‹ Don Carlos dans les IndesChapitre 24 sur 58 · LES ARYAS · texte numérisé non relu

LES ARYAS

La race des Aryas, une des plus nobles du monde, la plus noble peut-être, se compose des Brahmes, des Kshatryas, des Vaïssyas, cVàssesdwidjas ou deux fois nées.

Cette division, à Torigine, se composait de purs Aryas. Elle admit plus tard dans son sein les races aborigènes : entre autres les Raj putes et les Malirattes, qui, au moment du schisme bouddhique, remplacèrent les Kshatryas convertis à la foi de Cakia-Muni.

Leur antique patrie faisait partie de Fantique Médie et, plus tard, de ITran ou Perse. D’après Hérodote, les Mèdes descendaient de Madaï, troisième fils de Japhet. Les Aryas seraient donc les fils de Japhet par Madaï (1).

(1) Laouënan.

Des autres fils de Japhet, Gomer fut le père des Cimbres, Galls et Celtes ; Magog, celui des Scythes, etc.; Javan, celui des Ioniens et des Grecs (les Yavanas des livres sanscrits); Thubal, celui des Ibériens et des Ligures; Mosok, celui des Moscovites ou peuples slaves ; Thi ras, celui des Tliraces.

Les Orientaux attribuent à Japhet trois autres fils dont il n’est pas fait mention dans la Genèse ; Djin, Sinn ou Tchinn, père des Chinois; Tur, père des peuples turcs ou turaniens; Russ ou Ross, père des Russes.

LesAryas de race japhétique ont emprunté leur nom au mot avare. Arya, d’après Max Müller, cité par Laouënan, signifie celui qui cultive la charrue, chef de famille., mailre excellent^ honorable.

Les Aryas sont-ils le plus ancien peuple du monde? Leur patrie originaire, l’Ariane, serait-elle le Paradis terrestre., le berceau du genre humain? Rien d’invraisemblable. L’Ariane correspond aux provinces actuelles du llérat, de Ralk, de Samarcande. Si ce ne sont pas les pays indiqués par la Genèse, ils n’en sont pas bien éloignés; mais peu nous importe. Ce qui est certain, c’est (jue les Aryas

(les Brahmes) appartiennent à la meme famille aryane ou indo-européenne ou indogermanique qui a civilisé toute l’Europe. Ce qui est certain, c est que, pendant que les différentes branches de la race aryane s’ébranlaient dans diverses directions, pour accomplir sa mission providentielle, celle des Hindous fut la dernière à quitter le berceau natal.

c( — Pendant, dit Max Alüller, que la plupart des membres de la famille aryane suivaient le glorieux sentier (l’invasion du monde), les tribus méridionales émigraient lentement vers les montagnes qui ceignent le nord de l’Inde. Après avoir traversé les défilés étroits de l’Indu-Kush et de l’Himalaya, elles subjuguèrent ou chassèrent devant elles les habitants aborigènes des contrées situées au sud des montagnes. Elles prirent pour guides les principales rivières du nord de l’Inde, et furent conduites par elles dans les belles plaines qu’elles arrosent. Il semble qu’après cela les montagnes du Nord aient fermé pour des siècles leurs portes cyclopéennes contre de nouvelles invasions, tandis que les Ilots de l’océan Indien gar-

daient les côtes de la péninsule. Aucun des grands conquérants de l’antiquité, — Sésostris, Sémiramis, Nabuchodonosor, Cyrus, — qui ont porté la guerre en Asie, en Afrique et en Europe, et dont les noms écrits en caractères sanglants sont encore lisibles sur le seuil de l’iiistoire, n’a troublé la demeure paisible des Aryas de l’Inde. Laissés à euxmêmes dans un monde qui n’appartenait qu’à eux, sans passé, sans avenir devant eux, ils n’avaient qu’eux-mêmes à considérer. Il y a eu sans doute, dans l’Inde comme ailleurs, d’anciennes dynasties qui ont été détruites, des familles entières annihilées, de nouveaux empires fondés; et cependant la vie intime de l’Hindou n’a pas été changée parles conyulsions » [Littérature soïïiscrite).

La race aryane se divisait en quatre castes : les Brahmes, les Kshatryas, les Vaïssyas et les Sudras: les prêtres, les guerriers, les marchands, et la basse classe. Les Brahmes finirent par se faire considérer comme de véritables dieux (devas). Aux Kshatryas, dans la

suite et probablement à l’époque du Bouddha, succèdent, comme races de rois et de guerriers, lesRadjputes et les Mahrattes. Il est à remarquer que cette division de la race aryane ne se perd nullement dans les nuages d’une haute antiquité. On n’enparle pas dans le livre le plus ancien des Hindous, le llig- Véda. Il est constant que l’hymne iiPuruchci^ où on y fait allusion, a été interpolé à une époque relativement peu éloignée. Il n’est pas flatteur pour les Sudras, Vhymne à Purucha ; « Le Brahmane est la bouche (du mâle suprême); le Radjanya, ses bras; le Vaïssya, ses cuisses; le Sudra est né de ses pieds. ))

(( L’Arya-Varta, dit Max Müller, était la terre sainte des Brahmes; c’est la contrée située entre l’ Himalaya et les monts Vindhya. »

Les Brahmes appartiennent â la race aryane ou indo-européenne qui a civilisé toute l’Europe. Elle se compose de deux branches : l’occidentale et l’orientale. La branche occidentale comprend toute l’Europe, à l’exception des Turcs, des Madgyars et des Finnois; l’orientale, l’Arménie, la Perse, l’Afghanistan

et riiindoustan (hormis ceux qui sont de race' turanienne).

(( — Les nations aryanes (dans rémigration générale de cette grande race) qui suivirent une direction nord-ouest, dit Max Millier, se tiennent devant nous dans l’histoire comme les principaux peuples de l’Europe et de l’Asie. Elles ont été les plus puissants acteurs dans le grand drame de l’histoire, et ont porté à son développement complet les éléments de la vie active que la nature nous a donnés. Elles ont perfectionné la société et la morale. »

Mais l’émigration aryane dans le sud, c’està-dire dans l’Hindoustan, n’a pas produit le même résultat. Se mélangeant avec les races chamites et turaniennes, avec les nations aborigènes, les Aryas sont devenus les Hindous : un des derniers peuples du monde dans l’état de leur civilisation actuelle. De leur illustre origine, il ne leur est resté que cette haute tradition du pouvoir théocratique qu’ils tenaient de la famille patriarcale des premiers âges et des temps qui rapprochaient l’homme de sa création divine.

Page 1