CHAPITRE XX
l’avenir du brahmanisme
Entamé vigoureusement par le mahométisme, le christianisme et le bouddhisme, que va devenir le brahmanisme? Certes, il en a encore pour plusieurs siècles ; mais une réforme qui préparera sa ruine est imminente.
Il s’est formé une secte, Brahma Samay O Sobha. Elle eut pour fondateur, en 1830, Râm-Raë, et a les nobles intentions de mettre l’indianisme d’accord avec le christianisme. Elle veut lui donner un caractère universel et chrétien. Voilà la substance du sermon que prêche en 1871 le babou (novateur) Fartai Chandar : « Quoique nos religions soient nombreuses, il existe chez elles plusieurs
principes qui sont généralement reconnus,
comme la paternité de JJieu, la fraternité des hommes, la soumission à Dieu, et la croyance dans une vie future. Une religion universelle fondée sur ces principes est donc possible (1). ))
Mais alors il s’éleva un cri d’indignation dans toute la péninsule contre le mouvement antibrahmanique :
(( Eh quoi! notre religion (2), qui est la plus ancienne de toutes les religions, qui n’a pas de rivale sur la terre, est traitée de superstition (3) ! ))
Leur indignation se calmera. Quand Dieu aura visité par son Christ toutes les nations de cet immense empire, quand le mouvement deviendra assez fort pour faire osciller le colosse, quand quatre mille ans d’impos- Lure auront été démasqués, cette caste des hrahmes, vraiment coupable parce qu’elle ne croit pas à ses idoles, parce qu’elle ment au soleil, à la lumière, à sa patrie et à DieuJ cette
(1) Mantegazza.
(2) Harris, Chandra's Magazine,
(3) Les quatre religions les plus nombreuses du monde sont : le christianisme (plus de 350,000,000 de croyants, dont plus de 218 millions de catholiques), le bouddhisme, le brahmanisme, le mahométisme. La religion catholique, qui seule n’a pas de sectes, compte deux fois plus d’adhérents que les autres. {Note de l'auteur.)
caste, dis-je, disparaîtra. Les prêtres de Jupiter et les druides ont disparu avant, parce que, sans doute, Rome et la Gaule n’avaient pas mérité, selon la justice de Dieu, un aussi long, un aussi terrible châtiment. L’Inde, qui a envoyé à la Gaule ses sacrificateurs d’hommes et son culte de Mithra et de Priape, doit avoir un supplice proportionné à son crime. Le démon qu’elle adore enverra encore plus d’une fois, malheureusement, ses veuves au bûcher et ses filles sous le couteau de finfanticide.
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