‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 94 sur 131 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

TENTATIVE DE l’iNFANT CONTIIE DON JUAN DAUTRICIIE ARRESTATION DE DOS CAIiLOS

Soit que don Carlos voulût dissimuler ses projets en paraissant comme de coutume aux réunions de la cour, soit qu'il cherchât à se distraire, il se rendit, le 17 au soir 1 , en revenant de l'Escurial, dans l'appartement de la reine, où se trouvaient quelques seigneurs et quelques dames de l'intimité. Il avait dans sa bourse cent écus d’or qu'il venait d’emprunter à son barbier Quintanilla, et il les perdit au jeu jusqu’au dernier. En sortant de chez la reine, il remit celte bourse vide à don Rodrigue de Mendoza en lui ordonnant d’informer le bar-

* Ce Tut bien le 17, car le roi trouva dans la chambre de son fds les cent écus dont il sera parlé plus loin. Il n’est pas vraisemblable que le prince n’eût rien dépensé de celle sonunc s’il l’avait eue plusieurs jours entre les mains.

hier qu’il eut à la remplir de cent autres écus et à ne pas se présenter sans cette somme. Le lendemain, dimanche 18, Quintanilla put apporter la bourse pleine, et remit à son maître les derniers ducats que don CarloS ait possédés. Le prince ne les devait dépenser jamais l .

Ce dimanche, au matin, Philippe se rendit publiquement cà la messe, accompagné de son fds, de don Juan d’Autriche et des princes de Bohème. Au sortir de la chapelle, il s’entretint longuement avec don Juan, puis il employa le reste de la journée à recevoir divers ambassadeurs. Il montra dans ces audiences une liberté d’esprit qui les étonna depuis par souvenir 2 . Don Juan, pendant cette réception, alla rendre visite à don Carlos. L’infant avait été surpris du prompt retour de Philippe II, qui avait immédiatement suivi sa confidence à don Juan; la longue conversation de son père et de son oncle après la messe avait confirmé ses soupçons. Il se jugea trahi, et son indignation fut telle qu’elle lui fit oublier, en un instant, les plus simples notions du devoir et de l’honneur. A peine vit- il don Juan que, se contenant à peine, il lui demanda quel avait été le sujet de son entretien avec le roi au sortir de l’église.

1 « Tresté â S. A. doscicnlos escudos en oro, los cicntos una noche, y los llcvô en su boisa al nposenlo de la rcyna para jugar al clavo, y cuando bajé S. A,, no bajé ninguno en su boisa, lo cual dié d don Rodrigo de Mendoza, y mandé que me la diese para que en la mniinnn siguicnle le trajese olros cien escudos en oro y que no volvicse sin ellos, los cuales busqué y le üi en prcsencia de los de su crimarn. » Noie de Quinlanill.i. Areli. Sim. Conlnd. gcncr., 1* época, leg. 1 110.

1 Dépécbcs manufcr. de Forquevnulx, 5 février 15G8.

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