SENTIMENTS RELIGIEUX DE DON CARLOS
cent, M. A. de Castro, dans un livre intitulé : Histuria de los protestantes espanoles, place résolument une biographie de l'infant, œuvre d'une critique insuffisante, et, d’après un système de suppositions gratuites ou d’inductions puériles, range don Carlos parmi les protestants espagnols. Je signale, sans y attacher la moindre importance, ces assertions que le défaut de science et l’intérêt d’une thèse préconçue ont seules pu provoquer : elles ne sauraient même être discutées, puisqu’elles ne reposent sur aucun fait, sur aucun document acceptable à la critique. C’est là une opinion personnelle, la mineure insoutenable d’un syllogisme défectueux. Fhilippc II v persécutait, il est vrai, les protestants, et son fils est mort en prison, mais comme il n’existe aucune preuve des sentiments luthériens de don Carlos, comme il a été notoirement emprisonné pour d’autres causes, il faut bien trouver bon que l’histoire, dédaignant des .raisonnements sans base, leur oppose une fin de non -recevoir absolue.
Don Carlos a toujours témoigné de son amour et de son respect pour la foi catholique. Lors de sa chute à Alcala en 1562, on sait de quels sentiments de haute piété il aimait à faire preuve. Il demandait un jour, nous raconte son très- véridique médecin, à recevoir la communion. Son confesseur lui fit remarquer qu’il s’élait déjà approché du sacrement la semaine précédente. — Oui, répondit le prince, mais ce sera bien encore aujourd’hui l .
* a Estuvo lanto en las cosas de Dios que liablando un dia con su conf'esor, le pidi<5 el santo sacramenlo, y respon li'nd -le que S. A. le habia
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En 1564, lorsqu’il dicta son premier testament, il commença par une profession de foi solennelle. On verra plus bas la lettre toute liliale que, la même année, il adressait au saint-père en faveur de l'orthodoxie parfaite d’Onorato, représentée à la cour de Rome comme le plus grand mérite du futur évêque. L’année suivante, le pape lui envoya un présent par son camérier : don Carlos est dans les meilleures ternies avec le nonce et sollicite pour l’évêque d'Osma le chapeau de cardinal. Si l’on a cru voir dans son antipathie prononcée contre son père une preuve d’hérésie, il faut renoncer à cette opinion par la seule étude des liâtes : dès 1 505 des dissentiments gr'aves s’étaient élevés entre le roi et l’infant; l'ambassadeur de France les signalait à Catherine de Médicis dans une dépêche confidentielle ', et cependant, à celte époque, l’orthodoxie de don Carlos est incontestée. Les questions religieuses sont donc absolument étrangères aux sentiments réciproques de l’infant et de Philippe II.
Nous n’avons pas de détails sur les pratiques religieuses du prince durant les années suivantes, ce qui ne nous étonne pas, puisque l’absence même de tout document démontre avec évidence qu’il agissait selon les règles suivies par toute la famille royale. S’il y eût manqué, il est certain que le scandale eût été grand : les ambassadeurs et surtout le nonce eussent aisément connu ces infractions et eussent transmis cette nouvelle à leurs cours. Nous ne voyons pas un mot relatif à un tel fait dans leurs diver-
rmliido, dijo : a Eso lia ocho dias y sera asi punlnlmenlc. » lie lotion de Da:a Chacun, déjà citée.
1 Dépêches Mss. de Forquevaulx (3 novembre I5G5).