GARCIE ALVAREZ OSORIO
robe du prince, Ortega de Briviesca, était mort le mois précédent*, et il s’agissait de lui nommer un successeur. Don Carlos désirait voir élevé à ce poste Juan Estebez de Lobon, mais le roi' préféra choisir un des ayudas de càmara * du prince, le jeune Garcie Alvarez Osorio. Le nouveau grand maître de la garde-robe n’avait que vingt-deux ans 5 , mais il appartenait à Tune des plus illustres familles de la monarchie, celle des marquis d’Astorga, dont l’héritier, Alvaro Osorio, avait épousé la fille du duc d’Albe*. Son oncle, Francisco Osorio, était aumônier du jeune prince; lui-même était entré tout enfant dans la maison de don Carlos 5 qui lui avait témoigné • jusque-là beaucoup de bienveillance et devait même le prendre plus tard pour son plus intime confident. Néanmoins l’infant fut fort irrité en apprenant la nomination il Osorio, et dès lors ne cessa d'empêcher par les moyens les plus bizarres l’expédition des affaires de sa maison ®.
1 « Briviesca sirviô los oficios de guardaropa y guardajoyas que fué hasta fin de sesenla. » Arch. Sim. Cont. gener., 1* ép., leg. 1118.
- Ayuda de cànwra, aide de la chambre, fonction inférieure à celle de gentilhomme de la chambre.
3 Je lis dans une deuxième enquête où Osorio fut appelé comme "témoin, et qui eut lieu en 1583, qu’en cette année il avait quarante-cinq ans. Il était donc né en 1538, et en 1560 il avait vingt-deux ans. — Voy. Arch. Sim. Cont. gener., I* ép., leg. 1118.
4 Voy. au chap. I er , les notes sur les lettres de l’aumônier Osorio à. Philippe II.
5 En 1583. Osorio dit dans sa déposition qu’il était entré, il y avait trente ans, dans la maison du prince, c’est-à-dire en 1553 : il avait alors quinze ans.
6 « Haciéndole muy malos tratamientos... todo d efecto de le quilardc los dichos oficios y no permitiendo que tomase ningun recaudo n claridad de lo que S. A. daba y distribuya. » Déposition rt’Osorio dans l’enquête déjà citée.
D’abord il refusa (le rendre compte de ses dépenses et d’exposer l'état de sa fortune au nouveau grand maître, qui ne savait comment établir la régularité de ses registres, ignorait l’emploi que le prince faisait de son argent, et ne connaissait avec exactitude ni les revenus, ni les déboursés, ni les dettes *. En présence d’une telle situation, Osorio jugea utile, pour couvrir sa responsabilité, de prévenir don Garcie de Tolède. Il l’avertit de la mauvaise volonté de l’infant, et lui demanda qu’au moins, pour qu’il lui fût possible d’établir sa comptabilité sur des bases stables et de répartir les fonds entre les divers services de la maison de Son Altesse, on lui donnât connaissance du registre sur lequel les détails * nécessaires avaient été notés, lui disait-on, à l’époque où don Antonio de Rojas étant gouverneur, le roi. avait formé une maison au prince. Don Garcie approuva ce désir et fit chercher ce registre; mais on ne le trouva point, soit qu’il n’eût jamais existé, soit qu’il se fût égaré, soit que don Carlos, averti, l’eût fait disparaître.
Il fallut donc que le gouverneur lui-même, les major-' dômes et le contrôleur se réunissent en conférence pour procéder à l’inventaire de la fortune de don Carlos. L’infant, ayant appris ces mesures, défendit qu’on y donnât suite, et, non content de traiter Osorio avec mépris, il s’amusait à dérober les clefs des coffres où scs habits et ses joyaux étaient renfermés, y puisait à son gré, envoyait ce butin hors du palais et empêchait Osorio d’as-
’ « Procurô que liubiesc claridad y sc enlcndiese la mariera como se dislribuya la hacienda de S. A., lo que habia en su casa. » Ibid.