‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 96 sur 131 · ARRESTATION DE L’INFANT · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE L’INFANT

gentilshommes obéirent : tous deux étaient dévoués à don Carlos, mais l’ordre était formel, et nul n’osa arrêter dans leur marche les événements inconnus. Entre onze heures et minuit 1 , le roi était dans son cabinet, et

guaglio délia prigione del principe dm Carlos. Ms. R. I. Arm. grillée A. I. ou 1961. — « Poco inanzi a mezza notle, faciendo S. M. comandar alli doi eamerieri del principe, conte di Ferma e don Rodrigo di Mendoza, clic tencsscro nperta la porta dclle stanze di S. A., finchè l’avisasse, scesc dalle sue slanzc a quelle del principe. » ftelazione di un domestico di fltnj Gômez. Ardu Sim. Est., leg. 2018, P 195. — Je passe sous silence à dessein le récil d’un historien français, le président de Thon, qui a parlé de don Carlos avec une étrange légèreté. Il raconte, entre autres choses, que l’architecte de l’Escurial, nommé Louis de Fois, avait construit dans la chambre du prince, et par son ordre, « une machine avec laquelle, par le moyen de quelques poulies, il pouvait, étant couché, ouvrir et fermer la porte. » (Bist. générale, V, 455.) Il ajoute, avec beaucoup de détails qui ne méritent même pas la discussion, que le roi . ordonna à Louis de Foix d’arrêter les poulies la nuit de l’arrestation. Tout ce récit est controuvé. I)e Thou a été dupe d’un prétendu architecte qui parlait de l’Espagne avec la hâblerie naturelle à beaucoup de voyageurs. Salazar de Mendoça, dans son livre des Dignidades seglares, réfute victorieusement cet assemblage d’erreurs. De Thou nomme Louis de Foix architecte de l’Escurial et ingénieur de l’aqueduc de Tolède. Or le constructeur de l'aqueduc de Tolède fut Janelo de Tur riano, né à Crémone, en Lombardie. Il n’y a jamais eu à l’Escurial d’architecte du nom de Louis de Foix; les principaux furent Batlista de Tolède et Juan de llerrcra. Il y eut seulement un maître maçon qui s’appelait Luis et qu'on disait être Français. Tout se réduit donc à ceci : Luis, né à Foix, était un entrepreneur employé dans les travaux, et il n’a pu avoir aucun rapport sérieux ni avec le roi ni avec l’infant.

1 Tous les historiens donnent celte heure et ce jour (18 janvier); seul, Colmenares indique le lundi 19. L 'erreur est manifeste; sans parler de l'unanimité des autres documents, l'ambassadeur de France, dans sa dépêche datée du 22, dit expressément : « Madame, sur le point que j’eslois prest lundy dernier, 19 e du présent, de faire partir ma depesche, la rovne m’a mandé de sa main que le roy l’avoit priée m’advertir que je retinsse mon courrier, car iuy iniporloit beaucoup que l’arrestation du prince ne se divulgast silosl; » et ailleurs, dans la même lettre: « Desjà le lundy malin, dont il avoit esté arreslé la nuit; s et le nonce : a La nolte venendo il lunedi. » Je n’insiste pas, la preuve est surabondante.

auprèsde lui se trouvaient réunis les quaire seigncursdésignés comme témoins de l'acte décisif qui allait s’accomplir, Ruy Gomez, le duc de Feria, le prieur don Antonio de Tolède et Luis Quijada l . 11 avait jugé que cette heure nocturne était propice pour l’œuvre de justice sévère qu’avaient précipitée des circonstances imprévues. Il sortit sans épée et sans gardes, vêtu de son costume ordinaire*; don Diego deAcuiia, portant un flambeau, précédait ces cinq hommes qui traversaient en silence les sombres galeries du palais désert 3 ; Santoro et Bernate, huissiers du cabinet, les suivaient portant des clous et des marteaux \ Lorsqu’ils arrivèrent, étouffant le bruit de leurs pas et attentifs à n’éveiller aucun écho sonore sous les voûtes, devant la première porte de l’appartement du prince , Ruy Gomez l’ouvrit avec sa clef de major-

1 Colmenares, loco cil. — Relazione, etc. Ms. déjà cité. — Ragguaglio, etc. Ms. déjà cité. — Ferreras ne cite pas Luis Quijada, mais don Mnnrique de Lara, qui s’y trouvait en effet peut-être, car le nonce dit dans sa dépêche du 2i janvier : «S. M. con qualtro o cinque del suo eonsiglio di Stalo. » Or Manrique de Lara était du conseil.

a « Senza armi, in habilo domestico. » Raggitaglio, etc. Ms. déjà cité. — « Senza spada c senza guardia. » Relazione, etc. Ms. déjà cité. — On a dit qu’il avait une arme, mais ce fait ne me semble pas suffisamment établi. Peut-être, d’après le récit d’un huissier du palais, portait-il un casque : < Con un casco. »

s Deux relations disent : « Senza lume. » C’est peu vraisemblable; le pilais royal de Madrid était trop grand pour que le roi ait pu y circuler sans lumière. Colmenares, exact je crois, cite au contraire Diego de Acuîla comme portant un flambeau : « Alumbrava cl rey y con una v#la Diego de Acuna. » Colmenares, loco cil.

4 « A Santoro ca Dernato, suoi njulanti di caméra, fece pigliar ebiodi et martelli. » Raggitaglio, etc. Ms. déjà cité. — « Quelli porlavano marlelli e cViodi » Relazione, etc. Ms. déjà cité.

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