‹ Don Carlos dans les IndesChapitre 10 sur 58 · DON CAD LOS · texte numérisé non relu

DON CAD LOS

y brilla par son esprit et son éclatante beauté.

Sir James Fergiisson est un homme d’Etat des plus distingués. Ce fut un vrai plaisir pour le duc de Madrid de l’interroger sur l’organisation de cet empire indien, chefd’œuvre de la politique anglaise, bien de comparable ne s’était vu depuis l’ancienne Rome : du cap Gomorin à l’Himalaya, 190,000,000 d’indiens soumis à une petite île devenue immense par le génie de ses habitants ! Sir James Fergusson expliquait aux princes le mécanisme merveilleux de cette machine compliquée, le pourquoi de cette prospérité : le choix ha]3ile des fonctionnaires, le réseau des chemins de fer, la générosité de la mère patrie en temps de disette, la sécurité dans les relations commerciales, l’impartialité dans la manière de rendre la justice, l’instruction, une sage administration.

Tous les Hindous portent sur leur front le signe de leur caste, et Dieu sait si elles sont nombreuses! Dans les trois races chamites, turaniennes et aryanes, il y en a plus de cent : une Tour de Rabel, où règne une confusion inexprimable de langues, d’idiomes,

(le religions, de sectes, de cultes, dont deux seuls, celui de Mahomet et du Bouddha, ont une moralité quelconque, où des divinités infâmes, que le paganisme lui-même aurait maudites, ont des autels, où le dieu le plus , populaire est le diable. Ceux qui auront le temps d’étudier l’histoire indienne verront ce que c’est que le peuple indien, dont une école, aussi impie qu’ignorante, a ' voulu faire l’ancêtre et l’éducateur du genre humain.

Mais comme nous ne sommes pas ici pour prêcher et philosopher, revenons 4ux Parsis : ils sont peu connus et intéressants. 11 n’y a pas cent mille Parsis, mais ils sont très puissants. Ils sont presque maîtres de la richesse immobilière et monopolisent les capitaux. Il leur est défendu d’être pauvres. Voilà une belle défense, et les Juifs ont dû être jaloux. Ils ont un grand esprit d’association et de solidarité. Un Parsi vient-il à faire de mauvaises affaires, sa signature est-elle en danger? vite les Parsis se cotisent entre eux et la banqueroute est évitée. Chez les négociants grecs, on retrouve ces mêmes vertus commerciales.

11 leur est défendu d’étre jardinier, forgeron, soldat. Simples dans la vie privée, ils aiment le faste au dehors, dans les occasions importantes, comme le mariage de leurs enfants, les souscriptions publiques. Ils sont actifs, courageux, mais menteurs comme des baromètres américains. Aussi, c’est à llombay que l’on a inventé le proverbe qu’il faut cinq juifs pour rouler un Génois et dix Génois pour rouler un Parsi.

Un bijoutier parsi, M. Punanal Puruncliund, a montré au duc de Madrid, au Government-House, ses bijoux^ parmi lesquels il y avait des colliers de perles de 25,000 livres sterling.

Le 31 décembre, à huit heures du soir, les princes partirent pour rendre visite au Maharajah de Jaypour. Ils arrivèrent à Jaypour le 2 janvier, à dix heures du matin. Les voyageurs avaient traversé d’admirables forets peuplées de singes, de flamants. La chaleur était atroce. Les princes et la princesse se rafraîchissaient avec du lait de coco.

A Jaypour, le premier ministre du Maharajali les attendait avec trois voitures de la cour. Ce ministre s’appelait Gloire de la hme;

son maître, le Maharajah, se nommait, lui, Douceur du udel. La religion empêchant le Rajah de dîner avec les infidèles, le duc de Madrid fut conduit au seul hôtel que possède Jaypour. Gloire de Ici lune le laissa s’y installer, annonçant une nouvelle visite pour cinq heures.

Jaypour est une belle ville neuve de 120,000 habitants. Le gmud-père de Douceur du miel avait la passion de la couleur rose. 11 fit raser rancienne ville et tout rebâtir en rose. C’est la seule ville hindoue q\ii possède le gaz.

Le Maharajah a reçu les princes dans le principal des quatre palais qu’il possède dans la ville. 11 a vingt-quatre ans, très grand, il porte toute sa barbe, qui est noire et dessinée comme celle du duc de Madrid. Melgar prétend qu’il ressemble beaucoup â don Carlos : les photographies que j’ai vues ne me disent pas assez cette ressemblance.

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