‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 110 sur 131 · PAPIERS DE F, A CASSETTE DU PRINCE · texte numérisé non relu

PAPIERS DE F, A CASSETTE DU PRINCE

doute sa valeur, mais quoique ces renseignements s’accordent assez bien avec la cause réelle qui détermina l’arrestation du prince, je ne les veux donner que sous toutes réserves. C’était là le bruit de la cour : probablement il était exact quant au fond îles idées, mais est-il besoin de faire remarquer que les termes et les détails de cet exposé ne sauraient présenter ce caractère de certitude qui appartient seulement aux pièces authentiques? Cela dit, voici la version du nonce : ces papiers, qui devaient être expédiés à qui de droit après le départ du prince, étaient des lettres adressées à diverses personnes. Il y en avait une pour le roi, une autre pour le pape, une autre encore pour l’Empereur. Don Carlos y avait joint plusieurs circulaires pour les princes catholiques, les vice-rois des différents Etats de la monarchie espagnole, les grands, les conseils et chancelleries des royaumes de la Péninsule et les principales communes *. hc nonce ne parle point des lettres adressées au pape et à l’Empereur, mais don Carlos, dit-il, rappelait à son père les outrages dont il prétendait avoir été accablé depuis plusieurs années, et déclarait que s’il quittait l’Espagne, c’est qu’il n’en pouvait supporter davantage*. Dans la circulaire destinée aux grands, après avoir exposé les mêmes griefs, il ajoutait que le roi ne le voulait point

1 a Cioè una al re suo padre, una a S. S 1 *, l’allra ail’ Impcratore et in somma a tutli li principi calolici c a quclli il’Ilalia et alli regrii e slati dt S. M. et a tutti li grandi di Spagna. alli eonsigli e cancellurie cl aile comunitâ principali. » Dépêches manuscr. «lu nonce, 26 avril 1568.

* « Coulcneva specilicamcntc molli aggravij clic in molli anni prétende eh’ egli siano stati futti de S. M., e diccva cl»’ cgli sc n’ andava fuori de’ , moi per nè poterli più supporlarc. » Ibid.

marier afin de le priver de postérité, et de faire passer la couronne aux propres fils qu'il pourrait avoir un jour. 11 leur rappelait qu’ils lui avaient autrefois juré fidélité à Tolède, les exhortait à ne point se laisser détourner de leurs devoirs envers lui, déclarait devoir accorder de grandes fhveurs à ceux qui demeureraient ses fermes partisans, et spécialement annonçait l’intention de leur restituer le privilège des gabelles, récemment accaparé par la couronne. Dans la lettre écrite aux communes, il promettait de les délivrer des charges nouvelles que son père leur avait imposées ; enfin il demandait à tous les princes de l’Europe leur secours et leur amitié *.

On trouva encore dans le coffret deux listes singulières : don Carlos avait placé dans l'une ceux qu’il haïssait, dans l’autre ceux qu’il aimait. Parmi les ennemis qu’il disait « détester jusqu’à la mort » se trouvait au premier rang le roi, puis Ruy Gomez, et, l'on ne sait pourquoi, la princesse d’Eboli, qui devait plus tard jouer un rôle si étrange dans les romanesques aventures d’Antonio Ferez *;

1 « Contenevano il medesimo, aggiungendo clic S. M. tralticnc il «tarit moglie, acciù clic non abbiano de succedere nelli regni di Spagna li figliuoli clic nascerano da lui, ma quelli del rc proprio, c gli ricorda chc l’ lianiio giurato per suo principe, elle non si lasciano rimovere dal suo deliilo c délia compila osservanza del giuraincnto... c promette a quelli elle faranno fedcli c slaranno fermi nel giuramento, alli grandi favori e grazie cl in spccic renderli la gabella" die diceva csserli stala tolta dal re... aile roniunità levar le gravelle che diceva novamente essersi imposte, agli

f n incipi né suddili rendeva conto ch’ era stalo sforzulo a far questa risonzione, c li pregava clic la pigliassero per benc e etreava di faccrli amici con buone parole e molle offerte, a Dépêches manuscr. du nonce, ibid.

4 Voy. sur la princesse d’Eboli le beau* travail de M. Mignct, Antonio Ferez et Philippe II.

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