‹ Don AlonsoChapitre 39 sur 62 · I :„i- I ,C(K>tjlt · texte numérisé non relu

I :„i- I ,C(K>tjlt

372 UVBK DOUZIÈME.

< On sait cela dans votre famille, at , amme nous disîoiis c àSalamanque: Bit repetita placent, CommaaàenT,qna.ïii * vous voudrez ! cela me sourit! J'aime les aventures comme ( vousaimez les majorats et les grandesses. C'estpar laque ( j'échappe au desengaHo. Voici donc uion oracle très-sûr i « de manière ou d'autre, vous serez comte de D*", et vous t savez que Fortunat&nepromeljsmaisenvain!> — «Té- H moinCaravanchel I n — Halte*là, commandeur! C'^l vob% a faute et non la mienne. 11 vous fallait un enlèvement

< anodin et chevaleresque, plein de précautions et de res-

■ pects, comme s'il se fût agi de la Notre-Dame del ï*ilar!

< je voua réponds que si vœ instructions avaient été ai^ « accommodantes que celles de la comtesse, le colonel au- « rait eu beau arriver somme un sùnt Georges à travers les

< airs ; nous l'aurions eue morte ou vive. ■» — i Morte, mm « ami!^ Je ne lui aurais pas survécu I ■ — n Voilà un beau

< feu à metb'e dans les romans. Moi, je ne com^H-omels pas

< mes desseins par de puériles faiblesses. Perla vie de Jésus, « on ne me verra pas livrer à une feAime le secret de l'Élat « dans l'espoir de la flatter et de la séduire! > — ■ Qui t'a u dit...?» — «J'ai une police apparemment, puisque j'en

■ suis... Toujours doAa Inès! La comtesse a su parsescor- « respondants de l'Escurial que c'était la marquise qui avait

< pr^ipitammcnt fait informer don Fernand de la décou-

< verte de sa lettre fatale. Et cette découverte, comment la

■ marquiBeravaitrelleoonnue,aumomentoùvousarriviezde ( ParisîVous|)ourriez le dire, commandeur, si votre cheva- « lerie béatîAque vous permettait de dire aussi de quel prix ta « belledes belles a dû vous payer! Ainsi, ce procès dont vous

■ vous promettez tous tant détruits, nos seigneurs de la cour, « vrais ennemis de notre sainte religion et de notre pràace

< bien-aimé,ilrDUleratouteQtiersurtontndi3crétioD,Jaynié,

■ sur ta {Me servitude , pour te parler comme nous faiu sions à Salamanque. Qu'il te serve au moins à te délivrer ]«i,«B une foisideiteutt» que tu hai^eitd^ tcaUAB qiUit'ii£Eei^ .«.iSliidépibcBj jxfii&ite emSaiaiom^eî(& j^taigt^ndjâdicUr»-

BOITE DU KiNutcnil d'aInhoa. 373

« tages,qu'ilend^[daceunautreqiiitetouchedepluBprè8. n Het»-toi ainsi à l'abri desvicisaitudesqui peuvent se faire

■ sentir à toi quelque jour d'une façon terrible, et, quant i t moi, sacbe que je ferai pour ta cause, que je ferai contre (es < ennemis, dans le fm^ès et partout, tout ce que tu me com-

* manderas. Je suis loyal et fidèle jusqu'à la mort. Hais je € ne ferai rîencoDti'ele prince, contre la monarchie, contre « les biens delà sainte ^lise, contre la foi de notre Seigneur, H contre ma conscience. Tu sais qu'il y a longtemps que je

■ r^arde ton ami don Hauuel, ses alliés les philosophes, les « jansénistes, les paiens, les révolutionnaires, les Français et

• leurs partisans, tous ces enfants de l'antechrist, comme les a ennemis de Dieu et de l'Espagne. >

< Don Carlos, en écoutant cet entretien , avait été plusieurs fois sur le point d'éclater, d'épuiser dans le cœur du brigand la source des fureurs de son frère. Ses mouvements, le bruit de son sabre dans les massifs frappèrent Frey don Jaymé. 11 porta la main à son front, dit adieu à Fortunato et s'éloigna en ajoutant... c Je te laisse à ton rendez-vous

