CANONISATION DU BIENHEUREUX DIÈGUE
de Tolède. Le groupe des médecins et chirurgiens formait devant lui un demi-cercle, et don Garcie, appelant tour à tour chaque docteur, lui ordonnait* d'exprimer son avis en l’appuyant de démonstrations et d’autorités.
Le bachelier Torrés de Valladolid fut nommé médecin de la cour avec le traitement ordinaire. Quant au bienheureux Diègue, Philippe II demanda immédiatement sa canonisation à Rome. Mais le saint-siège ne montra pas tout l’empressement qu'aurait désiré la cour d’Espagne. Le cabinet de l’Escurial dut longuement insister avant de réussir. Dans son testament du 19 mai 15G4, don Carlos recommande qu’on poursuive activement cette affaire 1 : le 14 mars 1568, Philippe II écrit à son ambassadeur auprès du saint-père :« Déjà devrait être commencée l'instruction pour la canonisation du bienheureux liay Diego. Je serai charmé qu'elle ait lieu le plus tôt possible. Je vous charge d’en traiter directement avec Sa Sainteté. Vous m’apprendrez quand on pourra en finir et quelle somme il sera nécessaire d’envoyer pour y pourvoir *. » Malgré ces réclamations pressantes, le bienheureux Diègue ne fut canonisé «pic vingt-six ans après la guérison du prince, en 1588, par Sixte-Quint \
* « Porque estando en la dieha enfermedad desahuciado de los médieos, fué traido cl cuerpo del dicho p.idre Uamado fray Diego. » Teslamcnt de don Carlos, 19 mai 1564. Arch. Sim. Teslamentos reales, leg. 2.
* « Parecemc que de razon ya debia estar traducido el proccso que loi a a la canonizacion del S° Fr. Diego, y porque cuanlo mas preslo se bicicsc, tanto mas bolgaré yo dcllo, os encargo que habiéndolo trnlado con S. S. me aviseis cuando se podia acabar este negocio y del diuero que se lia mencslcr para que se provea. » Lettre de Philippe II à son ambassadeur à Rome, 15 mars 1568. Areli. Sim. Est., lcg. 1568.
5 a Fué canonizado poi Sixlo V eu 1588. » ( C.alendario espafiol dans
DON CAHLOS ET PMLII'I’E II.
Tel fut, d'après les relations des docteurs Cliacon et 01 i rares, cet intéressant épisode de la vie de don Carlos. Cet accident, s'il faut en croire le premier de ces médecins, avait été prédit plusieurs années auparavant en ces termes : « Le prince d’Espagne sera en grand péril par suite d’une chute du haut d’un escalier, d’un étage ou d'un cheval; mais il y a moins de chance pour une chute de cheval. » Le devin qui prononça cet oracle est malheureusement demeuré inconnu, et je n’ai trouvé nulle part ailleurs mention de ce fait, que je m’étonne de voir accueilli avec tant de naïveté par un savant aussi grave. Ce fut du reste la seule prédiction dont le jeune prince ait jamais été l’objet, et quels qu’eussent été, depuis le retour de Philippe II en Espagne, les rapports entre le père et le (ils, certes, après cette maladie où le roi avait donné tant de preuves de son amour paternel, où l’infant avait paru calmé par les souffrances mêmes, rien ne semblait faire prévoir les agitations qui devaient suivre et enfin la catastrophe qui allait étonner le monde.
la Lspuiia sagrada. Doc. inéd. XXII). On voit quelle est l’erreur do Colmcnarcs [llist. de Segovia), disant que cette canonisat ion eut lieu promptement : t Se cleeluô en brève. » Iterrera [Hist. general) dit seulement : « El santo pou li lice, à su Distancia, le ha pucslo en cl numéro du lo> multos. »