‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 57 sur 131 · LETTRE DE FERDINAND A PHILIPPE II · texte numérisé non relu

LETTRE DE FERDINAND A PHILIPPE II

Mais à peine Maximilien avait-il exprimé sa satisfaction, on apprit à Vienne que l'infant était cruellement tourmenté par la fièvre, — peu de temps après, en effet, Philippe envoyait son fils à Alcala, — et que toute négociation devait être suspendue jusqu’à ce que la santé du prince fût devenue meilleure. L'Empereur, qui se défiait de son neveu, n’accepta cette raison qu’avec une certaine hésitation. Et cependant, non-seulement le duc d’Albe avait appris officiellement cette nouvelle à Martin de Guzman, ambassadeur de Vienne à Madrid *, mais encore ce dernier avait pu aisément par ses propres yeux se convaincre de la vérité. Quoi qu’il en soit, dans le courant de décembre 1501, don Carlos ayant éprouvé un léger soulagement, Martin de Guzman en informa aussitôt l'Empereur. Ferdinand ne perdit point de temps, et, le 14 janvier 1562, il écrivait à Philippe II : « Notre- Scigncur ayant bien voulu délivrer le prince mon neveu de la fièvre quarte, il me semble que l'instant est opportun pour parler de nouveau de son mariage avec la princesse Anne, ma petite-fille. J’en écris à Martin de Guzman, qui s’en expliquera plus particulièrement avec Votre Altesse 2 . Pour ma part, je vous l’affirme, si je connaissais un mariage plus avantageux pour le prince et pour notre maison, je ne parlerais pas de celui-ci 3 . » Ce dernier trait,

mostravay ténia â S. A.... de que eslaba con grandhima salisfacçion.» Dé- , pêches, etc., ibid.

1 «... Lo que sobresto hnhia escrito (Philippe II) y mandado a dcciru Martin de Gu/,man pur cl duqu.c de Alva. » Dépêches du comte de Luna, 19 janvier 1502. Ibid.

a L’Empereur ne traitait les rois que d’Altesse.

5 « llabiendo sido Nuestro Scàor de librar al screnisimo principe mi so-

un peu naïf, ne satisfît pas encore l'Empereur : il voulut avoir une conversation avec le comte île Luna. Il commença par se féliciter de la santé de 1 infant, puis en vint à la question du mariage : à ses yeux, nulle union n’était plus convenable cl plus à propos, et par la conformité d’âge des deux princes, et par toutes les grâces et vertus de la princesse, et par les grands avantages politiques dont cette union serait le gage. Enfin, avec une franchise dont il "aut toujours savoir gré dans ces sortes d’affaires, il suppliait Philippe II de considérer sérieusement cette question, et de donner, par son consentement à l’Empereur, au roi et à la reine de Bohème, la plus grande satisfaction qu’il leur fût possible de recevoir.

L’ambassadeur fut fort étonné qu’on eut reçu à Vienne des nouvelles si pleinement rassurantes, et, de fait, l impatience de Ferdinand avait singulièrement exagéré les choses et transformé en guérison complète une amélioration légère et sans importance. Après avoir remercié l’Empereur, au nom de son souverain, des sentiments qu’il voulait bien lui faire connaître, il répondit qu’on ne se délivrait pas si promptement des fièvres quartes : pendant une année entière, même après guérison, elles laissent, ajouta-t-il, des traces dans la santé générale, surtout lorsqu’elles ont été aussi violentes; enfin il termina ce

. brino de su larga cuartana, y que es agora tiempo oporluno para volver à la plâtica de su casainicnto con la inlantn Ann, mi niela, me ha parccido hacello yo escribir â Martin de Guzman lo que entendera V. A. particularinentc... certilicando â V. A. que si supiese yo que al présenté olro

• casa mien to eslaria mejoral principe y al bien de nuestras casas que este, no trataria dcl en mariera ninguna. » Lettre de Ferdinand à Philippe II, 14 janvier 1562. Arch. Sim. Est., Icg. 651.

