‹ Don AlonsoChapitre 33 sur 62 · IS LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

IS LIVRE DIXIEME

pas,aprè9 ses assurances, qu'elle pût arriver d*AraDJuci. l'ù

une telle iiorr^r du mensonge, je comprends si peu que

les créatures à l'image de Dieu se vouent elles-mêmes à cet

abaissement, que je suis naturellement incrédule à l'idée de

l'imposture. Je croirais descendre jusqu'à elle en la soap-

çonnant.

• Lorsque je rwis Maria, je ne sus comment lui expliqua l'incident du Hanzanarès. Ses questions ne vinrent pas au-devantde mon trouble. Je gardai le silence. La préoccupation incOTinue qui m'avait si pénihlement frappé chei la marquise sembla tenir une place plus grande dans son flme. Ce secret inatl«idu me blessait dans l'affection qui avait été jusqu'alors la moitié de ma vie, qui était munlenant ma vie même. Au lieu de tous les bonheursque j'avais Fftvés, je trouvais de tous côtés l' amertume au fond des jdes du retour.

< Le lendemain, j'allai chez ladeD^'.Elle était au Prado. Je la suivis. Le salon, que je supposais solitaire aux approches du soir, était encore couvert de monde comme dans les brûlants et longs jours d'été.

K il s'y trouvait beaucoup d'hommes, un grand nombre de manolas et quelques dames. Au milieu des groupes qui marchaient à grands pas , une femme excita de loin nu surprise par le continuel échange de saints familiers que je remarquais entre son agile éventail et la main tout aussi agile des passants. Deux ou trois cavali^^, enveloppés de leurs manteaux, se tenai^t à ses côtés. En retrouvant en elle Matéa, escortée du commandeur, de sir Georges, d'un ou deux inconnus, je voulus fuir : toutes les cloches de la cité se firent entendre, et l'aagelvs me fixa au lieu où j'étais. Jaymé continuait ses soins à sa parente en disgrâce, peut-être pour pénétrer les secrets du parti du prince des Asturies, peut-élre dens un intérêt plus cher . Il aurait pu sans peine obtenir la grandesse ; mais son oi^ueil repoussait un

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