‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 37 sur 131 · TOURNOI DE · texte numérisé non relu

TOURNOI DE

espérance que n'est le prince d'Espaigne; » plus lard, au moment où il était fortement question de marier don Carlos à la fille de Maximilien, il ajoutait, en rapportant le départ d’un courrier de l’Empereur : « Il est bien marri qu’il faille que madame la princesse de Bohesme espousc un prince si mal composé de personne cl de mœurs comme il est *. »

Don Carlos, contrefait, petit, malingre, était forcément éloigné de ces brillantes arènes où les chevaliers d’autrefois luttaient d’adresse et de courage. Il montait souvent à cheval, il est vrai, nous dit l’ambassadeur de Venise, et s’exerçait à l’escrime plusieurs heures par jour*, mais il ne paraît pas qu’il ait jamais essayé ses forces dans un tournoi. Il n’assista que comme spectateur à celui de février 1566 (il avait cependant alors près de vingt et un ans), où ses cousins les princes de Bohême obtinrent tous les honneurs de la journée, « tant à souffrir du commencement à la fin, la salade en teste, qu’au combat de la pique et de l’estoc s . » Son père n’avait du reste jamais aimé ces divertissements, et lors de son voyage en Flandre en 1548, il ne s’y livra qu’à contre-cœur 4 ; mais il sut dissimuler sa répugnance pour des exercices qui fatiguaient sa constitution délicate s , et n’en passa pas moins

1 Dépêches Mss. de Forquevaulx (3 novembre 1565 et 8 février 1500).

2 a Cavalea et essercita l’nrmeggiare ogni giorno moite bore. » Helaiione (.'iTiepolo. Ms. déjà cité.

’ Dépêches Mss.de Forquevaulx (8 février 1500).

* <t Ha piacere di slarsi a caméra co’ suoi favorili. » Relazione cli Cavallo. Ms. — Voy. Sepulvedx opéra, II, 381.

5 « E di lomplessione mollo delicata, e benchè nell’ cssercitio babbi mostrato un poco di prestezza c di vivacità, perd si vede que lia sforzalo la nntura. * Relazione di Michèle Soriano. Ms. B. I. 791 .

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pour un brillant chevalier. Il n’exigea pas de don Carlos le même effort, soit qu’il ait jugé inutile ou impossible de l’y contraindre, soit qu’il ait reconnu lui-même que la santé débile de son fils devait l’écarter de ces fêtes. Ce prince, en effet, non-seulement ne fut jamais robuste, mais encore demeura toujours sujet à des fièvres périodiques; cette faiblesse, cet accablement, cet épuisement des forces vitales, que peu de jours avant l’accident d’Alcala, Philippe 11 signalait à l'Empereur avec tristesse *, ne s’étaient point modifiés; il était notoire à la cour que sa croissance avait été arrêtée par ces fièvres *, dont il ne put jamais se délivrer qu’à de courts intervalles signalés avec empressement par le roi dans les lettres qu’il écrivait à ses ambassadeurs 3 ; les familiers de la cour donnaient même sans hésiter sur son état physique des détails qui faisaient craindre qu’il ne fût inhabile au mariage.(nous retrouverons plus loin ces notes curieuses); enfin il est très-vraisemblable que sa chute d’Àlcala, et la maladie qui en fut la suite, l’opération que le prince dut subir, laissèrent des traces que le temps ne put effacer.

’ « Torné luego a recaer, y la cuarlana le ha durado liasta agora que de pocos dias aeâ le ha dejado tan flaco que V. M. no lo podria creer. » Lettre de Philippe II à l’Empereur, II mars I5G3. Arch. Sim. Est., leg.

s « llabiéndole lomado en tiempo que parecc que la i'uerea y el crecer le habian cslorhado. » Dépêche du comte de Luna à Philippe II, 19 janvier 1562. Arch. Sim. Est., leg. 651.

5 « Y aunque cl principe mi liijo ha tenido unas calenturillas, con haberre purgado se halla en mejor dispusicion. » Lettre de Philippe II à don Alonso de Tovar, ambassadeur en Portugal, 5 septembre 1564. Arch. Sim. Est., leg. 382.

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