■ et à tes plaisirs. Je retourne à mon enfer ! >

c Presque aussitôt les deux femmes, qui étaient restées dans l'ombre jusqu'alors, parurent. Le licencié s'approcha d'elles et tous trois prirent place sur un des hancs circulaires qui garnissent ces asiles mystérieux. Fortunato y déposa son chapeau et ses armes. L'une de ses compagnes, vieille et mal vêtue, dégagea d'une mantille de soie qui datait du temps de ses prospérités, une tète blanchie : c'était Ëtvire'. L'autre laissa voir des traits fatigués, mais beaux et jeanes : c'était Hu^arita. Tous trois se taisaient. La reine déU^née rompit le silence : < Eh bien ! Margarita, dit-elle '

■ d'une voix qui voulait être encor€ tragique, la souveraine c des anges en soit louée ! tu te prêteras à avoir des titres, < des honneurs, des pages , des laquais , de l'aident , une c voiture à panneaux peints et dorés comme une reine ; <,.tu,.a^rasttn ^t^J- Jqnépçux... -77 Entendons-nous : si je

« voDsens à vous voir demander pour moi ce rang et ce titr^

874 UTliE 1

B qni Tons sâdmseDt bî fort, mol irës^peii, c'e4t, je irom eft •1 préviens, à la condition de ne j amals reprendre nm chaîne. c Dieu le père senl poorrail vous dire ce qu'Ole a été! ■ — < Mille morts ! s'écria Fortnnato, je renierai Notre-

■ iângneur iésui-ChrIbt avant de permettre qu'une misé-

< rable femme...

< Elvire se jeta entre les deait : k Mes enrants, s*écrifl-t- « elie, je vais ptoooncer comme un autre Salomon. Totu

■ avez tort tous deux , toi , ma fïlle , de ne pas respecter le

■ saeremmt qui te commande l'obéissance ; toi, honiAie,

• d'oublier notre proverbe: lUuleet/emmecaresÊeraa, l'une m et i'autre t'obééra !» — c Vieille, reprit Fortunato, je sais t un autre proverbe qui n'a ^taais trompé : Femme et cAa»-

• deile, coupe la tête à toutes deux ti bonnet tu le* veux ! > « — ■ Qu'il me frappe, qu'il me tne, interrompit Harga- « rila. Il a ce droit puisque la volcHité de Dieu et cdie d'an c prêtre de la sainte Ëglise m'ont unie à Jui. Hais, il m'ait vait enlevée; il m'a laissée sans pain. 11 a fait de moi aoe

• vile servante. Jamais je n'abandonnerai cehii [H^ de qui « j'ai cherché librement asile : la très-sainte mère de Dien « dhit qu'il n'a pas d'aulre désir que de me voir beu- « reuse. Ses dons et sa jalousie croissent chaque jour. > « U ne laisse jamais passer une romeria ' ai un^ course « de taureaux sans m'y conduire; et demandez i l'ange

< gardien de mon ancien maître comment il a guéri d'un > beau feu ce pauvre commissaire? 11 le trouva une nuit « qui rôdait autour de l'^miiage, et n'écoutant que sa

< fureur..,, ~r Hé bien! s'écrie FortODato... — Hé tuent « il l'a noyé, là, dans l'étang, sans miséricorde. — Vrai- N men^? dit le filfi d'Ëlvire. — Oui; mais il avait conseoli « à lui donner l'absolutiou.etje ne crois pas qu'il fût aussi

• tendre pour vous, seigneur don Fortunato, s'il vous reu^ c contrait maintenant. — Heureuse (séature ! s'écria 1»

■ , 4 Pèttrtetse.Mlemelkui Kent-qu'iiae aérotlOâ jMKlenlttt e' Aw-

■aare». . > . ..... , .■ .; .,..,,. ■■■.. ..-t

r:„i- :i-,G00tjl>J

SUITE DU HANUKRIT d'AÎNHOA. 375

< reiiM êélrtaée avec un profond soupir ; il fut un iempii

■ où Bioi aus« j'armais dea rivaux. L'excellentissime duc « de '" a été poigDardé à cause àe. moi ; el maintenant les « hommes me dédaigaeot ou plutôt m'ignorent. Tout me « repousse, ^squ'aux esprits qui visitent, ditroii, la veuve c et la consolent; aucun d'eux n'a pitié de ma solitude; c aucun ne jette un peu de cendre sur le feu qui dévore

