DON CARLOS REFUSE TOUTE NOURRITURE
médecin du roi de Portugal, Francisco Franco, parle de même dans un livre également imprimé à Séville vers cette époque 1 , et quant à bassiner son lit avec de la neige, c’était une habitude reçue alors en Espagne*, et que le même praticien déclare être sans péril*. Ce fut donc dans le but de calmer l’inflammation intérieure et extérieure qui minait don Carlos, qu’au milieu des chaleurs de l'été on lui permit l’usage de la neige. Mais cet esprit . immodéré dépassa les limites fixées, et tomba dans un état violent qui s’aggrava avec une déplorable rapidité.
Du 10 au 21 juillet, la situation devint tout à fait désespérée. Le 15, Philippe II, averti des progrès de la maladie, revint de l’Eseurial 1 . L’infant refusait obstinément de prendre rien autre chose que de Peau froide*; il était tombé dans un tel état de faiblesse, qu’on s'attendait, d’un instant à l’autre, à le voir succomber. On ditqu’alors le docteur Olivarés lui donna une purgation
complexion colérica, ralienlc, indamada... los que padeeen délires nrsivas y malas de gran calor y inflamacion. » Macardes, Libro que Irala de la nieve y de sus propiedades. Sevilla, 1574, {Cité par A. de Castro, loco cil)
1 Traclado de la nieve y del uso delta, por Francisco Franco, médico del rcy de Portugal. Sevilla, 1509.
*« Yicio de algunos senores de Espafta. » Lorcnzo Van den Ilammen, loco cit.
5 « Ni ténia por inconvenientc en tiernpo de estio... que se dé una vuclta ;i la cama con un calentador en cual tenga un pedazo de nieve. » Traclado de la nieve, etc., déjà cité. {Cité par A. de Castro, loco cil.)
4 Dépêches manuscr. de Forqucvaulx, 2 1 juillet.
5 « Ni pudo scr alraido ni aducido à que comiesc ni tom.iso co a de substancia mas que agua tria. » llelucion, etc. Ms. déjà cité.
20(i DON CARLOS ET PHILIPPE II.
qui demeura sans effet 1 * * 4 . Ce symptôme était redoutable; tous les médecins savent que l’impuissance des remèdes ou des réactifs annonce le plus dangereux travail intérieur. On ne douta plus dès lors de sa fin prochaine. Le 21, le nonce écrivait à sa cour qu’il était à l’extrémité*; l'ambassadeur de France ne lui donnait pas trois jours à vivre 5 ; Olivarés avertit Ruy Gomez que le malade, à ses yeux, était condamné \
Dans la matinée de ce jour, le prince avait demandé son confesseur : les approches de la mort, l’imposante gravité de ceux qui veillent auprès du lit des mourants? et aussi l’extrême faiblesse physique, avaient calmé le malheureux don Carlos, et son âme goûtait déjà cette sérénité suprême qui adoucit l’amertume de la dernière heure 5 * . Il reçut l’absolution avec pleine connaissance, et, dit-on, demanda à voir son père 8 . Je doute fort de ce
1 « Purgado sin huen efccto. » Cabrera, loco cit.
- « Si ticne il principe di Spagna cosi in estremo di sua vil*. » Dépêches nianuscr. du nonce, 21 juillet.
5 « Le pauvre estai où le prince son fils est, lequel s’en va mourant, et ne sçauroit estre en vie d’icy à trois jours. » Dépêches nianuscr. de Forqucvaulx, 21 juillet.
4 Causes célèbres et intéressantes, avec les jugements qui les ont décidées, pur M”*, avocat au parlement, XII. Paris, 1740.
5 a Ail’ liora comincio a discorrere gravemente e da uomo prudente e da sè stesso di mandé il confessore, confessandosi con molla divotione. » Dépêches nianuscr. du nonce, 27 juillet. — * Ilaviendo recihido todos los sacramentos como lidelisimo cristiano. » Cabrera, loco cit. (Je sou-
ligne ces derniers mots comme une erreur : don Carlos ne reçut pas la communion.) — «Ayant faict une lin de bon chreslien catholique, que les Espaignols louent infiniment. » Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 2(1 juillet 1568.
u Ferreras, loco cit — Selon Cabrera, ce lurent les minimes qui le
pemandèrent au roi : c’est évidemment une erreur. ,