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à conseiller une surveillance active des actes accomplis et des projets caressés par le cabinet espagnol l .
Ce fut vers celte époque et taudis que ces dispositions triomphaient dans le conseil des grands seigneurs 11amands, qu’eut lieu la mission du marquis de Mons et de Florcns de Montmorency, baron de Montigny : tous deux étaient au nombre des personnages les plus importants de l'opposition. Ils purent s’assurer, d’abord que le roi était décidé à user de moyens violents, qu’il était irrité des concessions faites par la régence et, par suite, qu’une insurrection dans les Pays- Bas était désormais nécessaire s . Dans cette extrémité, Montigny, parfaitement édifie sur les sentiments de l’infant à l'égard de son père, songea à se servir de celte haine pour le plus grand avantage des Pays- Bas. Intéresser «à la cause des Flandres 1 héritier de la monarchie, troubler ainsi ses adversaires ou du moins entraver la marche du gouvernement, faire démentir la politique du cabinet de Madrid par le prince d'Espagne, lui parut un coup de maître. 11 parvint, par M. de Vendôme, gentilhomme de la chambre du roi, à obtenir diverses audiences de don Carlos 3 . Ce point historique a été mis en doute, mais l’alcade de cour, Ilernan Suarez, rappelle celte circonstance au prince lui-même dans une lettre confidentielle : « Votre Altesse sait, lui dit-il, avec
1 Bcntivoglio, Hist. de la guerre de Flandre .
- Watson, Hist. de Philippe II, I, p. 201 et suiv.
5 «... Y Montigny, por medio de M. de V.Vndosmcs, cavalier© de lu cûinara dcl rev, eomunico mi comision parlicular ni principe de parle de los Esiados. > L. Van den llammen, Don Juan de Auslria.
quel étonnement et quelle douleur on a appris ses rapports et ses entretiens avec les envoyés flamands » Montigny réussit au delà de ses désirs ; il trouva don Carlos tel que le bruit public le lui avait décrit, c’est-à-dire contraire en tout et systématiquement aux résolutions de Philippe 11. Il fut frappé surtout du désir de quitter l’Espagne en secret, qui tourmentait depuis quelque temps le prince, sms que don Carlos sût au juste lui-même quel serait le but de sa fuite. L'habile négociateur résolut d’exploiter tout ensemble l’ambition malheureuse qui poussait le prince à rêver une importance politique, et ce grand empressement à changer de lieu pour échapper à l’autorité paternelle. Il n’hésita donc pas à lui parler au nom des États de Flandre, à lui proposer un départ secret pour les Pays-Bas et à lui offrir do l’argent pour le voyage*.
Qu’il ait reconnu ou nen le trouble des* idées de l’infant, ce plan lui parut offrir de grands avantages. Le piince d'Espagne eût été un clnf précieux pour l'insurrection, s’il eût été capable de la conduire; tel qu’il était, les chefs réels pouvaient user de son nom à leur gré, nuire à la cause de Philippe II dans l'opinion de l’Europe, en la montrant à tous désertée par le
1 « Con cuan lâslima sc Inbian sabido sus tralos y convcrsacioncs con los proruradorcs. » Lettre sans date d'IIcrnan Suarez à don Carlos, citée par A. de Castro, llist. de los protestantes espa noies.
s « Y ofreeiéle dincro y lodo lo ncccsario para el viaje, si sc rcsolvia â ir. » L. Van don llamnicn, ibid. — «De sccrclo tralavan con cl principe don Carlos que con licencia de su padre, ô sin clin pasasc ;i los Estados, dclcriniiudos ;i mantencrlc en su "obierno. » Cobncuares, loto cil. — 4 On dist qu’il s’oulcudoil avec les Flamands, noinniéomcnl avec le sieur de Montigny. » Dépêches manuscr. de Forqucvaulx, 22 janvier 1508.