‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 39 sur 131 · DONS A DIVERSES DAMES DE LA COUR · texte numérisé non relu

DONS A DIVERSES DAMES DE LA COUR

réaux pour son ouvrage sur l’ordre de la Toison d’or 1 ; ou bien encore une bague à son grand ccuyer Luis Quijada *. Parfois scs libéralités étaient remises à diverses daines de la cour : je vois mille ducats donnés à dona Léonor de la Rovère, cinq cents ducats à dona Maria de Alcaraz, mille ducats à la femme de son secrétaire Martin de Gazlelu 5 . Ces derniers dons étonnent au premier abord, et l’on se demande s’il ne faut pas les regarder comme de grossiers moyens de séduction ou comme les témoignages d'une reconnaissance suspecte. Mais d’abord le détail des noms et titres des personnes qui les reçoivent fait présumer qu’ils étaient connus de toute la cour, bien que la cause n’en soit pas indiquéo : or le grand maître de la garde-robe n’eût pas gratuitement déshonoré des dames de la cour en les inscrivant sur des comptes qui passaient sous les yeux du mayonlomo mayor et peut-être du roi. 11 eut été facile, en pareille circonstance, de citer les chiffres en laissant la donataire inconnue. Celte discrétion n’aurait eu rien d’insolite, car, au mois d’avrill567, je trouve inscrits onze mille réaux remis « à une personne secrète \ » Y

1 « Por un libro que diô a S. A. con tas armas de todos los caballeros del Tuson. » Ibid. — La Loo, secrétaire du comte de llorn, fut arrêté avec son maître par ordre du duc d’Albe, et périt sur l'cchal'aud peu de,temps après lui, en 1568. avec le secrétaire du comte d’Egmont.

- « Una sortija de momoria que S. A. diô à Luis Quijada. » Ibid.

5 <{ A dona Leonor de la Rovere y Vire, 1 ,000 ducados de que le Dabi i hecho merced... â doua Maria de Alcaraz, moza de câmara de la reyna, 500 ducados, etc... 1,000 ducados que S. A. mandé dar â dona Maria de Gaztelu. » Ibid.

4 « Se reciben y pasin en cuenta 11,000 realcs que en poslrero de abril '1507 diô â S. A. para dar a cierta persona sécréta. » Ibid.

a-t-il là line aventure galante? à cette date elle n’eût point été étrange, et le prince, à vingt-deux ans, pouvait bien avoir oublié le vœu qu’il avait lait durant sa maladie d’Alcala, de ne rechercher jamais l’amour d’une autre femme que de son épouse 1 . Quoi qu’il en soit (et nous discuterons plus tard cette dernière question), on peut affirmer, je crois, que si les causes de tes divers dons n’ont pas été indiquées, c’est sans doute parce qu’elles ne valaient pas la peine de l’être ; le prince a pu être amené à ces gratifications par diverses circonstances peu dignes d’être mentionnées. Nous savons d’ailleurs que les mille ducats donnés à doua Gaztelu étaient un cadeau à cette jeune femme pour la layette de son enfant, dont le prince avait été le parrain*. Faut-il s’étonner qu’il ait fait tenir en son nom sur les fonts baptismaux, par Luis Quijada, la fille de Gaztelu, son secrétaire? Faut-il s’élonner que le prince généreux qui donnait onze cents réaux à Francisco Montané, nain de la reine Elisabeth 3 , par un simple caprice, ait offert, à l’occasion de leur mariage ou de leur fête, quelques présents à des dames qu’il voyait sans cesse et qui pouvaient lui avoir rendu de ces légers services que les princes ne doivent pas laisser passer sans récompense?

1 « Cunndo S. A. diô lu caida en Alcuin, habia liecho voto de no alcgaise jumas a otra que a su inuger, y que as! no curaba ni queria enainorarsc de ninguua. a Lettre de Cbantoney au roi, 20 mars 1505. Arch- Sim . Est., leg. 055.

s « l'or una vez para mantillas â una hija por habérsela saeado de pila Luis Quijada en nombre y por mandado de S. A. » Arch Sim. Cont, gen., ibid.

s « A Francisco Montano, enano de la reina nuestra seiiora 1,100 renies que S. A. le hizo merced. » Ibid .

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