‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 70 sur 131 · PHILIPPE II RENONCE A MARIE STUART · texte numérisé non relu

PHILIPPE II RENONCE A MARIE STUART

périlleuse, en apparence par affection pour l’Empereur et l’archiduc, qu’il regardait, dit-il, «comme son propre fils', » exprimait simplement son désir de voir l'archiduc épouser Marie Stuart, et enjoignait à son ambassadeur « de sortir le mieux possible de cette affaire*. » Toujours fidèle cependant à son mauvais vouloir vis-àvis de la France, il désirait ne pas rassurer trop bien le cabinet du Louvre, de peur que Catherine, délivrée de la redoutable concurrence espagnole et de la crainte de traverser les projets du cabinet de Madrid 1 * 3 * 5 , ne parvînt à conserver Marie Stuart pour son fils. Philippe était si fortement décidé à s’opposer à cette union, qu’il ajouta de sa main sur la dépêche : « Agissez de telle sorte que les Français ne perdent pas toute inquiétude sur ce point, et ne traversent pas les projets de l’archiduc en faveur de leur roi, car, en ce cas, mais en ce cas seulement, je recommencerais à négocier pour l’infant \ «

Cette précaution était inutile. Marie Stuart était dès lors sur le point d’épouser Darnley, — mariage que Phi-

1 « Como porque lengonl archiduque Carlos en lugar île liijo. » Lettre

de Philippe II à son ambassadeur en Angleterre, ü août 1564. Arch. Sim-

Est., leg. 817.

’ « Os salgais lo mojor que pudiéredes de la plâtica de mi liijo. » Ibid

5 « Procurais de caminar en este negocio de tal manera que no pierdan los Franceses el temor al casamienlo del principe mi liijo, y no viendo ô cMinliando lo del archiduquc, procuren de lomar ü la reyna de Escoeia para el rcy de Francia. » Ibid.

* a Como caminan en esto que sea de manera que no pierdan los Franceses cl temor â lo del principe, de manera que no vengan en lo del archidnquc, y procuren lodel rey, pues en este caso solo volverin yo â la plâtica del principe, d Ibid.

lippe s’empressa d’approuver 1 — et d’ailleurs la France, préoccupée de dissensions intestines sans cesse renaissantes, était hors d’état de suivre une aussi délicate négociation. Telle fut la fin de ces curieuses intrigues de la cour d’Espagne auprès de Marie Stuart, intrigues qui font bien connaître l’esprit à la fois audacieux et prudent, romanesque et positif du gouvernement de Philippe II. On voit combien sa diplomatie lente et rusée, susceptible toutefois de se laisser séduire par de grands projets, les étudiait, dans ses méditations prolongées, avec une sagacité profonde, les considérait attentivement sous tontes leurs faces, s'avançait avec précaution, se réservant toujours des portes de sortie, aimait contraindre souvent, par des lenteurs calculées, scs agents à des mesures qui n’engageaient pas sa responsabilité et qu’il pouvait, selon l’événement, accepter ou désavouer.

Cependant l’empereur Ferdinand mourut en cette même année 1564, et Maximilien, son fils, qui depuis 1558 portait le titre de roi des Romains, de Bohème et de Hongrie, lui succéda sans difficulté. Le nouvel empereur, dès sa première entrevue avec l’ambassadeur espagnol Chantoney, entrevue qui eut lieu le 25 mars 1565, mit aussitôt la conversation sur un sujet qui lui tenait au cœur, le mariage de sa fille Anne avec le prince d'Espagne. Après avoir vanté toutes les précieuses qualités de la jeune princesse*, il ne cacha pas à Chantoney

» « El mas acerlado (casamiento) que se puede haccr. » Dépêche de Guzman de Silva, avril 1565. Arch. Sim. Est., leg. 818.

* t Sobre esto me dijo de las condiciones de la princesa su liija lo que se puede pensar de un padre que ama los suyos liernamcnle. s Dépêche de f.hantoney à Philippe II, 51 mars 1565. Arch. Sim. Est. , leg. 655.

Page 1