‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 56 sur 131 · NÉGOCIATIONS POUR LE MARIAGE DE DON CARLOS · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS POUR LE MARIAGE DE DON CARLOS

Ce lut dans le cours de l’année 15(31 que Philippe II, aussi pressé d'entamer les négociations que lent à les conclure, songea à préparer pour son Cils un mariage favorable aux intérêts de sa maison. Lui-même était déjà allié à la maison de France; il ne pouvait penser à proposer don Carlos à la reine d’Angleterre : le caractère impérieux d’Élisabeth eût rendu cette union inutile, l’cût-ellc acceptée; elle se déclarait d’ailleurs de plus en plus contraire à la religion dont le roi d’Espagne se considérait comme le champion dans le monde. Philippe jeta donc les yeux sur la princesse Anne de Bohème *, l’aînée des filles de Maximilien, roi des Romains et fils de l’empereur Ferdinand. La parenté entre les deux maisons était pro-

* L’infante Anne était née en Espagne, à Cigales, pendant le séjour de ses parents dans la Péninsule, le 1" novembre 1549.

clic : Ferdinand, on le sait, était le frère de Charles- Quint et par conséquent l'oncle de Philippe 11 : Anne et don Carlos étaient cousins issus de germains. Une alliance, resserrant encore les liens de famille, paraissait devoir confondre complètement les intérêts et la politique des deux branches de la maison d’Autriche. Philippe II chargea donc le comte de Luna, son ambassadeur à Vienne, de s’en ouvrira Maximilien.

Le roi de Bohème reçut cette nouvelle avec la satisfaction la plus vive. Il demanda seulement le temps d'en informer l'Empereur, son père, avant de donner une réponse définitive, qu’il espérait, ajouta-t-il, être de nature à satisfaire pleinement le roi d'Espagne L Deux jours plus tard, Ferdinand lit appeler l’ambassadeur et lui déclara qu’il ne pouvait qu’approuver un tel mariage. Le comte de Lima pria donc Maximilien d’écrire ce résultat à Philippe II. Le roi de Bohême le lui promit et protesta en même temps, dans les termes les plus chaleureux, de sa reconnaissance envers le roi d’Espagne et de la joie dont il était pénétré \

1 (i... ILibiéndomc cl rey oido y considerado lo que V. M. dicc dei casnmienlo del principe mi seiïor... moslrando de todo grandtsimi satisfaction y contenlamiento, nie dice... que âl présente êl no podia responder, porque queria dar cucnta al Emperadot , como era ra/.on, que cl cscribiria iuego à S. M., y con su respuesta la esperaba dar â contenlamicnlo de V. M.» Dépêche du comte de Luna à Philippe II. Vienne, 13 octobre 1561. Arcli.-Sim. Est., leg. 650.

-g.., S. M. me llamô y me dijo... que cuanlo al casamicnlo del principe mi senor con la infanta Ana, no podia sino alabar inucbo y parcscelle muy bien lo que V. M. decin... con esta respuesta, volvi aqui â Viana y supliqué al rey que S. A. respondiese â V. M. El rey me dijo que lo que ténia de decir era, que conocia muy bien al amor y buena voluntad que V. M

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