‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 58 sur 131 · DON CARLOS ET LES CORTÈS · texte numérisé non relu

DON CARLOS ET LES CORTÈS

Co projet, qui tourmentait si fort l'Empereur, était dosliné «à reparaître plus tard et dans les délibérations des cortès et dans les correspondances diplomatiques. En 1565, les députés proposèrent fort sérieusement au roi ce mariage, et trois ans plus tard, s’il faut en croire Forqucvaulx, le prince le leur reprocha avec une violence très-peu flatteuse pour sa tante. Il les menaça de toute sa colère, raconte l’ambassadeur dans un avis secret de 1566, « s’ils sont si fols de parler du mariage de la princesse sa tante et de luy, comme ils le proposèrent

princesa de Portugal, y que la plâtica iba tan adelante que se üabia envindo por la dispensacion a Romi, y que cl papa hacia dificullad en conccderla por paracerle el deudo muy estrecho y las causas no baslantcs para délia, y por c.-to lo liago y por paracerme que aunqtîe la princesa sea tal persona que no baya mas que pedir en clia, tengo por mas â propdsito y mas convenienle para el principe el de mi nicta, asi jior la conlbrmidud de 'las edades... y porque con ella se loman en estas partes mas leudos y amigos, queaunque al présente no parece que sea menester, importa el contirmallos para que de adelante, y que aquestos no se loman cou la princesa, y que tambien llcva al principe diez li once anos que para llevarlos la mugeral liombre es niucho, porque cunndoél vengnâ ser liombre, sera clla entrada en dias, que no es poco inconvcnienlc, y despues el deudo tan grande que parece no sé que casar con persona â quien se debeel respelo de madré, y que nunque la princesa sea muy bermosa, creo que la intanta no dejarâ de contentai* â los que la vieren. Las causas que esciiben que al rey le rntieven 6 le podrian inover â liacer este casamicnto, dicen que son que el principe es mozo y que la persona es muy bastantc y le podria ayular a gobernar, y que en su compnnia le podria d dejar cil Es pana d enviar â ltalia dFlandcs; y aunque este liene una color de apariencia, vo os digo que las mas vecessuelen traer grandes inconvenientés, y que se pueden remediar muy mal, asi para lo que toca al "gobierno como para lo que toca al contentamiento del principe... y porque el rey es tan dis— creto que todo lo enlenderâ tambien como se lo sabra nadie decir, vo no quierotratar destos particularcs, sino proponclle el casamieuto de mi nieta, • y pedille muy alTectuosamente que todo lo mire y considéré bien, y que nos avisa de su voluntad. » Dépêche du comte de Luna, 19 janvier 15(52, dé jà citée.

aux dernières cours qui se linrent y a trois ans en ce lieu. » Au reste, il était dans la destinée de cette princesse d'être souvent, et d’une manière assez blessante pour son amour-propre, l’objet des commentaires de la diplomatie. Lorsque plus tard Catherine de Médicis négocia sérieusement le mariage de son fils Charles IX avec la seconde lille de Maximilien, elle crut voir que Philippe 11 avait l’arrière-pensée de proposer sa sœur au roi de France. Son ambassadeur Forquevaulx, moins poli que l’empereur Ferdinand, répondit assez rudement aux vagues paroles de la reine d’Espagne : « Il ne fault que la princesse s’attende d’avoir le rov, car jamais la France ne trouveroit bon et sortable qu’il prist femme tant advaneée d'asge plus que Sa Majesté *; » et Catherine, voyant quelque temps après ce projet reparaître sous forme d’insinuation diplomatique, écrit fort spirituellement : « Mon fils veult une femme et non une seconde mère, en ayant assez d’une*. » La princesse Jeanne ne se devait jamais remarier : elle vieillit obscurément à la cour, avec beaucoup de dignité, de piété, de douceur, portant avec résignation le fardeau d’une existence attristée dès l’origine par un deuil prématuré, condamnée à ne jamais revoir son fils, qui fut depuis le chevaleresque et extravagant don Sébastien de Portugal, témoin impassible d un règne dont elle vit de près les grandeurs et les crimes, les succès et les revers, sombre comme son frère Philippe II, aimant comme lui la retraite et le silence, et

1 Dépêches manusc. de Forquevaulx (25 décembre 15G5).

- Lettre de Catherine de Mépris (même manusc., 12 juin 15G7).

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