remédies, Mexico « n'est pas toujours contraint de fuir ses autels impuis- « sants pour recourir à la nôtre. Vous savez si la Notre- « Dame de la Guadalupe n'exaucej pas toujours les vœux « que sa rivale ne peut satisfaire ! Américaine comme e. nous, elle a les mêmes ennemis; elle combat, ainsi que « nous, pour des autels et pour une patrie. >
H A ces mots , les rebelles promettaient de repoosser .nos eiTorls avec un nouveau courage, et l'Indienne, s'abanilonnant h l'ivresse de la victoire, voyait déjà le Mexique indépendant chercher un maître parmi ses citoyens, choisir le plus digne, placer sur la tête de son amant une coo-
SDnB DU HAHUSCmT D'idHHOA. 193
ronne où le nom de la malheureuse Gualimotzila brillerait gravé par la reconnaissance publique; puis , on annonçait noire approche, et elle s'apercevait trop qu'autour d'elle ses soldats chancelaient, prêts à emporter au loin ses brillantes chimères. Elle-même déjà songeait à fuir avant eui. « Oh t « s'écriait-elle dans son désespoir, vierge de Tépeyacac, rap- « pelte-toi comment nos aieux chfttiârcnt, sur ce mémo « rocher où tu résides, la grande Tonantzin, la déesse-mère R des anciens temps ! Si ta pouvais, comme elle, nous lai&- « ser vaincre, nous te briserions comme elle ! n
f La jeune inspirée, en effet, avait tout ce qu'il fallait pour propager la révolte, mais non pour la soutenir; elle n'y prétendait même pas. Celte âme ardente sentait toute sa fougue s'éteindre, toute sa force tomber à la pensée du bruit et du péril des batailles. Honteuse et désespérée de sa faiblesse, aux premiers apprêts de la lutte , elle se retira loin du champ de bataille, pour pleurer de colère et prier, pendant que les siens combattraient. Son absence sembla enchaîner leur courage et leur fortune. Après quelques moments, ils furent rompus de toutes parts. Je joignis don Harcos; nos armes se croisèrent ; l'épée que m'avait donnée Maria était bien trempée ; le créole succomba. La belle Indienne contemplait la scène du haut d'une crête escarpée qu'un bois profond couronnait. J'arrivai sur elle, ne voulant pas
la frapper, effrayé de la. saisir Car je pressentais quel
serait son sort ! Elle m'attendait à genoux, les mains jointes, et je ne pouvais savoir si elle implorait Dieu encore, ou déjà son vainqueur. Tous ses compagnons s'étaient enfuis. A ce moment, un cavalier, enveloppé de son manteau, sort de l'épaisseur des bois, fond sur nous comme l'éclair, saisit l'insensée et disparaît avec elle derrière le rocher de Mamaitchota.
« Les deux armées ne doutèrent pas qu'un miracle n'eût rappelé aux éternelles demeures la lille des souverains pontifes de l'ancienne ville sainte. Tout ce qui restait des rebelles et une moitié de nos soldats toinbèrent à genoux;
fe4 LIVRB WPTIJMlB.
ite értifflt fieore }a fape eoqtre terre, qiiai^ un prèire, v^tu de la robe épiscopale, arrive, par )e ctiemin (}e Gw* Dasugto, au inMieu des cotqbattants, et, d'une vqÎK impQr aaqtet ûrdORpe HliY vainqueur^ d'abjurer le pampge et aui révolta de dépû^r )pura »rnie^, 4^ retourner 4 leurs den^eures, de mériter à force de BOumissiou le pardon de loir at^^t. Op eAt dit la grande ombre de Bartoloioé deLaa Casas. Luirinëine i)' aurait pas pu plus de majesté pi plus de puissance. Las factieux j(!^t£iit leurs fusils qu leurs lances grossières ; ils se dispersent , et nos troupes se coittentent de )es poursuivre d'un cri de vive fe roi ! que mille épbos prolopgen^ sans fin de sofnmets ep sominets, f j'acçQurus aPprçB du paptifc, Je le repoopus. Celait
don fra;^ IMdre. Dire pe que Je sentis alors n'es( pas en niâii pouvoir : les MoUops du ohanip du ItataiUe ont quelque chose de si exalté d^ns la [weipière saison de la vie 1 1 1 y avait tant 4b grandeur dans la scèqe qui nous envirofinail! Je venais de rendre un service à mon pays; j'avais écbappé au désespoir de frapper une femme jeune et l)elle; je recevais la bénédiction d'un homme de bien qui me repdait gr&ce de l'avoir épargnée, Bieptôt , il me remercia de l'gvoiï sftpvé lui-m^iBe dans la tempête de la Vera-Cnii. U^beur à l'ingrat qui, après de tels momenU, n'accepterait paa sanc murmure toutes les rigueurs de la Providence ' Le saint évéqueavaitétéentratnélDindelaVera<lriiz,lejov)rmèiiie,saia pouvoir me rejoindre, U me serra longtemps dans ses bras. Chef d'un nombreux troupeau , il accourait pour le dé* fendre 4e ses égarements, ou bien de no^ justices.
