‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 106 sur 131 · LETTRE DE PHILIPPE II A LA REINE DE PORTUGAL · texte numérisé non relu

LETTRE DE PHILIPPE II A LA REINE DE PORTUGAL

que Vôtre Majesté ne saurait les entendre sans un renouvellement de notre commune douleur. Votre Majesté les connaîtra plus tard. -J ’ai seulement voulu l'avertir que cette détermination ne procède d’aucune faute ni insolence commises par mon (ils; ce n’est pas un châtiment — bien qu’il y ait pour cela cause suffisante — et l’on ne peut prévoir à un tel état de choses aucune issue ni aucun terme. Je n’ai pas davantage songé à réformer ses désordres par cette voie : celte affaire a un autre principe et une aul/e racine, et le temps ou les moyens que je pourrais employer ne sauraient y porter remède. J’en apprendrai les suites à Votre Majesté, et il ne me reste plus qu’à la supplier de nous recommander à Dieu ’. »

1 « Aunquc de muclios dias anlcs del discurso de vida y modo de procéder dcl principe mi liijo y de muchos grandes arguriicnlos y testimoniosque para esto coneurren sobra que ha dias respondi d lo que V. A. me cseribiô, lo que Iiabrâ visto y cnlendido la nccesidad précisa que avin para poner en su persona remedio, el amor de padre y la cousideraciou y juslificacion que para venir d scmejanle lérmino dévia procéder.. . usando de lodos los otros remedios y caminos que para no llegar d cslo punlo me han parecido necesarios. Las cosas del principe ban pasado tan adelantc y venido d tal cslado, que para cumplir con la obligacion que tengo d Dios conto principe crisliano y d los rcynos y cslados... yo lie querido hacer en esta parle sacrilicio d Dios de mi propiu carne y sangre y preferir su scrvicio y cl bien y benelicio püblico d las olras consideracioues bumanas. Las causas asi anliguas como las que de nuevo ban sobrevenido que me ban constrcùido d tomar esta rcsolucion, son taies y de tal cualidad que no yo las podria dccir, ni V. A.oyr, sin rénova r el dolor y Idstima de mas que d un tiempo las entendiera. A V. A. me lia parecido agora adverlir que el fundamicnlo de esta mi determinacion no dépende de culpa ni inobedicucia ni desacalo, ni es enderezada d casligo que (aunquc para esto bavrd sulicicnlc materiaj, pudiera lencr su tiempo y termino. Ni tampoco lo é lomado por medio, con que por este camiuo sc reformardn sus desôrdenes : tienc este ncgocio otro principio y raiz cuyo remedio no consiste en iempo ni medios, que es de mayor impor-

Celle lettre, toute mystérieuse qu’elle semble dans les termes à qui n’a pas suivi exactement l’ histoire de don Carlos, s’éclaire d’une vive lumière quand on songe aux faits que nous avons déjà présentés. L’innocence absolue de don Carlos, non pas dans scs actes, mais dans ses intentions, y est démontrée d’une façon irréfutable. Il y a matière à châtiment, dit le roi, et cependant il ne s’agit pas d'un châtiment : la conduite du prince a été coupable, mais lui-même ne saurait l’être, parce qu’il n’a pas agi avec sa complète volonté : » cette affaire a un autre principe et une autre racine; » les derniers faits ont amené la résolution que le roi a prise, mais il ne voit là aucune faute, dans le sens moral de ce mot. Il ne peut rien imputer directement à son fils, et la mesure dont le prince a été l'objet est simplement un acte nécessaire, étranger à toute intention de punir.

Toutes ces choses étaient douloureuses à dire, et, le mot terrible de folie , le père ne peut se décider à le prononcer. Il garde la même réserve dans sa communication diplomatique à l’Empereur et à l’Impératrice. Ce fut le comte Chantoney, ambassadeur à Vienne, et Luis Yanegues de Eigueroa, envoyé extraordinaire, qui ap-

lancia y considcracion, para salisfazer yo d las dielias obligacioncs que tengo â Bios. Y porque del progreso que este ncgocio luviera, y de lo que Cn cl Itubiere de quedar û Y. A. parte y razon, se le dard continuahientc, en esta no liay mas que decir de suplicar d V. A. como madré y sdùora de lodosya quien tanta parle cabcdc lodo, nos cucomicnde d Dios cl cual guarda d V. A. como desco. De Madrid, 21 enero 1568. » Lettre de Philippe II à la reine de Portugal. Ms. B. I., 1068 (S l -V.). — Celte lettre est également citée dans Cabrera, VII, 475; mais Cabrera dit par erreur qu elle est adressée à l’Impératrice.

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