CONVERSATION ENTRE L'EMI'EREUR ET LE COMTE DE LUN A. iôô

discours en sc déclarant persuade que le roi d'Espagne ne voudrait point marier son fils avant son complet rétablissement *.

Cette réponse plut médiocrement à l’Empereur, qui flairait quelque subterfuge, ou du moins quelque désir, dont la cause lui échappait, de traîner en longueur et de le payer de paroles. Soit qu’il voulut plaider le faux pour savoir le vrai, soit que réellement il eût, sur ce point, quelque sérieuse inquiétude, il ajouta d’un air familier : « Mais, tout en causant, je vous le dirai, comte, en confidence, — et ceci ne doit pas vous passer, — j’ai reçu de Flandres et d’Italie une singulière nouvelle. Il est question à Madrid, m’écrit-on, de marier le prince d’Espagne avec la princesse de Portugal, sa tante : les choses ont été même assez avant, paraît-il, car on a déjà demandé à Rome la dispense nécessaire pour le mariage de parents aussi proches. La princesse, il est vrai, est une personne accomplie, mais l’union du prince et de ma

* « El Emperador me lia dielio que liabiendo entendido que et principe mi sefior, Dios le guarde, liene salud y edad para poderse tralur de su iasamicnlo... parecc a S. M. que al présenté no liay cosa mas convenante ni nias à propésito del principe, asi por la conformidad de las edades y buenas partes que la ini'anta liene, como por ntras cosas que aun importai) mas que sc pueden considéra.' para el Lien de todos y eoiiscrvueion île. estas casas... y por e>to no pc lia ilcjar de rogur y suplicar nuiclio â V. M. lo considéra todo muy Lieu y no deje de dar coiitenlmnieiilo à S. M. y al rcy y â la revna que sera de lo< majores que puedau recibir... a

«... Como S. M. sabia las cuarlanas siempre dejaban reliquias que eu nias que un aiïo Labia Lieu que Lacer en librnrse, y mas tan largns como el principe las Labia tenido... y que por crlo yo creia que V. M. noqueria rusalle hustâ que se rchicicsc Lieu. » Dépèelie du comte de l.una au roi, 19 janvier 1502. Arcb. Sim. Est., leg. 051.

pelile-fille me semble plus convenable pour l'âge : mon neveu, d’ailleurs, gagne par celle alliance l’avantage de resserrer nos liens de parenté et d’affection. Aujourd'hui, sans doute, ce semble être un bien superflu, mais il est bon de songer à l’avenir. La princesse de Portugal n’apporte point ces avantages, et, de plus, il y a dix ou onze ans entre elle et le prince d’Espagne. Letle distance, du côté de la femme, est considérable, car lorsque l’infant sera un homme, elle sera déjà avancée en âge, et ce n’est pas là un médiocre inconvénient. En outre, la parenté me semble bien proche. Le prince, dans cette hypothèse, épouserait une personne à laquelle il doit un respect filial; enfin, si la princesse est fort belle, l’infante Anne, ma petite-fille, ne laissera pas, je puis le dire, de plaire à ceux qui la verront. Le motif du roi d’Espagne, m’a-t-on dit, est l’extrême jeunesse de son fils, qui permettra à la princesse de l’aider à gouverner si le roi l’envoie en Italie ou en Flandres. Il y a là sans doute une apparence de raison, mais, je vous le dis, de pareilles unions sont périlleuses, et celle-ci pourrait fort mal tourner pour le gouvernement aussi bien que pour la satisfaction du prince. Au reste, le roi est trop sage pour ne pas le comprendre à merveille : je me borne donc, sans traiter plus longuement ces détails, à lui proposer ma petite-fille en . mariage, à lui demander le plus affectueusement du monde de bien réfléchir, et de nous aviser le plus promptement possible de sa résolution l . »

1 Mas, tlijo nie, hablandncon vos, condc, en conlidencia y para que no saïga île aqui, os hago saber que yo nie tuuevo â esto porque de Timides y de llalla me cscriben que st Irata este casamienlo con la screnisiina

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