(I En effet, le péril une fois passé, viennent les cbâtimepts. La charité de l'homme de Dieu eut trop souvent à Iplter contre les rigueurs de magistrats qui, après avoir invoqué la révolte par leur oppression et leur arrogance, oq par celle de leurs derniers valets , prétendaient étouffer les débris de l'insurrection sous des décombres et sous des écbafauds. Ktais vainement t'évêque disputa des victimes au bras çépulier; vainement il réclama les immunités de IV
C3.l:.-:ij,CiOOtjl>J
SUITE M KUtlttCMI »'AiNHaA. IW
'sil0 qqe li plupart des accusés, tAmaéa par la loi, é(tiMi( ailé^ cfiercher dans les temples. La terreur régna : loa rïofipq pachelaient leur (été, fit les pauvres périreat.
n in ra'^ojgnai iteareiaefaml nyea mes eonipagnona d'ai^i^ dy thé4U'0 dfl iIOG Pucoès, qui n'était plus qu'une scèpe d'tiiHTeuF. Nous ^LiqR^ appelés, pour prix de nqs seiv viecit j> teifir K8FB)<4II d^RB Ta capitale de l'empire. Cette faveuF qu^B procura Iç^ p)H8 beau^ , le^ plus piajestueui ap^tacle^ gui sqieqt au monde> I-a proronde vallée de JapOEïtiUtlan où règne Mexjcp , est creuHée au milieu du plaleau et (jans le sein des Ande^i d'Auahuee. Sur un circuit de prcs de quatre-vingts lieues, |es dem brauches de 1» Cofdillèro repviFoniient d'une tmppsanle raur-aille de monts escarpés et de ciAies neigeuses que dominent conime d<>8 g^tfi les cratères fu^eq^ de l'Jitaccihualt et du Popocator petl. Nous arrivions par ja route de Pachuoa, à traveia une forêt de vieui chères, de cyprès gigantesques, de rosiers en fleurs, entourés de fleura de (çiute sorle, éclatantes et innom- Iw^bles. Ce bassin maguifique s'ouvrit tout 6 coup devant nos regards, tel qu'une corbeille immense. Ëclairéa par les derni^ rayons du couchant , les lacs qui s'étendeqt dans le fond 4e la vallée à des hauteurs où n'arrive pas le ^aint- Gothard, brillaiei^t par moments, à travers les sinuosités de la mgptagqe, semblables à d'én^mes disques d'argent attac^iéa l'un k l'autre pour décorer la vagte scène, Autour de ces ipera intérieur^, quQ des lies délicieuses pareut de leurs tiîihltatiuDs et de leur verdure, que bardept d'élégapla villages, s'étepd le bassin mëmei c'estT^-djre un jardin sillopué par de^ tt^ents redoutables, cpupé par des monts sglitaîres, brisé par de lare^ ravins, eiplwlU P«r uiip végétation dont le l\iTi^ est une surprise toujpurs repaissanle et toujours nouvel)^. 11 p'y a que le ciel inn& f^nd et. pa cb^ude lumière qui étopnent et éblouissent d^vaptage. (''œil embrasse à la fpti cette riche végétaliau, ses farm^ gigantesques partout étal^, les grands asp^tS du ^l> 'es lignes colossales
^ ^m^l BttI» 4e ym^^ ei»^ oit se «inil l'Aii^'q'»? '