LETTRE RE L'IMPÉRATRICE A PHILIPPE II
élé grande au reçu de la lettre par laquelle elle m’apprend les mesures que la conduite du prince l’a forcée de prendre, car j’ai mille raisons de m’affliger de ce qui l’afflige. Plaise à Dieu que ces maux aient leur remède, et qu’enfin Sa Majesté trouve le calme qu’elle mérite et que je lui désire. J’attendrai les lettres d’Espagne avec impatience : c’est avec une grande confiance en Dieu que je compte sur de bonnes nouvelles, et j’espère qu’il donnera à Votre Majesté les forces et le courage dont elle- a besoin en de telles circonstances. Je fais, quant à moi, ce que je puis, qui est de supplier le ciel avec un ardent désir d’êlre exaucée, et, si mes mérites étaient plus grands, je serais certaine de l’ètre. Je prie Votre Majesté — et en cela, croyez-le bien, je ne songe pas à mes propres intérêts, — de veiller sur la santé du prince. Puisse Votre Majesté considérer que c’est maintenant le plus grand bien qu’il soit possible de lui faire, et que, dans la nouvelle situation de l’infant, sa santé court aventure. Il faut donc s’en occuper avec l’attention la plus vive, et je prie Votre Majfeslé de croire que si je me hasarde à donner ce conseil, je ne suis guidée que par mon affection pour elle et pour le prince son fils *. »
• a Bien me creerâ V. M. que me lia pesado de lo que me escribe â que le Lan forzadolas cosas del principe, pues por lantas vias tengo rnzon « de pesarme de los que â V. M. le eansen; plegue â Dios que estas se rcmedian como V. M. tenga el descansoque mcresce y yo «lesco, que con karlo cuidado esperaré carias de ahi, y si sou de Y. M. muy buemis nuevas que estas contio en Bios que lernémos y que darâ â V. M. las lucrzas y nnimo que estas cosas Lan menester, y yo no sirvo sino con lo que puedo, que es pedirlo û Bios con tan grau voluntad, que si se junlase con ello el ser yo (mena, cierto séria oidaft. suplico â Y. M. que créa que
Il n'est pas difficile de se convaincre que ces dernières paroles durent déplaire à Philippe II ; il entendait se réserver la direction de celte affaire, et souffrait de tout le bruit soulevé par cette catastrophe domestique. I/on s’en entretenait partout, en effet, et les imaginations, surexcitées par le mystère meme dont elle élait enveloppée', accueillaient avec empressement les suppositions les plus étranges et les plus absurdes commentaires. Un historien qui se trouvait en Sicile au moment où l’on apprit les événements fut frappe de l’émotion des esprits *, et, s’il faut en croire Catherine de Médicis, Philippe II et son fils absorbaient à cette époque la curiosité du monde : « Leur faict, écrit-elle à Forquevaulx, est aujourd’hui dans la bouche de toute la chrétienté *. » Non-seulement tous ces discours, mais les marques d’intérêt même étaient pénibles au roi d’Espagne : il eût voulu ensevelir cet événement dans le plus profond secret, comme toutes les manœuvres de sa politique ténébreuse. La reine de Portugal, qui avait ressenti en mère le malheur de son petitfils, lui envoya un gentilhomme à la fin de février : elle
solo por hacerlo y no porque â mi me vaya ni dé en ello me atrevo a supliculle que tenga muy mucim cuenla con la salud del principe, y acûerdase V. M que es el mayor cl bien que se puede liacer y que una persona de su condicion en cl estado que esta, no puede dejar de tenella a muclia aventura, y por eso es menesler procurârsela por mutilas vias y modos; ansi suplivo â V. M. que se bava y que créa de mi que por lo que le quicro, y ser cl principe su liijo, medio este alrevemicnlo â V. M. Maria.» — Lellrcde l’Impératrice à Philippe II. Arcli. Sim. Est., leg. 058.
1 « De la causa de su prision y del cnojo de su padre se dixeron muchas cosas... y mas en Sicilia, dondc â la saxon cslnvamos. » Mariana, II,
s Dépêches manuscr. de Forquevaulx. Lettre de la reine, 25 mars 15G8. *