CIIANTONEY APPREND LA NOUVELLE A L EMPEREUR S
prirent à Maximilien et à l'Impératrice la complète ruine des espérances formées par l’Empire sur une alliance avec don Carlos. Au reçu de la dépêche royale, ils se rendirent immédiatement au palais, heurs Majestés Impériales revenaient de la chasse, et l’Empereur entra seul dans la salle du souper. Chantoucy lui déclara immédiatement la fatale nouvelle, et Maximilien lut, en changeant dévisage, la lettre que lui écrivait le roi. Philippe II, dans cette missive, n'était pas plus explicite que dans les autres, et les envoyés durent s’en référer aux paroles de leur souverain. L'Impératrice n’entra dans la salle qu’après le premier service, et l’Empereur pria Chant oney de ne lui rien apprendre pendant le repas. Mais dès que l’on se fut levé de table, Maximilien et l'Impératrice entrèrent dans le cabinet de l'Empereur, où les ambassadeurs liront à celte dernière la communication officielle l . Elle montra une douleur aussi vive, dit la dépêche de Chantoney, que s’il se lût agi de son propre fils, mais Philippe 11 inspirait aux membres de sa famille une si haute estime, que l’Impératrice, tout affligée qu’elle fût, répondit simplement ces paroles : « Le roi d’Espagne est père, il sait ce qu’il fait, et l’on peut croire que sa détermination est celle qui convenait poulie bien du prince *. »
1 Ils lui remirent une Icllrc de l’Iiilippc II, bien qu’ils ne le disent pas dans la dépêche d’où j’ai extrait ccs détails. L’Impératrice, dans sa lettre au roi d’Espagne, lui rappelle une missive antérieure. Lcti cite un fragment considérable de cette lettre, niais, outre que je n’en ai que la traduction italienne, ce document ne me semble pas assez authentique pour être cité.
* <i Eu in: os luego al Empcrador y se lo dedaremos conforme u lo que
L’Empereur cependant parut blessé du silence gardé par le roi sur les causes de cet événement ‘, et Chantoney, peu de jours plus tard, dans une lettre confidentielle au duc d’Albe, laissait voir combien sa position et celle de Luis Vanegues étaient difficiles à Vienne par suite de la discrétion absolue qui leur était imposée*. L'Empereur, désireux d’en savoir davantage, résolut d'envoyer à Madrid son frère l’archiduc Charles 5 , et l’Impératrice écrivit au roi une affectueuse lettre de condoléance : « Votre Majesté doit penser que ma douleur a
V. M. manda. Venian SS. MM. de la caza y la Emperalriz no subiô hicgo al aposcnlo del Emperador para cenar, de manera que hablâmos primerainenlc al Emperador, el cual cierto se desnudô tanlo que bien moslrô el sentimiento verdadero que ténia deslo, cuanlo mas no pudiendo comprerider de la carta de V. M. la causa desto y nosotros no pudiéndole dar mas razon de rcmitirnos ;i lo que V. M. le escribia... la Emperalriz no subiy arriba hasta que la vianda fuc en la mesa, y pareciô al Emperador que no se le dijese hasta despues de cenar; asi se liizo, retirados que fueron juntos en la câmara, y cierto no Tué menos sentimiento el de la Emperalriz que el del Emperador y el de entrambos, como si fuera su propio hijo, aunque la Emperalriz respondiô que siendo V, M. padre, sabia lo que bacia, y se podia ,uzgar que era lo que convcnia para el bien del mismo principe. » Dépêche de Cliantoney à Philippe II, 28 lévrier 1568. Arcli. Sim. Est., leg. 658.
1 « Pareciô esto grave à Maximiliano mas que â nadie » llerrera, Ilist. general, X, ii, 291. — * J’ai su de bons lieux que l’Empereur et l’Impératrice ont senti fort aigrement la captivité du prince, et d’autant plus pareeque le roy son père ne leur a eseript la cause pourquoi, sinon simplement ces paroles que c’est par bonnes et justes occasions, s Dépêches manuscr. de Forqueraulx, 8 mai 1568.
* <r El Emperador todavia sienle que este ncgocio baya caido en dis— curso â bcneplâeilo de todos, para no haber escrito cl rey alguna causa en la cual pudiesc parar la opinion y dccir de la genle. » Lettre de Chantoney au ducd’Albc, 21 mars 1568. Arch. Sim. Est., leg. 658.
5 « Déterminé embiar la embaxada particulnr ton el archiduquc Carlos. s Cabrera, VII, ibid. — llerrera, III, 295.