< mon àme. >

c Fortunalo s'était levé pour observer la scène et voir si le redoutable Fray Aparicio ne se montrait pas. Il revint : -— t Finissons-en, dit-il; ce que j'espérais arrive, ma chère « moitié. Le sérénissime prince de la Paix... — Oui, ma € tîHe,interrompttlamère du brigand, j'oubliais de te dire a qu'il restre dans les charges publiques. Le tout-puissant

■ commandeur l'a attaché au gouvernement. Il va rendre

< des services dans une terrible aiTaire, de sorte que nous « n'avons plus à redouter )a malveillance de la justice; nous « pouvons marcher la tête htmte. — S'il sert le prince de la

< Paix, tant pis pour son salut, reprit Hargarita; j'aimerais € Diiein le voir figurer sur la place de la Cébada que dans

■ rmfer ; il ne lui manquait plus que de s'atteler à ce

■ damné d'hérétique et d'athée qui judaïse publiquement,

■ et ose Aiéme se servir des autorisations d'un pape rené- • gat pour vendre les biens de la sainte Église! — Voilà u bien les femmes, repartit Fortunato, et leur langue de « salamandre I Penses-tu queje n'aie pas une âme à sauver? « J'ai promis au commandeur tout ce qu'il a voulu ; mais je M renoncerai à la grâce du baptême, et aux lumières cbré- « tiennes d'Aristotélès avant que mon bras ou ma bouche « servent les projets des ennemis de la foi el de ceux de don « Fernand.On m'a demandé desdépositionscontrelecolonel 4 don Alonso qui est mon ennemi et contre tous les siens,

■ sa scBur, son père, ce scélérat de Ramon qui voulait « nt'cnvoyer à la potence pour l'aiTairede Caravancfael. « C'est pain béai ! je n'y manquerai pas. Hiûs ce vaillant «> SBMimi «e génçneux- don Carlo» qa'on.a grjiade.envifi,de

376 LiTU DOUZIÈME.

c perdre et qui est tout k la bonne cause, mais la de D***,

I pour qui je travaille de temps en temps, et qui à ce mo-

( ment mtoie travaille de son cdté comme une saintedn

- « paradis |>our le prince des Asturies, sois tranquille, je

• n'aurai (^rde de les compromeltre. Voilà comme je sers c les hàrétiques et les athées! En acceptant de l'emploi t dans le gouvernement, je n'ai voulu que rendre plus fac ciles nos prochaines grandeurs ou grandesses. Sous nos

• futurs chapeaux, que tu devras à mon génie, tu ne me c reprocheras plus de n'avoir pas du sang bleu dans les « veines, quoique à vrai dire, je ne sache pas où j'ai pris € le mien... Ha mère a bien gardé son secret. — Fils indi- « gne ! s'écrie Ëlvire. — Je ne crois guère à vos proniesses, « Fortunalo , reprend Hargarita ; je sais trop que vous êtes c capable de déshonorer et de perdre une pauvre CTéature « sans expérience et d'hidalgie sans tache ; mais je ne com- « prends pas comment vous pouvez mettre le Pérou à la « place de tout le mal que vous lui avez fait. — Sois U-an- « quille; si tu le veux, le monde t'appellera bientôt mar- ■ quise de vingt lieux divers, et tu auras pour neveu on « jeune seigneur, fou d'espèce rare, que tu vas dépouiller « d'un grand héritage, et qui brûle que la cour ait ce spec- < tacle. Pour arriver là, tu n'as qu'à me laisser Faire et les « saints archanges nous seront en aide; foi de licencié, les « gardes du corps le porteront les armes! >

< Don Carlos était consterné de la pensée que l'en^l de l'excellentissime Sor Dolorès qu'il cherchait avec un si loyal dévouement pût se retrouver dans une créature d^radée. La suite de l'entretien le rassura. Fortuoato avait détaché de )a poignée de son sabre une botte à poudre qui ; était suspendue ; il la place sur le banc, rallume son cigare, et continue ainsi :

€ Belleenfaut,dit-il,lelicenciéFortunaloe5tunpluslK8t- « nète homme que tu n'imagines. Quand je fus chaîné, il y a € vingt ans, de conduire au tottràc Séville, c'est-à-dire à pea H.près:auflsiloin>qn']}a;POu«ailialleiviaipem&âlleoalQvée)

Page 1