DON CARLOS ET MONTIGNY
lippe II dans l'opinion de l'Europe en le montrant désavoué par son propre fils ; enfin, comme dernière ressource, don Carlos pouvait être un précieux otage. Il n'avait d'ailleurs ni assez de raison ni assez d'expérience pour se défier de ces ouvertures : on sait que sa crédule vanité se repaissait volontiers de chimères : il recherchait depuis quelque temps surtout l'apparence d'un rôle sans qu'une avance quelconque du côté de son père ait pu l'y encourager. Montigny était donc à peu près certain de rencontrer auprès de lui une certaine sympathie, et d'autre part l'infant ne pouvait voir qu'avec plaisir l'envoyé Flamand lui montrer de la confiance, faire fonds sur ses opinions et ses paroles et l'entretenir des espérances que tout un peuple avait placées en sa personne. Remarquez bien qu'à cette époque même (fin de 1566) il affectait de se considérer comme l'appui des Flandres à la cour : il en vint même jusqu'à exhorter les membres des conseils d'Etat et de la guerre à « remontrer au roi son père qu'il veuille embrasser vivement les affaires des Pays-Bas et postposer toutes choses pour y remédier * ». Eût-il tenu un tel langage s'il n'eût pas vu le baron de Montigny?
Je n'oserais dire avec Van den Hammen que ce dernier ait agi de la part des États et lui ait offert l'argent nécessaire pour un voyage en Flandre 2, ni avec Colmenares ^ que Montigny eût directement
i, Dép. de Forquevaulx. Aclvis secret des négociations qui se iraictent en la cour catholique. (Mémoire de la fin de 1566.)
2. « Ofreciôle dinero y todo lo necesario para el viaje si se resolvia a ir. » V. D. Colmenares, Hammen, ibid,