‹ Don BoscoChapitre 137 sur 152 · ORPHELINS · texte numérisé non relu

ORPHELINS

A 1 heure 3i4 du matin Don Bosco entre en agonie. Don Rua, son Vicaire, prend l'étole et continue les prières des agonisants, déjà commencées et suspendues vers minuit.

On appelle en toute hâte les Supérieurs majeurs, et bientôt, dans la petite cellule du mourant, se trouvent réunis une trentaine de Salésiens, prêtres, clercs et laïques, agenouillés autour du lit.

A l'arrivée de Mgr. Cagliero, Don Rua lui cède l'étole et passe à la droite de Don Bosco. Alors, se penchant à l'oreille du bien-aimé Père: — Don Bosco, lui dit-il d'une voix étranglée par la douleur, nous sommes là, nous, vos fils. Nous vous prions de nous pardonner toute la peine que nous avons pu vous causer; en signe de pardon et de paternelle bienveillance, donnez-nous une fois encore votre bénédiction. Je vous conduirai la main et je prononcerai la formule.

Quelle scène de déchirante émotion ! Tous les fronts se courbent jusqu'à terre et Don Rua, rassemblant toutes les forces que lui laisse l'angoisse du moment, prononce les paroles de la bénédiction , en même temps qu' il élève la main déjà paralysée de Don Bosco pour appeler la protection de Notre- Dame Auxiliatrice sur les Salésiens présents et sur ceux qui sont dispersés sur tous les points du globe.

Vers trois heures, on recevait de Rome la dépêche suivante : — Saint-Père donne du fond du cœur la bénédiction apostolique à Don Bosco gravement malade. — Card. Bampolla.

Monseigneur avait déjà lu le Proftciseere.

A 4 heures et demie, à notre église de Notre-Dame Auxi-

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liatrice, sonne Y Angélus que tous les assistants récitent autour du lit. Puis Don Bonetti suggère au vénéré malade une oraison jaculatoire qu'il avait répétée bien de fois les jours précédents: — Vive Marie! — Tout à coup, le faible râle qui durait depuis une heure et demie, cessa; et, pour un instant, la respiration redevint régulière et tranquille. L'instant fut bien court : ce dernier souffle s'éteignait : — Don Bosco meurt! — s'écria Don Belmonte. Ceux que la lassitude avait jetés sur une chaise, accoururent aussitôt : Mgr. Cagliero disait la prière suprême : Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon cœur et mon âme!... Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi dans ma dernière agonie!... Jésus, Marie, Joseph, que mon âme expire en p>aix avec vous! Le moribond pousse trois soupirs à peine perceptibles: Don Bosco était mort! Il comptait 72 ans, 5 mois et 15 jours.

La pendule marquait 4 h. 45 du matin. D. Eua, prenant alors la parole, trouva dans sa filiale vénération pour D. Bosco la force de montrer aux assistants, en quelques mots entrecoupés, les sublimes enseignements de cette mort, couronnant une telle vie. Mgr. Cagliero à son tour, d'une voix aussi peu assurée, entonna le Subvenite sancti Dei, puis bénit la vénérable dépouille, en demandant pour l'âme qui venait de la quitter, le repos éternel. Il ôta ensuite son étole et en revêtit le défunt, à qui on joignit les mains pour y faire tenir le crucifix où s'étaient posées tant de fois, et avec une indicible ferveur, les lèvres du mourant.

Le De profundis, récité à genoux, ne fut qu'un long sanglot.

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